‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 103 sur 123 · II · texte numérisé non relu

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avait la salisfaclion d'apprendre, que ces insinualions ont manque partout leur but. En efl'et, ces cours sont trop éclairées pour croire que la Russie, ayant pendant une si longue suite de temps suivi un système constament pacifique à Tégard de la Suède, choisît, pour s'en écarter, le moment où elle était occupée d'une guerre aussi sérieuse que celle que la Porte -Ottomane lui avait suscitée.

Cependant l'impératrice, attentive à tout ce qui se passait dans un voisinage aussi 'immédiat de ses états, crut, sur les avis qui lui en sont parvenus, ne devoir pas négliger quelques mesures de précaution : mais 1;\ même, voulant éviter tout ce qui pouvait donner de Tombrage et exciter quelqu'alarme, elle se contenta de faire passer en Finlande un renfort léger de troupes, et d'établir dans cette province c]es ma^^asins proportionnés à leur nombre, et indispensablement nécessaires a leur subsistance. Ensuite se reposant sur la religion du traité de paix perpétuelle toujours subsistant entre l'empire de llussie et le royaume de Suède, et ne connaissant d'ailleurs aucun sujet de discussion ouverte ni cacbée entre les deux cours, la correspondance amicale au contraire continuant toujours entre elles sur fancien ])ied, elle avait sans doute toutes sortes de droits de penser, que quelque exaltées que puissent être Tambition, l'inquiétude et l'envie de sa puissance, les seuls motifs qui pou liraient pousser le roi de Suède à lui faire la guerre, elles seraient reprimées par le respect dû A la bonne foi, qui doit présider aux actions des souverains encore plus qu'à celles des autres hommes; par l'im- ])Ossibilité de donner cjueique couleur d'équité à l'essor qu'il voudrait faire prend^'e à.ses passions; et en/in par un frein également puissant, celui de l'engagement solemnel qu'il a contracté vis-à-vis de sa propre nation, de n'entreprendre aucune guerre sans la rassembler, la consulter et obtenir son consentement.

Rien ne prouve mieux la sécurité que tant de litres réunis devaient inspirer â S. M. Impériale, que la résolution qu'elle adopta, de faire détacher de sa flotte destinée pour l'Archipel, une division composée de trois vaisseaux, qui mirent à la voile au commencement de ce mois, malgré les avis positifs qu'on avait, que toute la flotte suédoise croisait déjà dans la Baltique. Ces vaisseaux, trois jours après leur sortie du port de Cronstadt, la rencontrèrent en effet à la hauteur de VîIg Dago. Une frégate s'en détacha et vint aborder le vaisseau du vice -amiral van Deissen, qui conduisait cette petite escadre. Le commandant de la frégate suédoise annonça au vice- amiral la présence du duc de Sudermanie, frère du roi, à bord de la flotte suédoise, et demanda le salut. Le vice-amiral répondit : que par l'article 17°'® du traité d'Abo, le salut ne devait pas avoir lieu entre les vaisseaux russes et suédois, mais que, respectant dans la personne du duc de Sudermanie le cousin -germain de rimpéralrice et le frère du roi de Suède, il ne ferait pas difficulté de rendre à ces titres tous les honneurs qui leur étaient dûs.

Il fit tirer treize coups de canon, et envoya un officier à bord du vaisseau que montait le duc de Sudermanie, pour le complimenter et pour lui annoncer en même temps, que c'était uniquement à sa personne que s'adressaient ces honneurs qui venaient de lui être rendus.

La réponse du duc de Sudermanie fut : que quoiqu'il n'ignorât pas la teneur de la convention faite entre la Suède et la Russie, à l'égard du salut, il n'acceptait pas moins celui qui venait d'être fait, comme appartenant hn pavillon de Suède, attendu, qu'il avait les ordres les plus précis du roi son frère, de faire respecter ce pavillon partout et en toute occasion.

Déjà l'impératrice se disposait à faire porter des plaintes à la cour de Stockholm, contre l'injustice et

rirrégnlarité de ce procédé, lorsqu'elle reçut la nouvelle encore moins attendue, du renvoi de son ministre de la cour et des états de S. M. Suédoise. Les prétendues raisons de cette démarche sont exposées dans la déclaration que ce prince lit remettre aux ministres accrédités auprès de lui de la part; des autres puissanses. Ces raisons ne sont point faites pour en imposer même aux moins clairvoyans, et par conséquent elles ne seront point combattues; mais on ne peut s'empêcher d'observer, que c'est le premier exemple d'un souverain, qui s'offense de ce qu'un autre souverain Tassure conjointement avec ses états, de ses sentimens ^^aci/iques et bienveillans à leur égard.

