A. VAN HOEY
Le duc de Newcastle, après avoir communiqué cette lettre à S. M. Britannique, eut ordre d'y faire la réponse suivante.
Réponse du duc de Newcastle à la lettre de M.
van Hoey,
Je n'ai reçu qu'avant-hîer la lettre dont il a plu A V. Exe. de m'honorer en date du 3 de ce mois, n. st.*, en m'envoyant celle que M. le marquis d'Arçenson vous avait écrite du 26 Mai. Je l'ai sur le champ mise sous les yeux du roi, qui est dans le dernier étonnement du contenu de cette lettre, tant par rapport à ce qui en fait l'objet, que par rapport à la manière de le traiter, qui est si contraire à l'honneur de S. M., et à la dignité de sa couronne, qu'elle ne peut y faire aucune réponse.
Vous savez bien. Monsieur, et MM. les ministres de France aussi, avec quelle scrupuleuse exactitude S. M. a de sa part, exécuté le cartel établi entre elle et le roi Très - Chrétien , dans sa plus grande étendue, jusqu'à faire relâcher sm' leur parole tous les officiers au service de France qui ont été faits prisonniers dans les limites
318 IX. AFFAIRE DB M^ YAK HtfBT^
de «et royaumcfl^ et qui ne êe trouTaieiit pcjnt nés. anjets de &M.9 qiioîqiie le senrice pour leqael as. étaient alors employés y amsait pn tiAt^jnstemcnl en dispebaer S. Bt
Ob ne saurait, après cela, réyo^ner en dente le désir sincère de S. M., de remplir tont eè que peut exiger le droit des gens entre les puissances qui sont en guerre, même au delà de ce quî se pratique ordinairement; mais pour ce qui regarde ses proprêi sujets, ni le droit des gens, ni les cartels, ni Tusage on Texemple d'aucun pays de l'Europe, n'autorisent aucune puissance étrangère et ennemie à s'ingérer de rien exiger là^^ës^u de S» M. Le roi Très -Chrétien connah trop bien lui , même le droit attaché à toute puissance souveraine, pour s'attendre que S. M. puisse penser autrement. Je ne puis même cacher à Y. Exe. la surprise où a été S. M. de voir que l'ambassadeur d'une puissance si étroitement unie avec elle, et si essentiellement intéressée à tout ce qui concerne l'honneur et la sûreté de sa personne et de son gouvernement, ait pu se charger de lui faire parvenir une demande si inouie, et je suis trës- Aché d'être obligé de vous dire, Monsieur, que S. M. n'a pu se dispenser d'en faire ses plaintes & LL. HH. PP. MM. les États -Généraux vos maîtres. J'ai l'honneur d'être, etc.
Whitehall, le 14 Juin 1746.
HOLLES NewCASTLE.
En même temps Lord Trevor, ambassadeur d'Angletterre à la Haye, reçut ordre de communiquer la réponse ci>dessus aux États-Généraux, et de porter plainte contre la conduite de M. van Hoey.