N«- XX
Réponse du comte de Bernstorff à Id lettre précédente ; du 30 Avril 1789.
Ayant mis sous les yeux du roi la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire en date du 23 Avril, Monsieur, et au contenu de laquelle les ministres de S. M. le roi de Prusse et de LI^. HH. PP. ont accédé par leurs
déclarntîons verbales, S. M. m'a ordonné d'y répondre: „ qu'elle adhérait invariablement à ce système de paix, dont le Danemark ne s'est jamais écarté, et qui de l'aveu de la Suède même n'a pas été interrompu par les secours auxiliaires fournis conformément à ses engagemens, à la Russie; qu'elle avait toujours vivement désiré que les démarches faites j^ar les puissances respectables qui s'occupent du désir de rétablir la paix dans le Nord, eussent le succès le plus heureux, et que tous ses voeux seraient remplis si elle pouvait y contribuer elle-même: que ce sentiment, joint aux preuves sans nombre qu'elle avait données pendant tout le cours de son règne, et de sa bonne foi et de son attachement particulier aux souverains augustes qui s'expliquent actuellement avec elle, devait leur être garant non seulement de son système général, mais aussi de son souhait décidé, de ne pas contredire leurs vues, qui tendaient à la pacification générale; qu'elle y ajoutait avec satisfaction, qu'elle était persuadée que leur équité lui garantissait également la certitude, qu'elles entreront avec amitié dans sa situation , et qu'elles reconnaîtront et approuveront qu'elle s'entende préalablement et incessamment avec S. M. Timpératrice de Russie, qui a le droit incontestable de réclamer les engagemens dont il s'agit à présent uniquement , avant que de donner une réponse entièrement définitive."
S. M. hésite d'autant moins d'y insister, que la durée de la trêve, qui assure la tranquillité actuelle, rend non seulement le délai indifférent , mais que S. M. s'engage d'ailleurs d'en respecter toutes les conditions aussi long- temps qu'elle ne se croit pas autorisée de donner cette réponse. Connaissant d'ailleurs la sagesse de son alliée, convaincue de sa n^odération, sure de ses propres senlimens, S. M. prévoit l'issue la plus satisfaisante; et quelle serait sa joie, si une réunion parfaite et entière pouvait y appartenir!
Je ne puis m'acquîlter de ces ordres, Monsieur, sans vous assurer de toute Fetendue de la confiance du roi dans les vues équitables et modérées du roi votre maître. S. M. en est entièrement persuadée. Elle l'est également de vos sentimens personnels , et si j'ose me nommer après cela, je n'ai pas de perspective plus cLère cjue celle de pouvoir vous féliciter bientôt d'avoir travaillé préférablement et avec succès à rétablir la tranquillité du Nord, à assurer le bonlieur général et individuel, et à rapprocber les cours, unies par tous les intérêts naturels. J'ai l'honneur d'être etc.
Copenhague, le 30 Avril 1789.
A. P. Bernstorff.