Cependant l'impératrice, fermement résolue de persister jusqu'au bout dans les principes de modération qu'elle s'était, prescrits, borna, $on ressentiment de ce procédé, à la réciprocité doht elle était naturellement autorisée d'user à l'égard du ministre du roi de Suède. Elle lui lit signifier de quitter, sa cour et ses états, dans le même espace de temps, qui a été fixé à son ministre a Stockholm. La seule différence qu'il y eût dans cette démarche, consiste, en ce que toute inculpation fausse et insidieuse en fut écartée; et cette différence s'est établie d'elle-même, par le bon droit qui accompagne la cause de l'impératrice, et la mauvaise foi qui a guidé toute la conduite du l'oi de Suède.

Malgré ces scènes, qui faisaient présager un éclat inévitable, l'impératrice se phusait encore è nolirrir l'espoir, que des explications amicales que le roi .de Suède avait annoncées lui-même dans ses ouvcr.tui^es aux puissances étrangères, parviendraient à conserver la bo»ne harmonie et le bon voisinage,, qu'aucune raison ni intérêt d'état, de part ni d'auti-e, n'excitait » rompre. Mais cet espoir lui est tout^à,7Coup ravi r elle^ apprend que dans la nuit du 21 au 22 de ce mois, les troupes du roi de Suède, s'étant brusquement jetées sur les

frontières de Russie, en ont enlevé quel(£ues bureaux de douane, ont ]>énétré dans les fauxbourgs de jNieslot, et ont ouvert le siège de son château.

C*est par un tissu de procédés vioîens, dont il n'y en a aucun qui n'enfixîigne les droits les plus généralement reçus parmi les nations civilisées, que le roi de Suède, sans avoir articulé le moindre grief contre la Russie, est enfin parvenu de pousser à bout la modération de l'impératrice, et de la contraindre à recourir à l'unique Voie qui lui reste, celle de repousser la force par la force. G'est à regret quelle vient d'en adresser les ordres aux commandans de ses forces de terre et de mer. En faisant part de celte iH^solution, ainsi que des motifs qui Tont provoquée, à toutes les puissances amies, elle proteste devant elles, que le roi de Suède est seul responsable devant Dieu, devant le monde et sa propre nation, de tous les maux dont son ambition et son injustice vont ouvrir la source.

St. Pétersbourg, le 30 Juin 1788,

No- Vî.

Manifeste de l'impératrice de Russie ^ au st/jet de la guerre avec la Suède; du 30 Jtiiu (li Juillet) 1788.

Nous Catlierine, par la grâce de Dieu, Impératrice

et Autoerati'ice de toutes les Russies, à tous nos

fidèles sujets savoir faisons :

hes stipulations, mutuellement confirmées par les

traités de paix perpétuelle conclus à Nystadt et à Abo,

n'ont jamais été violées de notre part, l^n vertu de la

teneur de ce dernier traité, notre oncle, Adblphe-Fré-.

déric, duc de Holstein, parvint au trône de Suède; et

par conséquent son ûls et notre cousiti, Gustave llf,

actuellement régnant, reçut son héritage par cette même

interposition efficace de la Russie, si constamment zélée

pour lie bien de la maison de Holslein.

Les liens du sang et les senlimens de la reconnaissance établissaient ainsi d'autant plus solidement l'amitié et riiarmonie d'un bon voisinage de la part de la couronne de Sucde, envers notre empire. Qui donc ne doit considérer avec étonnement l'artifice, la violence et le manque de bonne foi, gui, au mépris de toutes les obligations naturelles et nationales, accompagnent les entreprises insidieuses du roi de Suède envers la Russie? Il faut l'ajouter, pour manifester davantage nos inclinations pacifiques. Lorsque ce prince renversa d'une manière violente la forme du gouvernement de la Suède, sur laquelle se fondaient le pouvoir du sénat et la liberté du peuple, et qu'il s'empara ainsi du pouvoir absolu, nous ne fîmes pas valoir, pour le présent, le droit que nous avions de nous y opposer, quoique les stipulations du traité de paix de Nystadt, confirmées dans toute leur étendue par la dernière paix d'Abo, fussent par- là manifestement violées. Ce procédé de notre part, se fondait sur l'attente, que cet événement n'ébranlerait point le bien-être de la Suède, ni ne pourrait avoir des effets préjudiciables pour le repos des voisins. Cependant peu après, nous découvrîmes l'envie entreprenante qu'avait le roi, de troubler la tranquillité du nord; car tantôt il s'adressait à nous, tantôt à la cour de Danemark, pour proposer à chacune en particulier et dans le secret, une alliance, uniquement dans la vue de rendre illusoire celle qui subsistait entre les deux états. Nous ne fîmes à cette tentative d'autre accueil, que de répondre brièvement, „que nous nous „ montrerions prêtes à entrer dans toute alliance qui ^, n'aurait pas pour but de troubler le repos du Nord."

