V. AFF. DES NÉG. CHOMEL ET JORDAN
altéiiucr les dispositions sincères et constantes de la république, cxprimces plus au lonq dans la lettre ministérielle de celle-ci, tendant à embrasser toutes les voies qu'un souverain puisse prendre pour parvenir à une réconciliation amicale, et à une satisfaction réciproque, dont le ministre soussigné a l'bonneur de renouveler par la présente les assurances les plus sincères et les plus formelles.
À la Haye, le 11 Avril 1785.
TORNIELLO.
M. Torniello après être resté près d'un an à la Haye, sans avoir pu réussir à accommoder ce différend, reçut en Octobre 1785, l'ordre de son gouvernement de retourner en Angleterre. Avant son départ, il se rendit chez le président de semaine, pour lui remettre le mémoire de congé suivant.
N° Yl.
Mémoire de congés remis par M. Torniello aux Etats- Généraux; en Octobre 1785.
Hauts et Puissans Seigneurs, Par la communication faite de la part du consul de LL. HH. PP. au bailli de Venise à Constantinople, il est parvenu à la connaissance de la république de Venise, que la frégate hollandaise commandée par le capitaine van Kinsbergen , laquelle a quitté depuis peu Smyrne, ayant offert de prendre sous son convoi las pavillons des puissances amies, pour les protéger contre les dangers à redouter dans TArcbipel, a bien voulu prendre elfectivement sous son convoi, deux navires vénitiens et \qs garantir de tous sinistres événemens. Ce procédé amical a été considéré par la sérénissime république avec toute la sensibilité et satisfaction due à cette nouvelle
ENT. L. RÉP. D. HOLL. ET D. YEN.; EN 1777- l67
preuve de la bonne intelligence existanlc entre les deux nations; et le résident Torniello est cliargé d'en témoigner la reconnaissance au nom de la sérénissime ré- ])ublic|ue à LL. HH. PP., ainsi c£ue le désir de celle-ci, d'en faire preuve dans toutes les occasions. En même temps le résident a l'honneur de faire part à LL. HH. PP. cjue le terme de sa mission à Londres, dont il a été éloigné près d'une année, pour l'affaire concernant les sieurs Ghomel et Jordan, étant expiré, il se voit obligé de retourner au premier jour en Angleterre, pour remettre son ministère entre les mains de son successeur dont l'arrivée ne tardera guères; cependant cette absence indispensable n'arrêtera point ni ne nuira au cours de cette affaire, vu que le nouveau ministre Soderini sera pourvu pendant sa résidence à Londres, des mêmes commissions dont le soussigné a été chargé.
La répubjicpie de Venise désire que LL. HH. PP. soient persuadées que la république est pénétrée du désir le plus vif et des intentions les plus sérieuses de cultiver avec elles l'amitié la plus parfaite et la plus constante. Quant à ce qui concerne le soussigné en particulier, il s'estimera très-heureux, si en se retirant d'ici , rempli de la plus haute vénération pour un gouvernement cpi'il a eu le bonheur de contempler de près, il pouvait emporter avec lui la conviction flatteuse, d'avoir mérité pendant son séjour, l'approbation de LL. HH. PP.
Torniello.
C'est ainsi que cette dernière négociation comme toutes les précédentes, se termina sans amener un résultat définitif. Envain les banquiers d'Amsterdam s'adressèrent -ils depuis à diverses reprises aux Etats -Généraux et aux Etats de la Hollande et de Frise ^ dont ils étaient les sujets
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immédiats^ pour obtenir l'exécution de la résolution du 9 Janv. 1784? qiii prononçait l'embargo à mettre sur les vaisseaux vénitiens dans les ports de la Hollande 3 l'affaire en resta là, sans que même dans la suite on soit parvenu à la terminer (^).
(1) Les journaux de ce temps rapportent, qu'à l'occasion des discussions qui s'e'levèrent entre l'empereur d'Allemagne et la re'publiqne de Hollande, au sujet de l'ouverture de l'Escaut, l'imposteur Etienne Zannowich, sous le nom de Castriotto, proposa aux États-Ge'ne'raux la leve'e d'un corps de Monte'ne'grins; que cette offre fut accepte'e par eux, mais que les hostilite's n'ayant point eu de suite, il avait eu l'impudence de venir à la Haye, demander un dédommagement des fraix que lui avait occasionnes cette entreprise; qu'arrivé à Amsterdam, il fut reconnu et traine' en prison, où il se suiscida peu de temps après.
