L. DE Marteville
Le bas-officier de la ^arde de nuit fut conduit après, par le lieutenant du guet, chez M. de Marteville, auquel il demanda pardon dans les ternies les plus soumis , et le remercia de sa généreuse intercession, en promettant de réparer par sa bonne conduite, la faute qu'il avait commise. Voyez , le Merc. hist. de I752j T. II.
Insulte faite en 1752, à l'hôtel du ministre de &uède à Péter sbourg , et satisfaction qu'on lui donna.
Un détachement de trente soldats sous les ordres d'un officier, se rendit à l'hôtel du baron de Greiffenheim, ministre de Suède àPétersbourg. Tan-
dis que plusieurs soldats occupèrent les avenues et les portes de l'hôtel, d'autres marchèrent directement à l'office, dont ils brisèrent la porte, et d'où ils enlevèrent deux domestiques de ce ministre, sous prétexte qu'ils avaient vendu clandestinement des boissons de l'espèce de celles que la ferme impériale avait seule le privilège de débiter. Ces deux domestiques , auxquels on avait liées les mains sur le dos, furent conduits publiquement en prison. Le baron de GreifFenheim était dans la plus grande perplexité à cet égard; mais plus la chose lui paraissait extraordinaire, et plus il jugeait important d'éviter toute démarche de précipitation.
A peine eût -on appris cet incident à la cour, que l'on en fut indigné, ainsi que de la témérité que les régisseurs de la ferme avaient eue de faire de leur propre chef une action si contraire au droit des gens , et sur laquelle ils n^avaient reçu ni ordre ni permission du sénat ou du ministère. Surquoi, les auteurs de cette violence furent immédiatement arrêtés et l'impératrice ordonna d'en faire satisfaction au ministre de Suède. A cet effet, M. Oroussiof, maître des cérémonies, se rendit le lendemain chez le baron de Greiffenheim et cliez les ministres des autres puissances, auxquels il remit la note suivante du comte de Bestoucheif, chancelier de l'empire.
Note remise à 31. de Greiffenheim, ministre de Suède, par M Oroussiof.
En suite de ce qui est arrivé le 3 du présent mois, dans la maison de M. de GreilFenlieim, envoyé extr. de S. M. le roi de Suède, par la faute et Tinadvertence du
4l6 APPENDICE.
chef de la cliancoJIcrie établie pour empêcher la vente clanclestine de l'eau de vie et de la bierre, le ministère de S. M. Im])ér. de toutes les Russies a cru devoir informer Messieurs les ministres des puissances étrangères, que S. M. Imp. par une suite naturelle de sa façon de penser, de son amour pour la justice et en particulier de ses sentimens d'amiiié et d'estime pour S. M. le roi et le royaume de Suède, n'a pu apprendre cet événement qu'avec beaucoup d'indignation et avec tout le mécontentement possible. Et afin que M. l'envoyé extr. de Greiffenheim en fut exactement informé, et qu'il ne pût douter en même temps qu'on ne lui donne une entière satisfaction, S. M. Imp. a ordonné le lendemain matin à son maître des cérémonies, de l'aller trouver de sa part, et de lui faire connaître combien elle était indignée et combien elle avait de regret, que contre son intention, il lui fût arrivé un accident aussi fâcheux, et que S. M. Imp. voulant que prompte réparation lui en fût faite, dès le premier avis, avait donné ses ordres pour amener à la cour le chef de ladite chancellerie, lequel, après avoir été interrogé, avait immédiatement été mis aux arrêts, et envoyé au sénat avec ordre d'y instruire son procès, et de lui infliger la punition qu'il avait méritée. Messieurs les ministres étrangers étant instruits de ce que dessus, voudront bien en rendi-e compte à leurs cours respectives.
Bestoucheff.
