II
(1) Ce mémoire éuât rédige en langue aHemande.
CHAHGÉ D'AFP. DE FRANCE; EN 1748. 409
,, jugeait, que c'était à elle à infliger à son sujet 5,1a punition qu'il pouvait avoir, encourue."
Le reste du mémoire tendait a trouver quelque tempérament au moyen duquel Taifaire pouvait être terminée à la satisfaction des deux cours, et d'une manière propre à rassurer la ville de Dantzig sur les suites fâcheuses qu'elle aurait peutêtre à craindre pour son commerce.
Dans la réponse que le ministère russe fit à ce mémoire (*) et qui, datée du 20, était signée par les comtes de BestoucheiF et Woronzow, après avoir rappelé les raisons justificatives sur l'arrestation du comte de la Salle, telles qu'elles avaient été alléguées précédemment par M. Schers, et sur le droit appartenant à Timpératrice de demander son extradition, il était dit:
„ Que M. de la Salle ne s'étant point conformé „ à ce que Tordonnaïice impériale prescrivait à tous „les officiers jusqu'aux généraux même, de solliciter „et de recevoir en personne leur démission, ne „ pouvait point être considéré comme relevé de „son serment, par la simple demande par écrit ,5 qu'il dit avoir adressée à ce sujet au grand-chan- „celier comte de Bestoucheif (^). — Que S. M.
(1) La note russe <^taît ëcrite en allemand.
(2) Le comte de la Salle pour se justifier du reproche d'avoir quitté le service de Russie sans avoir demandé ni obtenu son oongé, prétendît avoir envoyé sa démission au grand - chancelier. Mais indépendamment qu'elle n'était point parvenue au comte de BestoucheiF, ce n'était point à lui, mais, comme nous l'avons dit plus haut, au collège de la guerre que M. de la Salle aurait du s'adresser.
410 XIL AFFAIRE DU COMTE BE UL SAIil^E,
^Impériale n'ayait pu voir qu'avec indignatioii ^ qu'un officier conn^éré comme étant eiKK>re êa yj son service, non content d*aVuir excité la nation ,, polonaise à s'opposer au passage des troupes ^russes par ce pays, avait osé pousser les choses ,, jusqu'à envoyer des émissaires secrets en Lâthua- ,,nie pour disposer ses habitans contre S. M. l'Im-- ,^pératrice, et les engager même à mettre le feu yy aux moulins, afin d'ôter par cette mesure la sub- „ sistance aux troupes russes. Que S. M. Impériale ,^ avait dû être d'autant plus surprise de voir le „ colonel de la Salle employé au service du roi ,,de France, qu'il est d'un usage reçu chez toutes „les nations de l'Europe de ne point engager une „ personne qui précédemment a été dans un ser- ,,vice étranger, avant qu'elle ait obtenu sa démis- „sion dans les formes."
Quant à la lettre de créance dont le comte avait été muni, on fit observer „qu'indépendam- „ment, qu'elle ne lui donnait aucun caractère public „qui dût être respecté par S. M. l'Impératrice, il „ne l'avait produite qu'après avoir été arrêté, et „ qu'il ne pouvait donc point s'en prévaloir."
Pour ce qui était de la proposition faite dans le mémoire de M. Pézold, de remettre au roi de France la punition de cet oiBcier, on répondit, „ qu'elle était d'autant moins admissible que les „ raisons pour lesquelles le colonel de la Salle était „ détenu à Dantzig regardaient immédiatement l'imj^pératrice, et que ce serait vouloir introduire un
CHAKOlâ d'AFP. BB FRAKCB; EN 1748. 411
,,mode toiit-à-faît nottveau et contraire aux prin* „ cîpes suivis jusqu'à présent par toutes les natîonè^ „que d'abandonner à S. M. Très -Chrétienne de 5, prononcer sur la peine que le prisonnier avait ^, encourue en sa qualité d'ojfficier au service de ,, l'impératrice ; que sa qualité de sujet du roi de „ France n'abrogeait en rien le droit que S. M. „ Impériale avait sur cet officier, qu'ainsi S. M. „ persistait et sur l'extradition du prisonnier et ,,sùr la remise de ses papiers, etc." La note finissait en disant: ^^que l'Impératrice voulait évi- „ter sur ce sujet toute contestation qui pourrait „ donner la plus légère atteinte au maintien de l'a- ,,mitié et de la bonne harmonie qui subsistaient ,, entre elle et la cour de France, persuadée que ^, lorsque S. M. Très - Chrétienne serait éclairée sur „la conduite du comte de la Salle, elle l'improu- „verait et reconnaîtrait comme justes les rédama- ,,tibns qu'elle venait de faire.
Dès que le marquis Des Issaiis, ambassadeur du roi de France à la cour de Pologne, eut connaissance de l'arrestation du comte de la Salle, il adressa la lettre suivante au vice -chancelier de Pologne.
N°' IV
Lettre du marquis Des Issarts, ambassadeur de France à la cour de Dresde^ adressée au vice ^ chancelier de Pologne; du 20 Mars 1748.
