VI. AFFAIRE DU MA&QFIS DB MONTI
5) II est nécessaire de faire observer qu'ayant quitté Varsovie, le 22 Septembre, j'y ai laissé mon palais avec les armes du roi mon maître dessus la porte, et que tous mes meubles et équipages y sont restés. M. l'ambassadeur de l'empereur, le grand-écuyer comte de Leuwolde et le comte son frère, ministre plénipotentiaire de Russie, prévoyant ma retraite de Varsovie, prièrent Woodward, envoyé d'Angleterre, et M. Kinner, résident de Pempereur, de venir chca mot plour me dire de leur part, que je ne devws avoir aucune inquiétude, ni pour mon palais, ni pour mes meubles et équipages, que tout serait gardé soigneusement, non seulement par rapport à mon caractère, mais aussi par rapport à la façon cordiale ^vec laquelle i^ous avions vécu: et quoiqu'il y ait plusieurs mois que je n'en ai point reçu de nouvelles, je ne doute point que ces ordres n'aient toujours été observés. M. Woodward, envoyé d'Angleterre, et M. Rulnpf, ministre d'Hollande, me drreiit .que s'il arrivait quelque chose pendant mon absence à mon jpJEilaîs ou à mes gens, ils s'élèveraient hautement pour soutenir le droit des gens, et M, Kinner, résident de l'empereur, ajouta que mes gçns n'avaient qu'à s'adresser à lui, dans pareille occasion tous les ministres devant se soutenir l'un l'autre. Si on a eu de si justes égards pour mes gens et équipages, que ne dois -je point attendre pour ma personne, quoique M. le maréchal de Munich affecte de ne me traiter dans ses lettres que de marquis deMonti, sans parler de ma qualité d'ambassadeur.
Le comte de Munich n'ayant pas jugé à propos de répondre à cette lettre ^ le marquis de Monti
Itd adressa une seconde.
Le quatrième fait ëtait faux, attendu que M. de Monti avait fait des fonctions militaires pendant le sioge de là ville de Dantzîg -y qu'il y avait lev^ un rëgimént, et même dirige par ses coustcils les opérations militaires des assiëgës.
AMU. PS FBANÇE EK POLOGNE J EN 1734- 219
Seconde lettre du marquù de Monti^ aékenée au cMile
de Munich^
* Monsieur, je avds plus surpris que jamais ^e V« Exe* n'ait pas i^pondu à ma lettre, mais il n'est point question de cela. J^Aessieurs du magistrat m'ont communiqué aujourd'hui à midi l'article de la lettre que V» Exe. leut a écrite qui me regarde. Je soutiens, Monsieur, ce que j^aidit dans ma première lettre^ que je ne souffinrai pas qu'on brûle contre la ville une amorce pour moi, Je me sui^ fait traduire cet article (^). Je ne sais s'il est bien traduit, mais il dit; 9,€[ue le marquis 9, de ilVionti, ci-devant ambassadeur de France, se trou- „vaht encore en ville, doit être Kvré d'ici à demain an „soir à l'armée rû^e avec toutes les personnes ^lït sont „ auprès de lui, tous ses domestiques et ses papiers, pour „ éviter la disgrâce de S. M. l'impératrice de toutes les „Russies$ mais en cas que le magistrat de Dantzig ne „ve]uille pas consentir à livrer volontairement le dit mar- „ quis de Monti, on l'en fera sortir aved un détachement „de l'armée ru3*e/*
Je proteste devant tous les princes de l'Europe de la vicdence qu'on' fait à mon caractère. Pour ne pas Ikfiliger davantage cette ville ^ contre laquelle vous'^mér nacez encore de continuer les hostilité^,; ,et de ne. plus r écoutco* i^ucune proposition^ si elle ne me livre, je me prépare à partir demain au soir avec tout ce qui com-^ pose ma suite. "V. Eic. m%diquera la porte par laquelle je devrai passer, et in'enverrà le-pàsseport» 0)mme il ne m'est pas possible de. faire 'sortir tout, mon équipage 4. la, fois, VQfts me ferez plaisir, si vous vouliez, Monsieur, lui accorder un jour ou deux de pl^s:. sinon, il en sera ce que vous voudrez. J'ai iTionneur d'être etc. Marquis DE Monti.
(1) La capitulation étipt rédigée en langue allemande,