XL AFFAIRE DE LA PECHE D'ISLANDE
N° IL
i Extrait du régîlre des résolutions de LL. HH. PP. les Etats- Généraux des Provinces- Unies.
Samedi le 5 Mars 1740.
Ayant été délibéré par resomption sur un mémoire présenté à LL. HH. PP. le 13 Janvier dernier par le S. Grcys, envoyé extraordinaire de S. M. le roi de Danemark, par lequel il demande le relâchement d'un bâtiment et de sa cargaison, appartenant à Jacob Séverin, négociant de Copenhague, comme aussi du capitaine dudit bâtiment arrêtés à Amsterdam par quelques négocians, pour quatre batimens arrêtés l'année dernière par le même négociant dans la Baye de Discou sur la côte de Groenlande;
Il a été trouvé bon et arrêté, qu'on donnera pour réponse audit envoyé extraordinaire Greys, sur son mrmoire, que Tarrêt dont il se plaint par ce mémoire, n'a point été fait politiquement par ordre du gouvernement, mais qu'il a été fait juridiquement, à la réquisition des intéressés pour les quatre batimens qui ont été arrêtés Tannée dernière par le susdit Jacob Séverin dans la Baye de Discou sur la côte de Groenlande, de la manière usitée dans ces provinces.
Que ledit Jacob Séverin étant devenu un objet de la justice, il est hors du pouvoir de LL. HH. PP., suivant les lois de ces provinces, de pourvoir dans cette affaire; que cependant pour marquer combien elles estiment Tamitié de S. M. le roi de Danemark, elles ont bien voulu interposer leurs bons offices auprès du magistrat de la ville d'Amsterdam, où cette arrestation a été faite, j)our qu'elle soit levée par cjuelque expédient amiable. Que celte interposition a eu tant de succès, que ceux qui ont provoqué, s'en sont désistés, et ont relâché le capitaine avec le bâtiment et sa cargaison,
clans l'atlentc que S. M, voudra aussi pourvoir,^ afin cle leur faire restituer leurs bâtimens arrêtés.
Que LL. HH. PP. en ont Lien voulu donner connaissance audit S. Greys, avec prière de vouloir contribuer par ses bons offices, pour (pie ]es bâtimens hollandais, arrêtés pour avoir commercé dans la Baye dcDiscou, soient restitués aux propriétaires, et qu^ils soient mis liors de cour. Ce que LL. HH. PP. croient d'autant plus attendre de la justice et l'équité connue de S. M. le roi de Danemark, que les habitans de ces provinces ayant fait commerce depuis un temps immémorial sur les susdites côtes sans la moindre intention de préjudicier S. M. dans ses droits de souveraineté, ne peuvent penser si -non que ledit Séverin aura abusé contre les trafiquans étrangers de Toctroi que S. M. lui aurait donné, et dont on n'a jamais eu la moindre connaissance, et dont il aura outrepassé les justes bornes contre rintention de S. M.
Et sera remis Texirait de cette résolution de LL. HH. PP. audit S. Greys par Tagent de Byemont.
Ce premier événement fut bientôt suivi d'un autre qui donna lieu à de nouvelles discussions entre ces deux gouvernemens.
Le roi de Danemark, pour protéger le commerce de ses sujets, avait fait équiper en 1740, un vaisseau de guerre pour croiser le long des côtes d'Islande ; ce vaisseau s'empara dans la même année encore de six bâtimens hollandais qu'il rencontra dans ces parages; et donc cinq furent amenés à Copenhague et condamnés par les tribunaux; le sixième, parvenu à s'échapper, par l'intrépidité de trois matelots hollandais, qui s'étaient rendus maîtres de la garde danoise que l'on y avait placée, composée d'un cornette et de cinq hommes, fut reconduit en Hollande.