Peu de jours après, le ministère impérial fit notifier au baron de Greiffenheim: „Que comme cette 5,insulte avait été commise par la précipitation du jjlieutenant-colonel Posnakoff, qui avait outrepassé jjle devoir de sa charge, par laquelle il était seule- „ment chargé de veiller à ce qu'il ne se commît point „de fraude au préjudice de la ferme des boissons, S. „M. Imp,, pour le punir de cette violation du droit
5,des geiîSj Fayait dégradé de son rang de lieutenantjjcolonel, et réduit à la qualité de simple soldat. jjQu'elle l'avait aussi déposé de la charge d'inspecteur 5,qu'il exerçait auprès du bureau des boissons, et 5,qu'elle y en avait établi un autre à sa place/'
Le baron de Greifïenlieim lit aussitôt part de cette notification à sa cour, qui lui envoya des ordres, en conséquence desquels il se rendit chez le comte de Bestoucheff, auquel il déclara: jjQu'il avait été exjjtrêmement agréable au roi, son maître, d'appren- „dre, avec la nouvelle même de cet incident , la 5,pronipte réparation qui en avait été faite* que S. M. 5,Suédoise en remerciait sincèrement l'impératrice, et 5,qu'elle regardait un procédé si obligeant de sa part, „comme une preuve des plus convaincantes de l'ami- 5,tié de S. M. Imp." Ce ministre ajouta: que comme la clémence était une vertu naturelle à l'impératrice, le roi espérait qu'elle voudrait bien, sur son intercession, pardonner au lieutenant- colonel Posnakoff, et le rétablir dans son précédent poste. Le comte de Bestoucheff répondit au reinerciement du ministre de Suède: qu'il ressentait en son particulier une bien „grande satisfaction de voir que S. M. Suéd. était 5,contente de ce qui avait été fait en cette occasion, et 5,qu'elle rendait un témoignage si vrai aux dispositions „sincères et amiables de cette cour ; quant à l'inter- „cession qu'elle voulait bien employer en faveur du 5,lieutenant-colonel Posnakoff, il lui promit d'en faire 5,exactement rapport à l'impératrice." Voyez, le Mercure Jiist, et polit, de 1752, T. L
iT. 27
Insulte faite en 1777) à l'amhmmdeii/i* d'Antricïie à Venise , et satisfaction qtii luiftit donnée par la rèpahlique.
Le comte de Durazzo , ambassadeur d'Autriche, rentrant de la campagne qu'il habitait, située à deux lieues de Venise, en ville, sa barque fut attaquée par des shirres de mer. Sur le refus que firent ses gens de s'arrêter et de laisser approcher les shirres^ ceuxci se jettèrent sur eux avec violence, blessèrent trois des gondoliers à coups de rames, et menacèrent avec leurs fusils tous ceux qui étaient dans la barque, et ne se retirèrent à la fm, qu'après que l'ambassadeur, voyant qu'il n'y avait pas d'autre moyen, leur eût parlé lui-même pour les persuader. Ce ministre ayant fait sur cette atteinte portée à son caractère, les représentations convenables, le sénat fit arrêter les coupables, et informa l'ambassadeur de la satisfaction qui lui avait été donnée, par le mémoire suivant.
Mémoire adressé par le sénat de Venise à l'ambassadeur d'Autriche.
Aux Pregadi, le 15 Nov. 1777.
M. le comte, à peine avons nous appris j^ar votre mémoire du 29 du mois dernier, l'attentat que votre gondole avait essuyé le soir pi'écédent dans las eaux de S. Secondo , qu'il a d'abord été donné ordre d'arrêter les six coupables; et l'on a fait les perquisitions que vous aviez demandées par votre mémoire. Après un court intervalle, que les circonstances ont exigé, nous sommes à présent en état non seulement de vous donner des preuves manifestes de notre désaveu le plus formel et de notice déplaisir, ainsi que nous Pavons déjà
déclaré le 30 <3u mois dernier, d'un événement qui blesse les égards dûs au caractère que vous soutenez avec tant de dignité, et pour lequel nous avons toujours eu l'estime la plus particulière, mais aussi de vous informer de la punition ordonnée. Nous vous donnons en conséquence avis, que les six coupables, déjà mis en prison pour vous procurer la satisfaction due, par le châtiment qu'ils ont mérité, ont été transférés aux galères, ayant les fers aux pieds, et leur chef ayant un écriteau pendu au col, portant qu'ils étaient condamnés aux galères pour avoir usé de violence envers la gondole de l'ambassadeur impérial; et que la barque avec laquelle le délit a été commis, a été brûlée à la place la plus fréquentée du public.