La mauvaise réussite de ce projet, n'arrêta pas néanmoins un prince, consumé par un ardent désir d'exciter des querelles. La guerre qui éclata entre nous et les Turcs, ouvrit une libre carrière à ses injustes desseins. Lorsque pour seconder nos armées de terre

MIN. DE RUSSIE A STOCKHOLM j EN 1788- 295

contre rennemî du nom clirétien, nous ûmes équiper noire flotte pour l'envoyer dans Ja Méditerranée, et que nous communiquâmes de bonne heure cette intention cjue nous avions, à la cour de Stockholm, comme à toutes les autres cours de l'Europe, il commença à faire répandre sous main, d'abord hors de son royaume, et à faire semer ensuite dans la Suède même, des bruits sourds et clandestins, comme si nos armemens étaient destinés contre elle. Par cette fiction il chercha à en imposer à l'opinion du peuple suédois, et a justifier les armemens qu'il commença alors de faire de son côté, comme entre]>ris pour sa prétendue défense. Personne n'ignorait le véritable objet de nos armemens maritimes : Pas une seule cour n'ajouta foi à cette calomnie, à laquelle l'on en ajouta encore une seconde, non -seulement contre des cours qui vivent avec nous en bonne intelligence, mais même contre notre alliée, la cou^ ronne de Danemark, comme si elle voulait appuyer aussi en même -temps que d'autres, las entreprises du roi de Suède.

Pour réfuter aux yeux de l'univers entier, les vues que le roi nous attribuait faussement, comme si nous avions des desseins préjudiciables sur son royaume 5 -^ desseins, qu'il était impossible d'accorder avec les sentimens d'amitié pour la Suède, que nous avions si souvent manifestés de notre côté par des ftùts, entre autres, en approvisionnant ce royaume de grains, dans un temps qu'il était ajffligé de la disette, et en affranchissant uniquement pour son avantage, de tous di*oits de douane, le commerce des vivres sur les frontières; — r pour réfuter ces vues supposées, il suffit de rappeler, que, nous reposant principalement sur la sainteté des engagemens qui liaient ce roi, notre voisin, et n'ayant pas le moindre soupçon d'une pareille démarche de sa part, dans le moment que nous devions employer nos armes contre les Turcs, qui avaient perfidement rompu la paix

nous n'avions pourvu nos frontières de ce côté-lA ni de troupes ni de munitions de guerre, en telle quantité que l'auraient exigé des desseins hostiles, au cas que nous en eussions eu réellement.

C'est ainsi que nous demeurâmes constamment dans les mêmes sentimens d'amitié, lorsque le roi de Suède fit connaître pour la première fois ses intentions hostiles, en envoyant sa flotte dans la Baltique. Au commencement de ce mois (de Juin) tandis que trois de nos vaisseaux de guerre, qui avaient été détachés de notre escadre destinée pour la Méditerranée, faisaient voile à la hauteur de l'île de Dago, une frégate de la flotte suédoise vint en joindre un, que montait le vice -amiral de Deissen et exigea le salut, sous prétexte que sur cette flotte se trouvait le frère du roi, le duc de Sudermanîe. Notre vice -amiral se référa à l'article l?*"® du traité d'Aho, où il est stipulé, „ qu'il ne se fera point de salut entre ,,}es vaisseaux des deux nations;" et il ne promit cette marque d'honneur que sur le pied d'un témoignage d'égard rendu, non au pavillon de Suède, mais uniquement comme appartenant au duc de Sudermanie, en qualité de notre cousin et de frère du roi. En conséquence il fit tirer treize coups ; et il envoya à ce prince un officier, pour lui en faire la notification; mais celuici reçut pour réponse sur son message, „qu'à la vérité „le prince connaissait ces stipulations qui subsistaient entre 5, la Piussie et la Suède; mais qu'il avait ordre du roi, ^, d'exiger dans toutes les occasions, cette marque de 5, respect qui appartenait à son pavillon." Nous n'avions pas encore eu le temps de demander une explication sur ce procédé, qui blessait la dignité de notre pavillon, et qu'on ne pouvait considérer que comme une provocation à la guerre, lorsque nous reçûmes un second avis, que le roi de Suède avait fait signifier au comte Rasoumoffsky, qui résidait avec le caractère de notre envoyé à la cour de Suède, qu'il eût à quitter sa cour