CAUSE SIXIEME
Représailles exercées en 1782, p«?r le général Washington^ pendant la guerre d'Amérique ; et intercession du comte de Vergennes^ ministre des affaires étrangères de Louis XVI ^ en faveur du capitaine anglais Asgill.
JUans la guerre d'Amérique, en 1782, un capitaine de la milice de Jersey, nommé Huddy, attaqué dans un petit fort sur Toms-River ^ par un parti de réfugiés à la solde et au service britannique, fut fait prisonnier et conduit à Ne w - York ( ^ ). Après avoir été renfermé à la prévôté de la ville pendant trois semaines environ, il fut conduit à bord d'un vaisseau qui servait de prison, et transporté sur les côtes de Jersey, où le capitaine Lippincoote, à la tête d'un détachement de fantassins, le lit pendre prévôtalement , en lui faisant attacher lui écriteau sur sa poitrine, portant en substance:
(1) Ces réfugies qui furent «ppele's Loyalistes , avalent forme à New- York une association presque indépendante du général eu chef de l'arnie'e royale anglaise.
170 VI. Arr. uu cArjTAiNE angl. asgtll,
55 que c'était en représailles de la mort d'un liomme 55 tué par une sentinelle lorsqu'il tentait de s'écliap- 55per après avoir été fait prisonnier."
Les liabitans de cette partie du pays où cette exécution avait eu lieu, ayant envoyé une députation au général Washington, commandant en chef l'armée américaine5 avec les preuves complètes qui attestaient cet acte de violence 5 ce général écrivit la lettre suivante au commandant en chef de l'armée anglaise5 Sir Henry Clinton, pour lui demander l'extradition du capitaine Lippincoote5 afin de pouvoir le faire punir comme assassin.
Leilre du général Washmglo?i, adressée à Sir Henri; Clinlou, commandant en chef l'armée royale-anglaise; du 21 Avril 1782. (Traduit de l'anglais.)
Au quartier-gciicral , le 21 Avril 1782. Monsieur, \cs représentations ci -ioel uses de la part (\iis liahJtaus du comté de Moiimoutli , avec les attestations du fait (qui peuvent être corro1)orées par d'autres preuves indubitaLles) mettront sous les yeux de Y. Exe. le meurtre le plus téméraire, le plus cruel, et le ])lus Lors d'exemple, qui ait jamais terni les armes d'une nation civilisée. Je n'importunerai point V. Exe. (parceque je le crois peu nécessaire) par des réflexions sur le fait en question. La francliise m'oblige à parler rondement. Pour sauver l'innocent, je demande le coupable. Le capitaine Lippincoote, ou l'officier qui a commandé à Texécudon du capitaine Huddy, doit donc être livré; ou, si cet officier était d'un rang inférieur à ce dernier, il faut livrer tel nombre des coupables,
DANS liA GUERRE d'AMÉRIQUE; EN 1782- 171
cju'ils fassent un équivalent, conformément au tarif d'écliange. Celle extradition sera une marque de la jusiice qui caraelérise V. Exe. En cas de refus, je me tiendrai pour justifié aux yeux de Dieu et des hommes, à l'égard de la mesure à laquelle j'aurai recours.
Je prie V. Exe. d'être persuadée, qu'il ne saurait vous être plus desagréable de recevoir une lettre conçue sur ce ton, qu^il ne me l'est de vous l'écrire 5 mais le sujet exige de la franchise et un parti décisif. Je dois vous demander une prompte détermination, ma résolulion n'étant suspendue que jusqu'à ce que je reçoive votre réponse. J'ai l'honneur d'être etc,
George Washington.
N« II
Réponse de Sir Henry Clinton à la lettre précédente; du 23 Avril 1782. (Traduit de l'anglaisO
New -York, le 23 Avril 1782.
Monsieur, votre lettre du 21 du courant, avec les attestations y incluses, concernant l'exécution du capitaine Huddy, m'a été remise hier; et quoique je sois extrêmement louché du fait qui y a donné lieu, je ne saurais cacher ma surprise et mon déplaisir au sujet du ton très -peu convenable, que vous avez employé, et que vous n'avez pu vous empêcher de reconnaître comme étant absolument hors de toute nécessité.
La douceur du gouvernement britannique n'admet point d'actes de cruauté ni de violence persécutrice; et comme ils sont notoirement contraires à la teneur de ma propre conduite et de ma disposition (n'ayant encore jamais souillé mes mains du sang innocent), je dois réclamer la justice d'être cru, que si de tels actes sont commis par quelque personne- sous mes ordres, ils n'ont pu être munis de mon autorité, et qu'ils ne