‹ Causes célèbres du droit des gens (volume 4)Chapitre 67 sur 85 · AMB. DB HOLLANDE A PARIS J EN · texte numérisé non relu

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intercession; aussi se décida -t- il, sans attendre des instructions de sa cour, qui n'auraient pu lui arriver assez tôt, à écrire la lettre suivante au duc de Newcastle secrétaire d'état des affaires étrangères de S. M. Britannique.

Lettre de M. van Hoef/j adresfée au due de Newcattle^ secrétaire d'état pour les affaires étrangères de S. M. le roi de la Grande-Bretagne. (*)

Monsieur le duc, j'ai Thonneur d'envoyer à V. Exe. une lettre que Je viens de recevoir de M. le marquis d'Axgenson au sujet de la situation dans laquelle le fils aîné du Prétendant et sets partisans se trouvent depuis leur défaite par S. A. R. M. le duc de Gumberland. L'objet de la lettre est de représenter au roi de la Grande-Bretagne, les raisons qui font espérer à cette cour, que les vaincus n'éprouveront de la part du vainqueur, en cette occasion, que des procédés magnanimes, et qu'ainsi ils n'auront qu'à se louer de la générosité et de la clémence de S. M. Britannique. V. Exe. y verra comment la bonne opinion que ma longue résidence à cette cour y a fait concevoir de moi, porte à désirer, que mon amour pour la paix et pour l'équité me fournisse des moyens de rendre ces raisons encore plus sensibles. Je voudrais, Mylord^ avoir toute l'éloquence de la terre, et me trouver à portée d'employer efficacement tous les momens de ma vie, pour faire comprendre aux hommes, que d'agir envers les autres, comme

(1) La rédaction de cette lettre , et les lieux commaos qa'elle renfcfrme contribuèrent sans doute beaucoup à augmenter le mauvais effet qu'eUe produisit sur l'esprit du roi d'Angleterre.

316 IX. AFJPAIRB DB JC VAX HOJSY^. .

noua couhaitoQS qtie-Ie« autrcf^ en iigiMent envers nous, ùk le fondement da bien sapréme des étAt% des nadoDs, des rois, de leurs sujets, enfin de cha^e lionune. C?est nn devoir qui tous est connu, et que la providence vous a iinposé en vous élevant si' liatit^ et par les talens qu'elle vous a dispensélM'tHdése'doiiJs la persuasion couler de vos lèvres oomme le miel, et personne ne doutera, que l'on n'est Jinireiix qu'autant que l'on fait le bonheur des autres. Puissies-vops, Mvlord, bannir cet .art pemicieu:p^ que la' diicorae a enfanté pour séduire les honùnés ^ a se ^^truire mutuellement! Misérables politiques, qui std)stituënt là; vengeance, la baine, la méfiance, Tavidité, aux "préceptes divins de la gloire des rois et du salut des peuples. Vous savez, Mjlord, que le courage est appelle par excellence une vertu, parce que c'est l'amour du bien qui, le donne seul, et que ce sont l'équité, la modération et la bonté qui en règlent les mouvemens. Les vrais béros rendent leurs victoires salutaires aux vaincus, et ils dressent pougr euxmêmes des trophées immortels, en triomphant dé la vengeance et .de la colère, passions si naturelles à l'bomme, si diÊciles à vaincre. . C'est ainsi que la clémence a été estimée, par les sages de tous les temps, la plus magnanime, la plus utile et. la plus sainte des vertus royales. Il y a de l'indiscrétion, et je le sens bien, Mjlord, de vous rappeler des choses que votre sagesse, vpjtre savoir , votre expérience et la religion ont gravées si profondément dans votre .coeur. Ce n'^est pas crue ie prétende riei^ a^uter a votre entière persuasion. Mais comment çesiser de parler de ce qu'on aime? Connaître la vérité, être épris de ses célestes beautés, n'est, comme V. Exe. le sait, qu'une seule et tnéme chose. Puissent deux aussi grands rois ne jamais cesser d'être les dignes enfuies l'un de.^lla^ti'e en hufn^^té,; eja. douceur, eu grandeur dJÂQ^e. .. !^:uisse leur anjyQMr.ppur le^ bonxmes augmenter chaqiie jour, leui* gloii^e, et la faire briller

AMB. DE HOLIiANDE À PARIS ; EN 1746. 317

avec plus d'ëcjat. Que leurs peuples puissent leur devoir la paix, et TEui-ope, le rétablissement de son repos. Que leur sagessç immortalise leur mémoire, et qu'elle serve d'exemple à la postérité la plus reculée. Puissent-* ils jouir encore long-temps sur la terre, de la juste reconnaissance du genre humain, et puissent-ils s'assu-^ rer, de plus en plus, la félicité éternelle. J'ai l'honneur d'âtre, etc.

Paris, le 3 Juin 1746.

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