Le sénat saisit en même temps avec plaisir cette occasion, de donner un témoignage éclatant de son amitié constante et de son respect affectionné pourLL. MM. Impériales, ainsi que de montrer la haute estime qu'il a pour la personne de leur ministre. Il s'assure d'ailleurs, que le rapport que vous en ferez à ces souverains avec la loyauté qui vous est propre, trouvera un accueil favorable de la part de Leurs Majestés, et servira à prouver de plus en plus la vérité des sentimens avec lesquels nous vous assurons de notre considération et de notre affection distinguées. Voyez, le Merc, hist. de 1777, T. II.
Autres exemples d'insultes faites à des agens diplomatiques ou aux personnes de leur suite y et satisfactions qui leur ont été données*
En 1731 la mort du propriétaire d'une maison qu'occupait à Paris le comte de MafFéi , ambassadeur de Sar daigne, ayant donné lieu à quelques poursui-
tes de la part de ses créanciers, contre sa succession, un homme qui avait 9OO livres à prétendre, lit saisir les loyers qui pouvaient être dûs par l'ambassadeur de Sardaigne, et fit assigner en même temps ce ministre devant le lieutenant- civil du châtelet de Paris, pour faire son affirmation sur les causes de cette saisie. L'exploit fut donné à son suisse pendant que le comte de Mafiei était à la campagne. Ce ministre en porta plainte au gouvernement. Pour s'excuser, l'huissier disait qu'il n'avait pas cru manquer au respect dû à l'ambassadeur, parceque l'affaire pour laquelle cette assignation avait été donnée ne le regardait pas personnellement; et que d'ailleurs on ne pouvait pns aller à Turin faire des poursuites pour une si petite somme, et pour le même fait pour lequel les héritiers du propriétaire de la maison qui étaient parties principales, avaient été assignés au châtelet dont ils étaient justiciables.
Le roi de France fit arrêter l'huissier, et ne le fît sortir de prison qu'au bout de six semaines, à la prière de l'ambassadeur; mais il l'exila à Nantes, et cet huissier n'en revint au bout de quelque temps, que sur les instances réitérées du ministre de Sardaigne. Voyez, ihid.
TiC roi de Piuisse envoya en 1740 ^ le colonel Creitzen, pour négocier auprès du prince évêque de Liège, sur un différend qu'il avait avec ce prince au sujet de la souveraineté de la ville de Herstall. Un paysan, sujet de l'évêque de Liège, auquel cet officier devait de l'argent, fit mettre par voie de justice arrêt
sur ses effets. Dans ce pays-là, les procureurs étaient autorisés à faire ces sortes d'arrêts, sans le ministère du juge. Dès que l'évêque de Liège eut été informé de celui-ci, il ordonna aux échevins de Liège de faire comparaître sur le champ le paysan et son procureur; on les obligea de réyoquer l'arrêt en plein siège et de faire leurs excuses au colonel; ils les firent, en déclarant à ce ministre, que s'ils avaient su sa qualité d'envoyé , ils se seraient bien gardés de faire signifier aucun arrêt à sa charge. Voyez, de Real, Science du gouvernement y T. V.
Un des domestiques du comte de Haslang, ministre de rélecteur de Bavière auprès du roi d'Angleterre, ayant en 1751 été arrêté par un officier du grand - maréchal , à la réquisition d'un particulier nommé Olivier Trulore , sans que le ministre eut été prévenu, cet officier ainsi que le particulier furent obligés le 2 Janvier 1752 de demander pardon au comte de Haslang publiquement et à genoux. Voyez ihid.