pour retourner en Russie ; précisément dans le temps même que notre dit ministre portait au ministère de Suède, les assurances les plus positives de notre inclination invariable pour entretenir la bonne intelligence avec le roi et son royaume. A cette expression il donna Tinterprétation forcée et sinistre, qu'elle tendait à le séparer |de la nation, quoic|u'il n'y ait pas de prince qui puisse prendre en mauvaise part, qu'on exprime des sentimens de bienveillance pour lui, et en même temps pour ses sujets. Cependant encore dans ce cas nous pouvions espérer, qu'en suite de cette démarche, inusitée à la vérité, le roi s'expliquerait avec nous, et qu'ainsi il donnerait occasion à des éclaircissemens par lesquels Ton aurait pu arrêter les hostilités qui allaient éclater. Mais au lieu de cela, nous reçûmes immédiatement de nos frontières de la Finlande Tavis, que des troupes suédoises venaient de les passer^ qu'elles avaient enlevé un de nos bureaux de douane sans défense 5 qu'elles avaient tué à coups de fusil un officier et deux soldats, qui, ne soupçonnant l'icn d'hostile, naviguaient en pleine sécurité sur un bateau; et que le 21 Juin (2 Juillet) elles étaient entrées par force dans les fauxbourgs de Nislot, qu'elles avaient hostilement bloqué et commencé à canonner le château.

De cette manière, avant que nous connaissions encore le moindre motif de cette guerre, l'on en a fait ressentir les effets aux confins de notre empire d'une manière qui n'est propre qu'à des barbares avides de pillage, et non à des nations éclairées de l'Europe, qui ne prennent les armes qu'après avoir préalablement déclaré les motifs qui les y déterminent. En conséquence nous avons ordonné à notre armée rassemblée ici sous la conduite du général comte Mussin-Puschkine, d'aller à l' encontre de l'ennemi, qui a fait invasion dans nos états , et à notre flotte , sous les ordres de l'amiral Greigh, d'agir contre la marine suédoise. Vous tous,

298 IX. AFF. DU COMTE DE RASOUMOFFSieY,

nos fidèles sujets, à qui nous faisons part, avec un coeur plein de sollicitude, d'une violation, si noire de la bonne foi, réunissez vos prières ardentes à celles que nous adressons au Très-Haut, pour que sa bénédiction toute -puissante, précède nos armées, et que sa justice dirige ses décrets de façon, que par la défaite d'un nouvel ennemi, qui a attaqué si injustement la Kussie, quoiqu'elle ne l'eût offensé en rien, la valeur des neveux remporte la même gloire avec laquelle leurs ancêtres triomphèrent de ce même ennemi pour la défense de leur patrie.

Donné à Czarsko-zelo, le 30 Juin (11 Juillet) Tan de grâce 1788 et de notre règne le vingt -septième.

L'original est signé de la propre main de S. M, Impériale,

(L. S.) Catherine.

Peu de jours après 1^ cour de Russie fît insérer l'article oHîciel suivant, dans la gazette de Pétersbourg (*).

N«- VIL

Article officiel que la cour de Russie Jît insérer dans la gazette de Pétershourg; du 18 Juillet 1788.

Le roi de Suède, après avoir rompu par les hostilités effectives, commencées de son côté, la paix qui avait subsisté jusqu'ici entre l'empire de Russie et la couronne de Suède, envoya à la légation qui avait résidé ici de sa part, une note, pour la remettre au ministère impérial de Kussie. Dans cette note, le roi allègue plusieurs motifs peu convenables et faux, qui

(1) M. de Nolcken titait parti de Pëtersbourij le 14 Juillet.

MIN. DE RUSSIE À STOCKHOIiM, EN 1788. 299

l'auraient nécessité à faire des arméniens pour une guerre; et il finit par proposer des conditions auxquelles il désire que la paix soit rétablie. Ces conditions sont les suivantes.

(^Suivaient ici les conditions qui se trouvent portées dans la note du comte d'Oxenstierna, du 1 Juillet; voyez le A^°' IV,)

On laisse au monde impartial et éclairé à juger de la valeur de pareilles propositions. En attendant, par ordre de S. M, Impériale, il fut signifié par le général" en chef comte de Bruce, commandant en cette résidence, au S. SclilafF, qui a fait les fonctions de secrétaire de la légation suédoise ici, et qui avait remis la susdite note, qu'il eût à quitter le plutôt possible, avec toute la légation, ainsi que les courriers que sa cour lui avait envoyés, cette résidence et les frontières de l'empire de Russie.

Voici la contre- déclaration que le roi de Suède rendit le 20 Juillet à Helsingfors, mais qui ne fut publiée que le 29 Août.

N°- vm.

Contre ' déclaration du roi de Suède, rendue à Helsingfors, le 29 Août 1788.

