V, AFF. DES NÉO. CIÏOMEL ET JORDAN
là toute contestation ultérieure entre les deux souverains soit terminée pour toujours.
La république ne cloute pas que LL. HH. PP. n'acceptent avec plaisir une proposition si amicale et si juste : elle déclare néanmoins, que si LL. HH.PP. croyaient qu'il y eût un expédient plus satisfaisant pour elles, et d'une convenance réciproque, la république ne sera pas éloignée de le saisir, n'ayant rien j)lus à coeur que de consolider de plus en plus la bonne intelligence avec les Provinces -Unies.
Que si malgré tout cela, et contre toute attente raisonnable, LL. HH. PP. voulaient pousser cette dispute privée aux extrémités dont elle n'est pas susceptible par sa nature, et qui seraient aussi nouvelles dans l'iiistoire des nations, qu'elles sont contraires aux intérêts de deux puissances commerçantes, et qui ont été constamment amies, la république de Venise se contentera de n'avoir laissé en arrière aucun moyen capable de conduire à un accommodement amiable et juste : et en tout cas, ce ne sera qu'à contre-coeur qu'elle se verra forcée à conformer ses j)ropres démarches à celle d'autrui, pour le soutien d'une cause qui deviendra commune à tous les souverains.
Le résident ayant exposé jusqu'ici les vrais sentimens de sa république a l'iiomieur etc.
TORNIELLO.
Cette note resta sans réponse. M. Torniello peu de temps après étant entré en pour -parler ^vec M. de Tor, un des membres de la commission, qui lui avait fait une proposition d'accommodement, au moyen duquel, en satisfaisant les réclamations de MM. Chomel et Jordan, l'affaire serait définitivement terminée, et auquel les
ENT. li. RÉF. D. HOLL. ET D. VEN.j EN 1777- l6l
Etats-Généraux, avaient acquiescé, promit au moyen d'un courrier qu'il expédierait à Venise, d'obtenir la ratification de cette proposition , dans l'espace de vingt-quatre jours. Mais loin de là, le sénat refusa formellement son approbation^ et ce fut en suite de ce refus que les Etats-Généraux prirent le 1 Mars 1785 j la résolution suivante^ qui toutefois n'eut point son exécution, attendu que les diverses provinces ne purent s'accorder.
N« IV
Extrait des régîtres des résolutions de LL. HH. PP. les Etats - Généraux des Provinces - Unies ; du 1 Mars
Les S°" van Lynden, van Hemmen et autres députés de LL. HH. PP. pour les affaires étrangères, ont rapporté à l'assemblée : qu'en conséquence et pour satisfaire à la résolution de LL. HH. PP. du 25 Octobre de Tannée précédente, ils étaient convenus le 27 Octobre suivant, dans une délibération préliminaire sur le commencement des conférences avec le S. Torniello, résident de Venise 5 que l'état de la question à négocier avec ledit résident, ne pouvait concerner que le soin de procurer un dédommagement aux négocians Gbomel et Jordan sans entrer clans une discussion ultérieure sur le fond de la cause, lequel doit être considéré comme un objet déjà terminé, et qu'ils avaient jugé en même temps à propos, pour parvenir plus promptement et avec moins d'embarras à finir cette affaire, de prier le S. pensionnaire van Berkel, co-député de LL. HH. PP. pour ces conférences, de vouloir avec l'assistance du S. Bisdom, pour lors ministre du collège de l'amirauté sur la Meuse, entrer en négociation avec le S. Torniello