‹ Causes célèbres du droit des gens (volume 4)Chapitre 56 sur 85 · AMB. DE PORTUGAL À HABBID; BU · texte numérisé non relu

AMB. DE PORTUGAL À HABBID; BU

ajouta un autre affront , en disant, que M. de Belmonte n'étant pas accrédité à cette cour -là par des lettres de créance, il n'était pas fondé à réclamer le droit des gens. C'est pourquoi iM. de Belmonte lui ayant fait voir qu'il était mal informé, puisque ses lettres crédentiales se trouvaient dans la sécrétairerie d'état, se retira de Madrid, et rendit compte à S. M., qui,. en ccmséquence d'un attentat si éclatant, fit écrire à AL le marquis de Gapicelatro, ambassadeur du roi Catholique, de s'*abstenir de venir à la cour, en attendant qu'on eût donné à son ministre plénipotentiaire une juste satisfaction.

Le retour de ce procédé si modéré du roi mon mattre, a été que le marquis de Capicelatro par ordre du roi Catholique, a écrit à M. Mendoza, secrétaire d'état, en date du 11 Mars, pour demimder satisfaction tant de la prétendue insulte déjà réparée par la con*» duite que l'on avait tenue envers M. de Belmonte, que de ce qu'on lui avait défendu la cour 5 et paixequ'on lui fit réponse de la part du roi, que S. M. était plus en droit d'exiger une juste satisfaction, que dans la disposition d'en donner. M. de Capicelatro, en conséquence de ces ordres, demanda le 12. qu'on lui tînt prêts les brigantins pour le transporter lui et sa famille de l'autre côté de la rivière.

Ce fut pour lors que le roi mon maître, voyant que ce ministre quittait sa cour pendant que les domestiques de M. Belmonte étaient non seulement détenus dans la prison de Madrid, mais que même on les examinait, comme si on eût voulu faire le procès à M. de Belmonte, prit la résolution d'ordonner qu'on arrêtât les gens de livrée du marquis de Capicelatro par voie de repressailles, ce qui a été exécuté avec tant de ménagement pour ne pas blesser le droit des gens que le roi Catholique venait de violer, qu'on peut dire qu'ils étaient plutôt détenus que prisonniers.

Enfin le roi Catholique fit notifier à M. de Belmonte

3GQ VIL AFFAIRE lïUMJJLQUISDKBSIiMOirn^

àe lordr^ dû lieu, où II ^it en ttoi» |otiT9 de temps ei en huit du iroyaiim*| tf^tt pourquoi le roi mon maître fit faire la même notification i M>. Capiodatro, qui ae trouvait encore à Aldea Gkdgft de l'antre cété du Ta^e,

Voilà, Hauts et PmiMiinis Seigneurs, le fait qui porta le TOI Gathcdîqne & donner êes ordres pour que tontes les troupes, qui . pourraient se trouver dans les autres provinces et les- trois régimens de 'gardes qui étaient i Madrid, marchassent vers les frontières du Portugal, et que les vaisseaux de guerre qui sont prêts dans le port de Cadix, fissent voile ver* nos cAtes , pour inter-^ ceptery si cela se pouvait, ceux que nous attendons du Brésil.

Le roi de Portugal, mon mahre, de «on c6té, fait toutes leS' dispositions que- le temps peut liii permettre, pour se bien défendre, et *en attendant il m'a donné les ordres leà plus pi'essans pour demander à Les Hautes Puissanites les secours stipulés dans le 3. article du traité d'alliance défensive conclu et signé à Lisbonne le 16 de Mai 1703, tadt avec Les Hautes Puissances qu'avec la couronne Britannique^

Il est pourtant vrai de dire, que par rariîcle 2. LL. HH. PP. sont eh droit de pouvoir employer leurs bons offices, avant que de donner lesdits secours tant de terre que de mer et déclarer la guerre à TEspagne comme le 3. article le porte; mais je dois représenter trèsliumblement à LL. HH. PP. , que ces bons offices n'auront ^as tout l'effet qu'on devrait en attendre, s'ils ne sont pas accompagnés de quelque chose de réel, qui fasse pour le moins sentir très sérieusement à ce prince, que Les Hautes Puissances se préparent à exécuter ce qui a été stipulé dans ce traité , et je me flatte que LL. HH. PP. ne prendront pas en mauvaise part, que j'ose leur représenter, que les grands ménagemens qu'on a eus jusqu'à présent pour la cour de Madrid, semblent la porter i n'avoir aucun égard pour les autres puissances.

AMB. BE PORTUGAIS À MADRID J £N 1735* 26i

C'est pour cela, HH. et PP, SS. que je iH^clame au nom du roi mon mattre Texécution dudit article de l'alliance défensive,, ajoutant c[ue quand même elle n'existerait paâ toujours, les intérêts communs en tiendraient lieu; car ils sont les liens les plus forts qui unissent les puissances pour s'entr'aider et pour ne pas permettre qu'aueune, au grand mépris du diK)it des gens.^ puisse empiéter sur Tauire.

J'ai donc lîeu d'espéi^r, que LL. HH. PP. étendront leurs vues et leurs sage^ considérations sur les fâcheuses suites que cette affaire {>^ut avoir , en me flattant en même temps, qu'Ellcs tâcheront non seulement de secoui*ir le roi de Portugal, mon maître, 'comme les traités et les intérêts communs le demandent , mais que LL. HH. PP. me mettront pareillement en état de mander» à S., M. ce qu'elle doit attendre de cette sage république dans une affaire si pressante qui ne souffre point de délai. Fait à la Haye le 28 Avril 1735.

D. Louis. d'Açunha.

Les État^- Généraux désiraient trop vivement vaîr la paix rétablie , pour refuser leurs bons oflSces en cette occasion. Toutefois le traité dont le ministre de Portugal demandait l'exécution n'était pas aussi obligatoire qu'il le prétendait* Le traité mpntionné dans son mémoire n'avait, été jusque là qu'ébauché, et quoique mis au net, n-'avait point encore reçu les formalités requises pour obliger réciproquement les parties contractantes.. Aussi n'en fit -on point mention dans la résolution qu'ils prirent et qui servit de base à la réponse qui fut faite au mémoirQ ci -^dessus; en voici le9 principaux articlea<

362 VIL AFFAIRE DUMAK9DWll»BKIiMOKTEy

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