(^La première partie de cette contre-déclaration, se trouve littéralement dans la note suédoise du 11 Juillet, V. iV°' IV ^jusqu'aux mots „les desseins les plus hostiles contre la Russie." Le roi ne saurait se résoudre à dévoiler ici aux yeux de l'Europe entière, les fausses démarches auxquelles une partie de ses sujets a été séduite, plus par les efforts que la Russie n'a cessé de faire pour réussir dans sqs projets, que par un esprit de vertige

dont ils claîent cfTcetivcment animes. Aecoûtumce à regarder son peuple avec des yeux pleins de tendresse paternelle, à chérir ses sujets comme ses enfans, S. M. sent en ce moment combien il en coûte à un pèiH3 de découvrir à un tiers, des fautes qu'il aurait volontiers ensevelies dans l'oubli : mais comme rien ne manifeste plus au grand jour, la conduite de son jouissant voisin et la justice des griefs, du roi; comme l'intérêt même de tous les Suédois exige que l'Europe connaisse le malheur dont l'état a été menacé, les complots faits, même contre la personne du roi, au milieu de l'abri, où la paix semblait le mettre à cet égard; et le véritable fond des procédés que la Russie tenait sous l'extérieur d'une modération apparente; procédés qui cachaient des vues plus horribles que le fléau d'une guerre ordinaire, le roi se voit dans la nécessité de montrer ici la vérité toute nue et de la mettre dans tout son jour. L'Europe y reconnaîtra le cours non interrompu de cette ambition, de ce désir d'aggrandissement , qui a toujours caractérisé le ministère de Russie : Elle reconnaîtra, seulement sous une forme un peu difïérente, ces mêmes détours et ces manèges, qui partagèi^nt la Pologne il y a seize ans, qui s'assujettirent la Crimée, et qui ont presque fait de la Courlande une dépendance de la Russie.

C^est une chose connue depuis plusieurs années, que peu après la jtdïx d'Abo, la Russie forma le plan de séparer la Finlande de la Suède, et sous le prétexte particulier de rendiHi ce pays indépendant, d'en faire dans la réalité une province feudataire de la Russie, comme la Courlande Pest encore en ce jour. Il est triste de penser, que les mots sacrés de liberté et d''mdépendance , ainsi que le nom adorable d'un Dieu de miséricorde et de paix, soient presque toujours le signal des divisions et du malheur public : mais telle est la faiblesse iidiéreute à l'humanité, que ce qui devrait ser-

vlr au bonheur des hommes n'est que trop souvent la cause clés maux et des usurpations que la guerre entraine après elle. Ces projets de la Russie furent à la vérité étouffés alors dans leur naissance, plus peut*-étrc par l'attachement des Finlandais à Tégard de la Suéde, et 23ar la mémoire aussi douloureuse que fraiche encore, que les habilans conservaient des dévastations que les Russes avaient exercées dans cette province durant la guerre de Charles XII, et celle de 1741, que par la conduite modérée de la Russie. Cependant le cabinet de Pétcrsbourg n'abandonna ni ses principes ni ses projets 5 et il saisit la première occasion favorable pour les mettre à exécution; savoir, la défection d'un officier de marque, qui avait été honoré pendant plusieurs années de la confiance de son souverain et des départemens importans dans la Finlande, et qui revêtu d'un commandement fort étendu dans cette province, avait pu. y gagner la confiance de plusieurs h^bitans du pays, mai5 qui abandonna ensuite le service du, roi; las aussi, du service d'une puissance étrangère près laquelle le roi lui avait procuré une place des plus honorables. Cet homme passa au service de Russie; et dès -lors les projets ambitieux de cette puissance se réveillèrent; dèslors elle travailla sans relâche, à semer la zizanie et l'esprit de révolte dans le grand -duché, et à en cultiver le germe. Vers la fin de l'année 1786, un de ses olfi^r, ciers -généraux parcourut, sous prétexte de voyager, le territoire de Finlande, s'occupa à reconnaître tous les postes , tous les endroits que leur situation exposait à une attaque, ou que la nature avait fortifiés; prit des informations chez les habitans; sonda les esprits, et ne trahit que trop évidemment, par son grand désir do tout savoir et par l'ardeur de ses recherches, les vues secrètes de sa cour.

Si le voyage que l'impératrice fit bientôt après à Cherson, détourna pendant quelque temps le cabinet

de Pctcrsbourc^, de ses efforts pour arracher la Finlande à la Suède : ils furent repris immédiatement après le retour de cette princesse de son grand voyage, avec une double ardeur 5 et les intrigues que son ministre à Stockholm trama, de concert avec les mouvemens secrets du cabinet de Pétersbourg, pour troubler la tranquillité publique dans la Finlande, manifestèrent assez clairement les projets et les vues de la Russie; vues directement dirigées contre la personne du roi et le repos intérieur de la Suède.

