‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 88 sur 123 · DANS I.A GUERRE D'AMERIQUE; EN · texte numérisé non relu

DANS I.A GUERRE D'AMERIQUE; EN

fut la victime infortunée, destinée par le sort, j)our expier le crime odieux qu'un déni formel de justice vous a obligé de venger. V. Exe. ne lira point cette lettre sans être extrêmement touché : elle a produit cet effet sur le roi et sur la reine, à qui je l'ai communiquée. La bonté de coeur de LL. MM. leur fait désirer, que les inquiétudes d'une mère infortunée soient calmées et sa tendresse rassurée. Je sens, Monsieur, qu'il est des cas où riiumanité elle-même exige la rigueur la plus extrême : ]3eut-être celui dont il s'agit est-il du nombre; mais en accordant que les représailles soient justes, elles n'en sont pas moins horribles pour ceux qui en sont les victimes, et le caractère de V. Exe. est trop bien connu, pour que je ne sois persuadé que vous ne désirez rien davantage que d'éviter la désagréable nécessité.

Il y a une considération, Monsieur, qui, quoiqu'elle ne soit pas décisive, peut influer sur votre résolution. Le capitaine Asgill est hors de doute votre prisonnier; mais il est du nombre de ceux que les armes du roi ont contribué à faire tomber entre vos mains à Yorh- Town, Quoique cette circonstance n'ait pas la force d'une sauvegarde, elle justifie néanmoins l'intérêt que je me permets de prendre en cette affaire. Si c'est en votre pouvoir. Monsieur, de le considérer et d'y avoir égard, vous ferez une chose qui sera très -agréable à LL. MM. Le danger du jeune Asgill, les pleurs, le désespoir de sa mère \es affectent sensiblement, et elles verront avec plaisir l'espoir de consolation reluire pour ces infortunés.

En tâchant de soustraire M. Asgill au sort qui le menace, je suis loin de vous engager à chercher une autre victime : le pardon, pour être parfaitement satisfaisant , doit être entier. Je ne saurais m'imaginer qu'il puisse avoir aucune mauvaise suite. Si le général anglais n'a pas été en état de punir le crime horrible dont

180 VI. AFF. DU CAPITAINE ANGI>. ASGII.L,

VOUS vous plaignez, d'une manière aussi exemplaire qu'il aurait convenu, il y a lieu de croire, qu'il prendra les mesures les plus efficaces pour qu'il ne s^eii commette de pareils à l'avenir.

Je souliaite sincèrement, Monsieur, que mon intercession puisse avoir du succès. Le sentiment qui le dicte, et que vous n'avez cessé de manifester dans toutes les occasions, m'assure que vous ne serez pas indiffèrent aux prières ni aux pleurs d'une famille qui a recours à votre clémence par mon organe. C/est rendre hommage à votre vertu que de l'implorer.

J'ai riionneur d'être avec la considération la plus parfaite etc.

Versailles, le 29 Juillet 1782.

DE VeRGENNES. ,

Le congrès ayant nommé une commission chargée de l'examen de cette affaire, prit, sur le rapport qui lui fut faitj la résolution suivante.

]N^- VII

Résolution prise par le gouvernement des Etats - Unis d'Amérique. (Traduit de l'anglais.)

De par \qs Etats-Unis assemblés en congrès, le 7 Novembre 1782.

Sur le raj^port du comité auquel avait été renvoyé l'examen d'une lettre du commandant en chef, en date du 19 Août, ensemble le rapport d'un comité établi à ce sujet, et d'une motion de MM. Williamson et Rutledge, y relative; déplus, une autre lettre du commandant en chef, en date du 25 Octobre, avec copie d'une lettre du comte de Vergennes, en date du 29 Juillet dernier, par laquelle il intercède en faveur du capitaine Asgill; il a été résolu, „que le commandant en

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„clief sera chargé comme il est charge, par la présente, „(le mettre le capitame Asgill en liberté."

Charles Thomson, Secrétaire,

En communiquant cette résolution au capitaine Asgill, le général Washington l'accompagna de la lettre suivante.

N«- vm.

Lettre du général Washington ^^ adressée au capitaine Asgill; du 13 Nov. 1782. (Traduit de l'anglais.)

Monsieur, c'est avec une bien grande satisfaction que je me vois à même de vous envoyer la copie ciincluse d'un acte du congrès du 7 du courant, par lequel vous êtes tiré de la situation pénible où vous vous êtes si longtemps trouvé. Supposant que vous souhaiterez de vous rendre à iVe/^- Yor^ le plutôt possible, je joins ci -inclus un passeport à cet effet.

Votre lettre du 18 Octobre m'est parvenue dans le temps. Je vous prie de croire que le délai que j'ai mis à y répondre, n'a pas été causé par un manque d'égard envers vous ou faute de compassion pour votre situation : je me pi^omettais tous les jours de recevoir la détermination prise à votre égard; et je crus qu'il valait mieux l'attendre , que de vous nourrir d'un espoir qui pourrait se trouver illusoire. Vous voudrez bien attribuer à la même cause, que j'ai détenu jusqu'à présent les lettres ci -incluses que j'ai eu environ quinze jours entre les mains.

Je ne saurais prendre congé de vous, Monsieur, sans vous assurer que, sous quelque point de vue qu'on considère la part que j'ai eu à cette affaire désagréable, je n'ai jamais été conduit durant tout son cours^

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