En 1752 y à la porte du théâtre de l'opéra à Rome, le cocher de M. d'Andrada, ministre du roi de Portugal, ayant pris querelle avec les soldats qui y étaient de garde, après avoir été maltraité par eux, fut conduit au corps de garde ; mais l'officier-commandant le relâcha de suite , et se rendit au théâtre où il ht des excuses à M. d'Andrada sur ce qui s'était passé. Le pape ayant été informé de cette affaire,
ne crut pas cette satisfaction suffisante, et voulant donner au roi des marques de sa grande affection^ fit aussitôt arrêter l'officier et les soldats , dont il fît instruire le ministre, qui toutefois intercéda pour leur relâchement. L'officier-commandant eut ordre de se rendre avec le baillif Solare chez M. d'Andrada, pour lui demander pardon et lui faire ses excuses de Pinsulte qu'on lui avait faite. Voyez le Mère, hisU de 1752. T. L
Les ministres de France à Gênes étaient en possession depuis un temps immémorial, de ne point permettre aux sbirres ou soldats de police, de passer devant leur hôtel. En 1759? le chevalier de Chauvelin, envoyé extraordinaire du roi à cette cour, informé que plusieurs sbirres avaient paru devant son hôtel, chargea ses gens d'y veiller et de s'y opposer. Un homme que l'on prit pour un sbirre , vint à passer, et quoique averti de retom'ner en arrière, il s'obstina à continuer son chemin. Les gens du che-/ valier de Chauvelin se jetèrent sur lui et le maltraitèrent. On sut ensuite que ce n'était pas un sbirre, mais le gardien d'une des portes de la ville. Le gouvernement génois en fit porter plainte à l'envoyé de France; et celui-ci, reconnaissant que ses domestiques l'avaient trompé, voulut que ceux d'entre eux qui avaient pris part à cette affaire , se rendissent en prison; ils furent remis à la disposition du magistrat, qui sur le champ fît prier M. de CJiauvelin de leur rendre la liberté. Voyez, ibid>
. En 17695 à l'occasion du transport de Tétendart de Mahomet, les Turcs faisaient à Constantinople une procession par la ville. Il n'était point permis alors aux chrétiens de paraître dans les rues, ou aux fenêtres. L'épouse et la fille du ministre d'Autriche eurent cependant la curiosité de voir cette procession d'une des fenêtres de l'hôteL Les Turcs s'en étant apperçus, s'indignèrent tellement, qu'ils essayèrent de forcer l'entrée de l'hôtel. Les gens du ministre voulant s'y opposer prirent les armes, et la rixe devint si sérieuse qu'il en coûta la vie à plus de cent personnes, parmi lesquelles se trouvait la fille du ministre.
Aussitôt que la Porte fut instruite de ce désordre, elle fit arrêter et décapiter quatre chefs des mutins, dont elle envoya les têtes au ministre lui offrant d'ailleurs toute autre satisfaction qu'il pourrait demander. Indépendamment de cette satisfaction le premier interprête de la Porte se rendit chez l'internonce et lui fit, au nom du grand-seigneur, un compliment d'excuse au sujet du tumulte qui avait eu lieu. Il l'assura en même temps qu'un Iman et un Emir, auteurs de cet excès, étaient en prison, et que la porte ne manquerait point de les faire punir sévèrement. 11 lui présenta en même temps une robe fourrée d'hermine, qu'il le pria de vouloir bien accepter comme une marque de Pestime particulière du grand-seigneur pour sa personne. Ensuite il fit un semblable compliment à l'épouse de ce ministre, et lui remit une aigrette en diamans de rubis et éméraudes. Ces deux présens furent évalués à en-
viron 40,000 piastres. Voyez, le Merc. hist. de 1769, T. I.
En 1771? trois individus de la milice turque, attaquèrent le sabre à la main, un Arménien qui passait à Péra devant le palais du ministre d'Autriche, le baron deThugut. L'Arménien s'y réfugiant, deux d'entre eux le poursuivirent jusqu'à la porte de l'hôtel, et le troisième eut même l'audace de le poursuivre jusques dans le palais même, où il brisa les vitres de la loge du suisse. Les janissaires préposés à la garde de l'hôtel , y accoururent; et l'un d'eux ayant fait feu, le mutin prit la fuite avec ses deux camarades, qui tous trois furent bientôt arrêtés et conduits en prison.