La déclaration de guerre que la sublime Porte- Ottomane fit à la Russie, survint durant ces intrigues et servit de nouveau motif à cette cour, pour travailler à forces redoublées , à semer la discorde et le trouble dans la Suède; royaume, qui était lié avec la Porte- Ottomane par un ancien traité conclu déjà en 1739 et qui, ne pouvant renoncer à une alliance, laquelle avait subsisté tant de temps sans interruption en vertu de ce traité, paraissait jiar là même être à craindre pour les Russes. Cej^endant malgré cela, le roi a fait tout ce qui était possible pour convaincre la Russie de ses sentimens pacifiques, sans oublier néanmoins pour cette raison un allié avec lequel la Suède est unie par des liens si formels. Le roi a offert, jusqu'à trois fois, sa médiation à la Russie, pour accorder les différens qui s'étaient élevés entre cet empire et la Porte; médiation d'autant plus efficace, que TEurope entière connaît le crédit et l'influence de la Suède près la Porte, qui a toujours duré depuis le long séjour que Charles XII fît dans les états de cette dernière.

C'est précisément dans ce moment que le comte de RasoumofFsky, mettant le comble à toutes ses démarches offensantes, dans une note ministérielle, conçue dans ]cs termes les plus insidieux sous les apparences de l'amitié, a osé vouloir séparer le roi de la nation; a voulu rompre les liens sacrés qui unissent le

MIN. DE RUSSIE À STOCKHOIiM; EN l788. 303

roi et ses sujets. Rien ne pouvait mieux démasquer les scnlimens et les projets encore cachés de la Russie, que cette démarche, et même les façons de parler employées dans la note susdite. Le roi a communiqué à d'autres cours liées avec S. M., ou avec lesquelles elle a d'ailleurs des relations d'une bonne intelligence plus étroite, les motifs d'après lesquels elle a agi. En cela le roi n'a consulté que ce qu'il devait à lui-même, a ses peuples, à la tranquilité publique, et a écarté de sa personne un particulier, qui en abusant du droit des gens, cessait d'avoir droit d'en jouir : Et lorsque S. M., en respectant encore en lui le caractère dont il se rendait indigne, a mis dans la démarche qu'elle devait à sa gloire, tous les ménagemens possibles, elle croit avoir encore donné à cet égard une grande preuve de son estime pour l'imj^ératrice , et du respect qu'elle porte au droit des gens.

C'est dans ces circonstances que le roi s'est rendu; en Finlande a la tête de son armée, dans le dessein de s'éclaircir avec l'impératrice, et de s'assurer du repos d'une province aussi impoi'tante. Le roi espérait d'obtenir, par des paroles amicales, la satisfaction qui lui était due à l'égard d'un ministre qui avait abusé de son caractère sacré. Le roi espérait de pouvoir porter la Russie à accepter la médiation de la Suède, et de remplir par là les engagemens, dont le royaume est lié envers la Porte-Ottomane, sans être obligé de se battre préalablement à cet effet. Enfin le roi espérait de la justice de l'impératrice ^ qu'elle l'indemniserait des fraix d'un armement, que les circonstances l'avaient obligé a effectuer : mais un enchaînement de circonstances imprévues, entraina bientôt la rupture d'une paix, dont la conservation avait été pendant seize ans, le but de tous les voeux du roi. Dans cet intervalle, des troupes légères russes, attaquèrent les postes avancés des Suédois près de Savolax : le brigadier qui commandait pour le

roi dans ces provinces éloignées, tint la guerre pour commencée en voyant des hostilités commises sur la frontière; et en vertu des ordres qui lui avaient été nécessairement donnés dans le cas d'une attacpie, il bloqua le cliâteau de INislot, pour s'assurer d'un poste qui était important pour couvrir ces contrées lointaines contre les dévastations des liordcs barbares qui sont au service de la Russie; vu que ces provinces, dont les limites ont été reculées par la paix d'Abo, se trouvent entièrement ouvertes et sont absolument hors d'état de se défendre, sans se rendre maîtres des défilés de la Finlande russe. L'avis de cet événement parvint à la flotte; on accéléra l'activité; et une bataille navale que le duc de Sudermanie gagna peu après sur âçs forces supérieures, décida l'éruption d'une guerre, quelques efforts que le roi fît pour l'éviter, en renonçant même dans cette vue, profiter du moment si rare et si favorable qui s'offrit, pour s'emparer de sept vaisseaux de guerre russes enveloppés par la flotte de Suède.

Au milieu de tous ces chagrins, et quoique le roi ne sache pas encore ce que sont devenus son ministre, et jdeux officiers envoyés comme courriers à Pétersbourg, S. M. ne veut cependant pas renoncer à son inclination pour la paix ; mais elle est encore prête à accepter toutes conditions honorables de paix, qui lui seront offertes de la part de Timpératrice, pourvu seulement qu'on accorde au roi et qu'on lui donne la certitude de pouvoir procurer une paix sûre et stable à la Porte -Ottomane.

À Ilelsingfors , le 21 Juillet 1788.