Monsieur, après avoir mûrement réfléchi sur la conduite qu'a tenue la ville de Dantzig envers M. le
412 XIL AVFAUUB BV COMSUmi' Xa MUOiX^
ccyntfe de la Salk, for ^ U wtmièate. dMI Sb.Biagislna^iai • rendu compte..! S. IL Polonaife» et ipr la Jf^re ^'il a écrite î V. Esc. à ce rajet, je crois qn^ je dois aospendre mon jugemenl but une affaire aôsai singuBèn^ éh attendant que je sois infotliié «de la msmi^' âtiiat^mk cour renrisagera el 'qoe^faîe fé^ du roi n«a nuitlie des ordres préds ea ooiisë^iibnoe. Comme tmttsffm je »e puis pliis. : douter que M. )e ^eqmie . de ia^^gf^jQ^ ne soit réellement colonel au sqrvice de France^ et c|u^ des affaires du roi près le séna( de D^uy^ jcf dois demander formellement anjourdl&ui que M. de la &Jk soit remis incessamment en pleine liberté , que^ sa 'Jiërsonne soft désormais en sfûr^tt^^- et qa*on hd tetàws ses papiers et sea gens. t
C'est donc à vous, monsieur^ que je m'adresse comme ministre du roi et de la république de Pologne, pour vous prier d'expoaer à S« M. Polonaise ma juste demande 9 et de faire valoir auprès de ce prince équitable toutes les raisons que j'ai eu l'honneur de vous exposer hier à ce sujet* Je sais etc.
Dresde, le 20 Mars 1748.
Gallean des Issab,ts.
Lettre du marquis Des Issarts^ ambassadeur de S. M. Très " Chrétienne ^ au ministre de S. M. le roi de Pologne; du 22 Mars 1748.
Monsieur,
Je compte dépêcher aujourd'hui une estaffctte à
Francfort afin d'instruire incessamment ma cour des
suites de l'afTaire de M. de la Salle ; je remia hier un
mémoire (^) à S. M. Polonaise dont il serait nécessaire que
(1) Noof regrettott« de ne paa pouvoir donooc cette yiêçe , qijù ne
CHARaÉ li'APF. DE FRANCE; EN' 1748. 413
j'eusse copie pour l'envoyer à M. le marquis de Puy-* sieuk; je supplie V. Exe. de vouloir bien me la pro-= curer, ou si elle le veut, de me confier l'original que je lui renverrai dès que j'en aurai pris copie, Texpe-' dition qu'exigeait la triste situation de M. de la Salle ne m'ayant point permis dé prendre cette précaution lii«rl J'espère qtie la bonne volonjté de Y. Exe. et son esprit de conciliation lui feront trouver des moyens qui ,. sans altérer l'union qui existe entre S. M. Polpiiaise et l'Impératrice de Aussie , procureront au roi - mon maître toutes les réparations qu'il doit attendre du magistrat de Dsaxtzig.
Je suis avec l'attachement le. plus respectueux de Votre Excellence,
le ti*ès- humble et très-obéissant
Dresde^ le 22 Mars serviteur
1748. Gallea^ bËS ISSARTS.
Lé grand- chancelier fit la réponse suivante.
N<'- VI
Réponse du vice -chancelier de Pologne j à la lettre
précédetite; eîi Mars 1748,
Monsieur le marquis, V. Exe. est informée par la communication de la lettre de la ville de Dantzig, de quelle manière cette ville a été requise par l'impératrice de Russie, d'arrêter M. le comte de la Salle, comme déserteur et espion» Or ladite ville étant de tout temps accoutumée à avoir égard aux réquisitions des puissances étrangères (chose qui se
se trouve point dans les archives de la conf de Saxe, que Ton nous a permis de consulter ^our lA rédaction de cnXi^cauw^
414 XII. . AFTAIRB. DU cours !»• ftA SAI^ZA^
pratique }>iiiioiit aiUeim) n'a pa qne<te prélor à d^une cx>iir voiniier EUe pdiivak d'aitant nuûia balanoar à y aquiesoer qu^èlIe n'irait aaonne oondaisaaiuse de ce ^c M. le comte df la Salk. dei^ étse accvédîlé de U. ])ait de S. M. Très-Chrétâenney.ayAnt été iienf îonrii dana' celte . ville I fré^neiiUaitjkb «éaèié^a^'el ne «'an» qualifié' qae ccaiiiiie.niBj|iie>f«rtieâlicvy TeÉumiod^ ^KmK aovie. .«'. • »■■ *':«»''«t '.l't»-'-; . .i...,-. • , »jj^
"^ ' Je ne yeux entrer * ici ffatf s aiié'An' aati*e dietaS'Iiif' la conduite de M.' de kl Salle ifki iië saurah: £tre àp* prouvée; je me côtttenté de^ i'^çftidre ;& Y* Excl Mr l'élargissement de cet officier, qu'elle exige, eik Sia 'rappellaut ce dont on ' eat ' conveiitl' avec elle tè premier jour, savoir: /'
1) Que le roi mon très - gracieux maître demanderait un rapport exact et circonstancié de la ville, défendrait à ladite ville l'extradition du prisonnier, et lui ordonnerait de rendre la liberté à son secrétaire et à ses domesdques, et de permettre au colonel de parler à un chacun.
2) Que S. M. ferait écrire au plus vîte en Russie et emploierait aea bons offices pour rendre V» la liberté à M. le comte de la Salle. Tout cela a été exécuté, et S. M. Polonaise attendra à présent la réponse de la cour de Kussic, et les lettres 'de'Fifaïice, pour savoir en quoi elle pourra ultérieurement contribaer A la bonne harmonie dé deux cours , qui sont égalemenJ: ses amies et ses alh'ées.
J'aî l'honneur d'être etc.
Dresde, le ...Mars 1748.
(Signature du vice-chaMélier.)
Les représentations que l'ambassadeur de France adressa plua tard à £L M. Polouaâse^ et axtx ma-