Dès que les autorités en furent instruites, on s'empressa de faire des excuses au ministre qui toutefois ne crut j^as devoir s'en contenter. Il fit porter plainte au reis-effendi, en demandant satisfaction de l'insulte faite à son caractère et à son hôtel, et exigeant en même temps que l'on prît des mesures de sûreté pour l'avenir, tant pour lui que pour tous les autres ministres étrangers. La satisfaction qu'il demanda, lui fut donnée sur le champ. Le reis-effendi lit appeler chez lui à la fois tous les interprètes des ministres étrangers, auxquels il déclara au nom du grandseigneur, qu'il avait appris avec le plus grand déplaisir ce qui s'était passé; qu'il avait ordonné de nouvelles mesures pour que la sûreté de MM. les ministres étrangers ne puisse plus être exposée; que
le plus coupable des trois mallieiireux avait payé de sa tête sa témérité, et qu'il laissait au résident impérial et royal à prononcer sur le sort des deux autres. M. de Tliugut se borna à demander qu'ils fussent bannis de Constantinople à perpétuité, et sous peine de mort* et qu'ils fussent relégués fort avant dans l'Asie , ce qui effectivement eut lieu. V oyez, le Merc. hist. de 1771, T. IL
En 1775 j lors des fêtes du Bairam à Constantinople, quatre religieux de l'ordre de François et un chirurgien français ayant rencontré dans la rue de ce fauxbourg quelques lazes (milice originaire des côtes de la mer noire) ceux-ci les insultèrent, et les premiers, oubliant peut-être le danger qu'il y a pour les chrétiens de se montrer dans la rue pendant ces jours de solemnité, leur répondirent. Un des lazes s'empara du bâton de l'un des religieux 5 ceUii-ci le lui arracha à son tour, lui en donna un coup dans la ligure et le blessa; ses camarades, accourus au nombre de plus de quatre-vingts, tirèrent leurs pistolets et leurs couteaux, et tuèrent le cocher de Tinternonce impérial d'Autriche qui était survenu pendant cette affaire. Les religieux et le chirurgien français cherchant dans cette extrémité un asyle, se réfugièrent dans l'hôtel de M. de Zégehn , ministre de Prusse. La soldatesque animée jusqu'à la fureur, voulut les y poursuivre, repoussa la garde de l'hôtel qui voulait en défendre l'entrée, et tira sur le portier qui reçut plusieurs blessures. On parvint à la fin à
fermer la porte; mais les mutins, furieux d'avoir manqué leurs adversaires, s'en vengèrent en tirant des coups de pistolet contre les fenêtres de l'hôtel et cassant à coups de pierre toutes les vitres tant de l'hôtel que des maisons voisines. Leur rage parut augmenter à mesure qu'ils rencontraient de la résistance. Ils menaçaient tous les Francs, et attaquèrent même un sous-officier russe qui se trouvait par hazard dans leur chemin. Mais heureusement il sut se défendre en rétrogradant jusqu'à ce qu'il pût enfin se sauver dans l'hôtel de l'internonce autrichien. Ils y pénétrèrent, en le poursuivant jusqu'à l'appartement où les janissaires de ce ministre avaient la garde. Ceux-ci les arrêtèrent, quoiqu'avec beaucoup de peine^ le nombre de ces misérables augmentant à chaque moment. Dans ces entrefaites, une cinquantaine d'entre eux coururent à l'hôtel de France. La femme du suisse, en l'absence de son mari, voulant les arrêter, fut blessée à la main; mais les janissaires du chevalier de Saint- Priest , ambassadeur de S. M. T. C. étant venus à son secours, les repoussèrent vigoureusement et les firent sortir, avant même que les ordres de M. de St.-Priest arrivèrent de les chasser de son hôtel, à main armée, s'il le fallait.
Enfin la garde de Fera arriva, et parvint à disperser les séditieux ; elle en tua quelques-uns, et se saisit de treize autres qui furent conduits chez le topdgibachl et ensuite chez Vaga des janissaires.
M. de Zégelin, ministre de Prusse, ayant porté plainte de l'insulte faite à son hôtel, le grand-seigneur lui fit témoigner le déplaisir qu'il en avait, et
lui promit la satisfaction la plus éclatante, en l'assurant qu^une trentaine de ces mutins avaient déjà été condamnés à mort; mais que comme ils appartenaient au corps des janissaires, l'usage ne permettait point de les exécuter en public. En effet les treize qui avaient d'abord été saisis furent étranglés le même soir.
Le colonel de Peterson, chargé d'affaires de Russie , fit également prier le grand-visir de prendre des mesures pour que ni lui ni aucune personne de sa suite ou de sa nation ne fussent attaqués, puisqu' ayant cinq à six cens hommes à ses ordres, il se défendrait par la voie des armes, sans être responsable de ce qui pourrait en arriver. Voyez, le Merc. hist de 1775, T. I.
IIÏ.