Pour ne point être obligé d'interrompre plus tard, le fil des négociations qui eurent lieu entre les gouvernemens de Danemark et de Suède; nous placerons ici la note que le baron de Sprengporten, ministre de Suède à Copenhague, adressa le 10 Août,

au comte de BernstoriF, ministre des affaires étrangères de S. M. Danoise, pour se plaindre des pirateries que les Russes, disait-il, exerçaient jusque sous les canons de Cronenbourg contre les bâtimens marchands suédois.

N«- IX

Note du baron de Sprengfporfen, ambassadeur de S. 31. Suédoise, adressée au comte de Bernstnrff; du 10 Août

Le soussigné, ambassadeur-extraordinaire de Suède, ayant reçu [les rapports des consuls du roi , comme quoi depuis l'arrivée de l'escadre russe sur la rade d'Helsingoer, il s'y est établi une sorte de piraterie sous le canon de Cronenbourg, qui en outrepassant les droits de la guerre d'une , manière indécente et inouïe, renferme en même temps la violation la plus manifeste et la plus sensible du territoire de S. M. Danoise; l'ambassadeur ne peut s'empêcber de réclamer de la justice comme de la dignité de S. M., qu'elle fasse veiller à l'avenir avec plus d'exactitude, sur le maintien de ses propres droits, et de ceux dont elle doit la protection aux sujets commerçans de toutes les nations , qui étant en paix avec elle doivent s'attendre d'autant plus à jouir cbez elle d'une sûreté parfaite, qu'ils lui en offrent tous les ans une reconnaissance particulière. En même temps l'ambassadeur a l'honneur de représenter au ministre de S. M. Danoise, la nécessité de faire instruire au plutôt le procès, soit par le tribunal de marine, ou par une commission particulière, à l'égard des prises suédoises qui ont déjà été faites et amenées ici^ nécessité d'autant plus urgente, que le traitement qu'on apprend être fait aux équipages suédois à bord des vaisseaux de guerre russes, sollicite leur délivrance avec un intérêt qu'on n'aurait

pas cru être dans le cas cle plaider dans un siècle, dont l'humanité fait le plus Leau caractère. L'amLassadeur, connaissant Texaclitude avec laquelle dans les tribunaux de S. M. Danoise on soutient Iqs titres et non les protections des partis, est fort éloigné de rien demander au delà de la plus parfaite justice. Qu'on examine les faits avec leurs circonstances, que les témoins soient entendus; qu'on rapproche ces dispositions de la loi générale du droit des gens (à laquelle les puissances du Nord ont donné une sanction plus particulière dans leur convention de Tannée 1780) des lois particulières, qui sont en vigueur dans les états de S. M. Danoise, et de ce droit coûtumier enfin qui n'est pas moins sacré, parceque toutes les nations y appellent mutuellement; et les sujets du roi de Suède obtiendront, ce qu'on ose réclamer pour eux, de nouvelles preuves de celte équité, dont l'échange est devenu rheureuse habitude des deux nations, et dont l'observation la plus scrupuleuse est toujours si essentielle entre des nations voisines. En conséquence de ces principes et de ces usages, l'ambassadeur doit se réserver avant tout, qu'il ne soit procédé à la vente des prises suédoises, avant le procès instruit et fini, qui seul doit constater si elles sont bonnes ou illégales.

Son Exe. M. le comte de BernstorfF reconnaîtra sans doute dans celte représentation, le même esprit de modération et d'équité, qui caractérise toutes celles qui lui ont été faites au nom du roi de Suède, aimant mieux se sacrifier tout entier pour soutenir ses droits, lorsqu'ils sont attaqués, que d'imposer des sacrifices à ses amis. S. M., même dans le moment le plus critique de son règne, se borne à ne demander au roi, son beau -frère, que le maintien des principes les plus universels, qui ont même de l'intérêt pour S. M. Danoise elle-même, et laisse à ses ennemis la peine indiscrète

d'importuner sa bonté jusqu'à vouloir enfreindre sa justice.

Copenhague, le 10 Août 1788.

J. W. Sprengtporten.

Le comte de BernstorfF, qui regarda le contenu de cette note comme indécent et outrageant pour les commandans et officiers d'une puissance amie et alliée de la cour de Danemark, se refusa de l'accepter. Comme toutefois elle fut publiée dans les journaux, le baron de Krudner, ministre de Russie à Copenhague, crut devoir adresser la note ci- après au comte de BernstoriF.

Note du baron de Krudner , ministre de Russie près la cour de Copenhague^ adressée au comte de Bernstorff; du 24 Septembre 1788.

