N°- XI
Déclaration donnée par D. Antoine Guedeg - Pereira, ministre secrétaire d'état de S. 31. Très-Fidèle (^), aua; ministres médiateurs.
Sa Majesté, ayant vu la représentation que Messieurs les ministres des puissances médiatrices me remirent le 30 Juillet dernier, m'a ordonné de leur dire, qu'elle reconnaît l'attention et Tempressement que ces puissances font paraître pour le prompt accommodement fies différends entre cette cour et celle de Madrid, afin de rétablir la bonne intelligence et l'harmonie, que demandent les liens étroits de leur parenté. C'est à quoi S. M. ne souliaite pas moins de contribuer de sa part, et à l'égard de ce que Messieurs les ministres susdits ont exposé touchant les moyens de cet accommodement, S. M. juge nécessaire de faire communiquer là-dessus
(1) La maladie de D. J. Patinho et la fnoit de ce premîer ministre arrivée le 4 Noy, 1736 apporta un grand changement dans les affaires. Son successeur qui n'avait à l'ëgard du marquis de Belmonte le même mobile personel qui avait guide' D. J. Patinho dans sa conduite, toute en faveur de son beau -frère, entra avec moins de re'pugnance dans les vues d'un accommodement proposé depuis si long temps et qui ne compromettait point l'honneur de la couronne.
(2) D. Diego de Mendoza étant mort en Septembre 1736^ le roi ftvait nommé pour son successeur D. Antoine Guedes-Pereira,
ses sentimens aux cours respectives par ses propres mûxistres.
On travailla à raccommodenient. jusqu'au mois de Mars 1737 où, dans la conférence du l6 de ce mois tenue à Paris chez le cardinal de Fleury et à laquelle assista M. d'Acunha, on dressa un projet d'ordres que LL. MM. les rois d'Espagne et de Portugal devaient respectivement donner pour faire cesser le plutôt possible les hostilités en Amérique, fixant l'exécution de cet accord au 31 Mars.
M. de Vaugrenantj ministre de France à Madrid, ayant conjointement avec ses collègues M. Keene et van der Meer, présenté ce projet à S. M. Catholique qui l'accepta, s'empressa de l'envoyer, muni du consentement du roi d'Espagne, à M. A. Guedcs-Pereira à Lisbonne, pour hâter celui du roi de Portugal. Il accompagna cet envoi de la lettre suivante.
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Lettre de M. de Vaugrenant, mùitstre du roi de France à Madrid^ à 31. Guedes- Pereiray secrétaire d'état de S. 31. Très -Fidèle.
Monsieur, en même temps que nous faisons passer à V. Exe. par un exprès les dépêches de M. d*Acunha qui nous ont été adressées , nous jugeons devoir Vous faire part que la convention arrêtée chez M, le cardinal de Fleury en présence de M. d'Acunha, à qui copie en a été remise, a été acceptée dans tout son contenu par S. M. Catholique, qui a bien voidu nous faire donner l'assurance positive de son entière exécution pour le jour 31 de ee
mois, comme de notre côté, fondes sur les engagemens qu'aï pris M. d'Acunlia avec las ministres de nos maîtres, nous n'avons -pas hésité à la donner de Texécution exacte des mêmes points de la part de S. M. Portugaise, après avoir satisfait en commun avec messieurs les ministres d'Angleterre et de Hollande à ce que la situation présente de cette affaire a paru exiger de nous. Je prie V. Exe. de trouver bon cpie je la félicite sur son lieureuse conclusion, et que je l'assure de la parfaite considération, avec laquelle j'ai Tlaonneur d'être etc.
Vaugrenant.
M. Guedes-Pereira répondit à cette lettre le 31 Mars; et comme ce jour avait été fixé pour l'exécution de l'accommodement conclu à Paris, il lui manda en même temps par la lettre ci-après, qu'elle avait déjà eu lieu de la part du gouvernement portugais.
N°- XIII
Réponse du secrétaire d'état de S. M. Très-Fidèle, D. Atit. Guedes - Pereira à la lettre précédente.
Monsieur, j'ai eu l'iionneur de recevoir le 28 de ce mois la lettre de V. Exe. du 23, par laquelle j'appris que S. M. Catholique vous avait fait donner àes assurances positives, que la convention arrêtée à Paris le 15 du courant, serait entièrement exécutée de sa part le 31, et que, fondés sur les engagemens qu'avait pris M. d'Acunlia, vous n'aviez pas hésité d'assurer qu'elle serait récijn^oquement exécutée de notre part. Je dois faire part à V. Exe, que ladite convention a été pareillement acceptée par le roi dans tout son contenu, et qu'en effet elle a été déjà accomplie dans cette cour pour ce qui regarde les premiers points, S. M. ayant
ordonné, que les domestiques de M. Capicelatro fussent élargis ce malin et ayant nommé pour venir en qualité de son ambassadeur > à Madrid M. le comte de Tarouca qui est à la cour de Vienne.
Pour ce qui est des ordres concernant la cessation d'hostilités, j'ai lieu de croire, que vous aurez reçu les mêmes avis que M. d'Acunlia m'a participés, savoir que les ministres des puissances médiatrices avaient ajusté qu'on dresserait la minute de ces ordres à Paris, et qu'on l'enverrait aux deux cours intéressées, afin qu'elles les pussent faire expédier d'une égale teneur, ce qui s'exécutera ici, d'abord qu'on aura reçu cette minute, que M. d'Acunlia me fait espérer devoir être envoyée incessamment par un exprès.
Je finis en assurant V. Exe. de la véritable estime avec laquelle j'ai reçu les expressions qu'elle a bien voulu me faire en son particulier^ et je vous prie d'être persuadé, que c'est avec une parfaite considération, que j'ai riionneur d'être, etc.
A. GUEDES.
Le projet ci -dessus mentionné dressé à Paris et envoyé à Lisbonne, renfermait non seulement la minute des ordres, mais encore y avait -on déterminé la manière dont ils devaient être envoyés et exécutés.
N°- XIV
Projet des ordres à donner par LL.MM. les rois d'Espagne et de Fortugal, rédigé par les pléfiipotentiaires des puissances médiatrices.
Les différends entre les cours de Madrid et de Lisbonne ayant été heureusement terminés au moyen de la convention faite par l'intervention des trois puissances
médinlrîces le 16 Mars dernier, laquelle a été acceptée par les deux cours, les deux premiers articles ont reçu ]eur exécution par l'élargissement des prisonniers le 31 Mars et par la nomination respective des ambassadeurs.
Ainsi il ne reste plus qu*à prendre les mesures les plus promptes pour Texécution du dernier article, qui concei*ne la cessation des hostilités en Amérique.
Et les deux cours ayant consenti, que les puissances médiatrices dressassent aussi la minute des ordres qui doivent être envoyés à cet effet j lesdites puissances en ont dressé le projet en la forme suivante pour être envoyé respectivement par les deux cours aux gouverneurs de Buenos-Ayres et de la colonie du St. Sacrement. Et, pour en assurer davantage l'exécution, les mêmes puissances médiatrices .proposent que le roi d'Espagne fera remettre un duplicata des ordi'c^j qu'il adressera au gouverneur de Buenos-Ayres, au roi de Portugal qui réciproquement fera aussi remettre au roi d'Espagne un duplicata de ceux, qu'il adressera au gouverneur de la colonie: lesquels gouverneurs se les enverront réciproquement, pour être exécutés de la même manière que s'ils les avaient reçus directement de leurs souverains. Et pour faciliter et accélérer la
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liostilîtcs cessent en Amérique en conformité de la convention, dont la copie est ci-jointe, S. M. ordonne,
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