DE H AILES
En même temps que M. de Hailes fit cette communication au gouvernement danois, M. Keen, chargé d'affaires britannique à la cour de Stockholm, en donna connaissance au baron de Sparre, chancelier de Suède, qui peu de temps après, par la voie de M. de Bergstedt, chargé d'affaires de S. M. Suédoise à Londres, fit exprimer au ministère britannique la satisfaction que ce règlement avait donnée au roi son maître (^).
(1) Pour se rendre raison de l'accueil si différent que ceUe communication rc^ut à deux cours voisines, qui avaient, sous le
i:ntiil: i/angi^, et i>e dAxN.; en 1793- 3i3
Le roi de Prusse ayant accédé en plein aux principes de la cour de Londres et aux demandes qu'elle avait faites par M. deHailes, cliargea le comte de Goltz, son ministre à la cour de Copenhague, d^appuyer par la note suivante celle du ministre d^ Angleterre.
Note du comte de Goltz^ envoyé extraordinaire de S. M^ Prussienne ci ta cour de Copenhague , adressée au comte de Bernstorff; te 21 Juittet 1793.
S. M. le Roi de Prusse cpii n'a qu'un intérêt commun avec S. M. le roi de la Grande-Bretagne, en tout ce qui peut contribuer aux succès d'une guerre à Tissuc lîe laquelle toutes \iis nations doivent prendre le plus
rapport de leur commerce avec la Freinée, les mêmes intérêts, il faut se rappeler, que le traite' du 11 Juillet 1670, qui re'glait les rapports entre l'Angleterre et le Danemark, n'établissant que d'une manière très-imparfaite les droits du commerce neutre, fut explique par une convention conclue le 4 Juillet 1780, qui renferme la nomenclature des marchandises qui doivent être re'pute'es de con- Irebande de guerre, et en excepte expressément le froment, la farine, le bled et les autres grains. Quant à la Suède, elle se trouvait dans un cas tout diiférent. Dans son traité de commerce avec l'Angleterre, du 23 Oct. 1661, l'argent et les munitions de bouche étaient expressément désignés au nombre des marchandises de contrebande, et cette disposition fut conlirmée par l'art. 1*''^ du traité de commerce du 16 Février 1666. De sorte que le même règlement qui était une violation des traités envers le Danemark, était une faveur pour la Suède, puisque les conventions susmentionnées donnaient à l'Angleterre le droit de confisquer les grains chargés sur des vaisseaux suédois et destinés pour lu France, tandis que le règlement du 8 Juin 1793, en ordonnait seulement la vente, pour compte des propriétaires. Y. Schoell, hist. de traités, T. VI.
grand intérêt, ne saurait s'écarter en rien des principes, que les circonstances ont fait adopter à la cour de Londres relativement au commerce des nations neutres avec la France pendant la guerre actuelle.
En conséquence elle vient d'ordonner au soussigné, son conseiller privé 'd'ambassade et son envoyé extraordinaire, de joindre ses représentations à celles que M. Hailes, envoyé extraordinaire de S. M. Britannique, a été chargé de faire sur cet objet A son Excellence M. le comte de BernstorfF.
Le soussigné, en se référant ici en tout au contenu de la note remise pour cet effet par le ministre de S. M. Britannique, et en accédant en plein et sans exception d'aucun point, aux opinions y énoncées et aux demandes y faites, a l'honneur de s'acquitter ainsi des ordres de sa cour de la manière la plus solemnelle et la plus propre à prouver le concert qui régne à cet égard, comme à tous les autres, entre S. M. le roi de Prusse et S. M. le roi de la Grand-Bretagne.
Si les considérations sur lesquelles portent les demandes du ministère britannique, motivées par les circonstances et par la nature de la présente guerre, ne peuvent que mériter par leur solidité l'attention de S. M. Danoise et de son ministère, et si la manière de les exposer et de régler les mesures en conséquence à ne porter aucun préjudice réel aux intérêts des sujets de S. M. Danoise, prouvent le prix que met la cour de Londres au maintien des liaisons et des rapports d'amitié et d'intérêt qui ont si long-temps lié les deux cours, l'empressement avec lequel S. M. le roi de Prusse concourt à l'appui de ces demandes, ne prouve pas moins la confiance qu'il met dans la sagesse du gouvernement danois et dans la justice résultant des principes qui font la base de la présente démarche, confiance, qui est faite pour cimenter la bonne harmo-
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nie et la parfaite intelligence qui subsistent si heureusement entre les deux cours.
Copenhague, le 21 Juillet 1793.