Le soussigné a vu avec autant de surprise que d'indignation dans plusieurs feuilles publiques, une note qu'on prétend avoir été remise par l'ambassadeur de Suède à S. Exe. M. le comte de EernstorfF. Cette pièce n'est pas parvenue à la connaissance du soussigné; et elle Qsi d'un contenu à n'avoir pu être acceptée par un ministère qui connaît si bien ce qui est dû à sa propre dignité ainsi qu'à celle d'une cour amie et alliée. Dans ce prétendu mémoire on se plaint que des vaisseaux suédois ont été pris sous le canon même du château de Cronenbourg. Les rapports du commandant de cette forteresse ont dû donner le démenti à cette assertion indécente. Si quelques - unes des premières prises ont été faites dans une distance trop rapprochée de la côte, ce qui cependant n'est guères à supposer, c'est contre

les ordres expi'ès clés chefs: et ce fait ne peut être décidé que dans un jugement légal, que les officiers russes sont Lien éloignés de récuser. On cliarge du terme injurieux de pirates j les commandans des vaisseaux de S. M. Impériale qui ont fait des prises suivant la pratique constante de toutes les guerres maritimes; pratique, qui est sans doute dans ce moment fort sensible à la nation suédoise, mais dont leur roi a le premier donné le malheureux exemple. L'on ose taxer d'inhumanité inouïe^ le traitement qui a été fait aux prisonniers, tandis qu'ils ont été soignés, nourris, traités comme les propres matelots nationaux; que les excès inévitables dans toutes les occasions où une troupe n'agit pas sous l'inspection immédiate des chefs, ont été punis, et le malheur des particuliers souvent réparé par la générosité des commandans russes. Mais le cabinet de Stockholm s'est permis dès le commencement de la guerre, d'avancer à la face de l'Europe des faits si évidemment controuvés, que rien ne doit étonner de sa part. Fait à Copenhague, le 13 (24) Septembre 1788.

Le baron de Krudner.

Dès que les premières hostilités de la part des Suédois eurent eu lieu, par la prise de la yille de Nyslot et par une invasion en Carélie, l'Impératrice de Russie réclama l'assistance du Danemark, en vertu des traités d'alliance de 1768? 1769 et de 1773 (0-

(1) Le roî de Suède ayant en 1772, de la Finlande, menace' le Danemark d'une invasion, se fondant sur la cession d'anciennes pre'tentions, et sur le troc de la partie ducale du Tlolstein , contre le duché d'Oldenbourg, qui s'était fait sans sa participation; l'impératrice de Russie et le roi de Danemark conclurent, le 1 Aoiît 1773, à Petersbourg une alliance perpe'tuelle et secrète, suivie d'une con-

MIN. P£ KUSSIE À STOCKHOLM j EN 1788- 309

Comme le roi recommt la justice de cette réclamation, et qu'il déclara que le secours demandé était dès ce moment à la disposition de l'impératrice 5 le comte de BernstorfF adressa la note suivante au baron de Sprengtporten, pour l'instruire de l'obligation dans laquelle se trouvait le roi, de céder à l'impératrice une partie de ses forces de terre et dé nier (2)*

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ventîon séparée, relative aiïx affaires de Suède. Ces deux traite's n'ont jamais été publie's; ils entraiuèrenL toutefois le Danemark, comme nous le voyons, dans cette guerre entre la Suède et la Hussie* Le traité du 13 Décembre 1769» est relatif aux affaires intérieure* de la Suède, et celui de 17Êi8, est entièreirient inconnu jiisiju'à cq jour.

(2) Un corps- de 12,000 Danois sous îe comandement du feldmaréchal prince Charles de Hesse, qui s'était formé en Norwège, entra en- Suède le 23 Septembre, et ayança. jusqu'à IJdevalla et dans la proximité de GotKenbourg,, Trois vaisseaux djè Ug^ne et tx-ois fréggites danoises furent en outre, mises ù la. disposition de la Russie.

Sans parler ici dea évèneraens de la ^u^rre, q.aî ne doivent point, entrer dans notre cadre, nôjus croyons cependant devoir dire un mot de celui qui paralysant tont d^un coup fes forces du roi de Suède, lui fit perdre le fruit de tous ses efforts. Gustave ITI , qui avait réuni 36,000 hommes d'excellentes troupes en Finlande , auxquelles rimpératrice n^avait pu leii opposer qu'une armée formée par la plupart des régimens tirés des garnisoas de l'intérieure et peu aguerris, avait à peine qivitté son quartier "général de Kymenegord, pour se i-endre à Stockholm, où. s:a présence était devenue nécessaire à cause des préparatifs que le kqî de Diaaemark faisait en Norwège, qu'un, grand nombre d'officiers suédpi& réunis à Aniala, exigèrent du duc de Suderraanie, qu'il proposât au général ru5se un armistice pour mettre fin à une guerre que le roi , disaient - ils, n'avait; pùf entreprendre sans violer la constitution. Le duo de Sudernaanie s'y étant refusé, ces ofEcîers envoyèrent uns députatioii».

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