AMB. DE PORTUGAI* À MADRID ; EN
rait occasionner leur ruine totale, en perdant leurs eiTcts. Aussitôt que les commerçans apprendront le bruit, je ne dis point de FarriTée de l'escadre anglaise sur les côtes de Portugal, mais seulement de la résolution de l'envoyer, tous les esprits se mettront en mouvement, et cliacun tâchera de retirer son bien^ leqpael étant mêlé avec les sommes empruntées et. converties en marchandises, on ne pourra pas aussitôt le ravoir, d'où s'ensuivront infailliblement des plaintes, qu'on entend déjà des principaux négocians, non-seulement en Espagne, mais aussi en France, en Angleterre et en Italie, de sorte qu'ils choisiront pour moindre inconvénient, de suspendre l'envoi de leurs marchandises cette année, et de perdre les profits considérables,, qui nourrissent le trafic de toute l'Europe. Pour appaiser cette émotion générale, il ne suffira pas que le roi assure les marchands de la sacrée parole de S. M. Britannique, et de la sienne propre, puisque plus op se servira de grandes et éclatantes assurances, plus grande sera la fermentation que causera dans les esprits l'effet incertain qu'on peut attendre du moyen dont on se sert 5 et il n'y aura point de raison qui tiendra pour les persuader que l'escadre de S. M. Britannique n'est pas destinée pour empêcher la sortie de la flotte de Cadix; on peut la surprendre en chemin 5 il ne suffira pas de leur offi^ir une escorte de vaisseaux de guerre en nombre égal ou supérieur, puisqu'ils ne croiront aucune sûreté aussi réelle que celle de voir le danger éloigné.
Je ne m'étendrai pas sur la réflexion, combien il doit être sensible aux sujets de S. M. de voir entrer dans les ports de son royaume les vaisseaux de la nation anglaise avec la liberté que leur fournit l'anutié du roi, et la protection d'une escadre si puissante et voisine, sans qu'aucun vaisseau espagnol ose naviguer, pour ne point se risquer soi-même et sa cargaison.
Ce qu'il y a de plus triste, c'est que ces inquié-
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.tades ne laisseront i pas de pénétrar daiu les endroits les plus éloignés de l'Amériqfae i^lspagaole^ sans «ju'on puisse préyoïF à qaai se détenmneront 8e$ habitansy lorsqu'ils apprendront que le Tojcage de la flotte ftfété sospeudu ou hasardé, puisque tous savez bien. Monsieur, le temps qu'il faut pour convaincre et ehâder les txansgresseurs^ ou interprètes des ordres' du roi, et le dommage qui, entré^temps, en résultera.
- Sur tout, il serait encore plus sensible, s'il arrivait .^e les désordres ou acddens, cpie cette nouveauté peut causer, fussent attribués avec artifice à une antre -origine que celle qui est la véritable.
Le roi m'a ordonné de vous exposer tout ceci, pour qu'en le faisant savoir à S. M. Britaïkmque, elle puisse connaître la sincérité, avec laquelle S. M. répond i •celle que S. M. Britannique lui a témoignée, et pour que S. M. Britannique veuille peser si Tutilité de l'expédition et du séjour de l^cadre sur les côtes de Portugal, peut être mise en compensation et balance avec les maux auxquels eUe donne occasion, puisque, moyennant Tacceptation de la médiation de la France , il n'y avait point d'bostilké à craindre sur les côtes de Portugal, ni sur ses confins, la seule susdite médiation amiable de la France, ou celle même de la Grande -Bretagnci, pouvant les prévenir.
Je suis ete«
D. Joseph Patinho.
M. Keene, aprèa avoir communiqué à sa cour les plaintes de S. M. Catholique et reçu de noa- Telles instructions, fit la répcHise ci -après.
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Répome de M. Keene à la lettre de D. J. Patmke.
Monsieur, j'ai d^abord envoyé au roi, mon mahre, par un de mes gens, la lettre que V. Exe. m'a fait