AMB. DE PORTUGAI.À MADRID; EN
Famîable ce différend des denx cours , le roi de, la Grande-Bretagne, pour câliner l'inquiétude de ses sujets, se détermina à envoyer sotis les ordres de l'amiral Norris ufie foi;te escadre dans le Tage, (*) tant pour mettre Lisbonne à couvert de toute attaque , que pour protéger l'entrée de la flotte brésilienne. (^)
Le roi de Portugal considérai^t l'événement arrivé à Madrid comme devant intéresser toutes les cours, avait déjà fait agir auprès de la France et de la Hollande, et comptait sur un prompt se^ cours de ces deux puissances. Son ministre à la Haye, Dom Louis d'Acunha, ne se contenta pas de simples instances verbales auprès des ministres des États- Généraux j il leur présenta encore le mémoire ci- après, pour hâter le secours qu il en demandait.
(1) Elle ^tait composée de vingt -cinq yaisseaax de guerre, trois chaloupes et un brûlot , qui portaient ensemble 756 pièces de çanoA et 12Ô0 hommes avec des vivres pour trois mois.
(2) Les Anglais avaient des motifs particuliers pour ne point abandonner les Portugais dans cette occassion. Non seulement le commerce considérable qu^ls faisaient avec ce pays, ainsi qu'avec le Brésil dont ils avaient en quelque sorte la prineipale administration, ëtait un point essentiel à envisager; mais encore la flottille même dont on attendait le retour, intéressait pour le moins autant les d^ gocians de Londres que ceux de Lisbonne.
258 VII. AFFAIRE DU MARQUIS B£ BEIiMONTE,
Mémoire de Dom Lintii JtAcunia^ minùtre de S. M. Trèi'Fidètè à la HayCj adreaé aux Eiais-Générana: deê Provincei^ Unie» de$ Pagi^Bas.
Hauts et puissans Seig^eur5I
Quoique le soussigné ministre plénîpotentîare de S. M. le roi de Portugal soît bien persuadé, que LL. HH. PP. sont instruites', tant par leur ambassadeur à Madrid que par leur résident à Lisbonne du différend survenu avec S. M. Catholique, et que même j'aie eu l'honneur d'en informer de bouch-e LL. HH. PP. dans la conférence de samedi dernier; néanmoins pour m'acquitter entier^ meut des ordres que j'ai reçus du roi mon mahre, en date du 29 Mars, je dois le faire par écrit, pour qu'il plaise à LL. HH. PP> de me donner une réponse aussi favorable que le cas l'exige.
Le 20 Février deux valets de pied de M. de Belmonte, ministre plénipotentiaire du roî mon maître auprès de S. M. Catholique, ont eu l'insolence de retii'cr d'entre les mains des officiers de la justice, un criminel qu'ils conduisaient en prison, et l'ont fait entrer dans l'hôtel de M. de Belmonte , qui , étant informé de cet attentat, congédia sur le champ lesdits valets, fit sortir le; prisonnier deichez lui, et rendit compte au président de Caslille, comme il se pratique en cas semblable.
Sur quoi le roi Catholique, sans autre forme de procès, fit investir l'hôtel dudit ministre par un détachement de soldats qui y entrèrent, et en sa présence arrêtèrent et menèrent en prison tous les domestiques qu'ils trouvèrent jusqu'au nombre de dix -huit.
M. de Belmonte ne tarda pas à porter ses plaintes à M. Patinho, premier ministre du roi Catholique, sur l'insulte qu'on avait faite à son hôtel et à sa personne, mais M. Patinho, au lieu de lui en faire j'éparation, y