VI. AFF. DU CAPITAINE ANGL. ASGILL
par des motifs sanguinaires, mais par ce cpie je crois être un sentiment de mon devoir, cpii m'appelait liaulement à prendre des mesures, quelcjue fâcheuses qu'elles fussent, pour empêcher la rcpctilion des excès énormes rpii ont fait l'objet de la discussion; et que cette fin ])araisse devoir se remplir sans répandre le sang d'une personne innocente, ce n'est pas pour vous un plus grand sujet de joie que pour celui qui a riionncnr d'être etc.
G. Washington.
CAUSE SEPTIEME
Différend s urvemi en 1782, entre les cours à Esjjagne et de Danemarli^ au sujet de la corvette LE Si\ Jean, conduite à Cadix, comme suspecte d'avoir abusé du pavillon militaire.
JLja corvette danoise le St. Jean^ commandée par le capitaine Herbst, partit le 1 Février 1782, duSund, se trouva le 25 du même mois, à la hauteur du cap Sparte], où elle fut accueillie d'un si gros temps, qu'elle fut obligée, tant par la difficulté de passer le détroit pendant un orage, que par un article exprès des instructions qu'avait reçues le capitaine, qui portaient „de ne point tenter le passage du „ détroit, sans pouvoir serrer la côte d'Afrique d'as- „scz près pour ne point causer d'ombrage à l'es- „ cadre du blocus de la place de Gibraltar", de s'arrêter deux jours dans ces parages.
Soit par ménagement pour la cour d'Espagne soit par la force des vents, la corvette se trouva le 27 Février, dans le golfe de Larraclie, lorsque le
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capitaine Herbst apperçut en y entrant, une escadre espagnole de douze vaisseaux de différentes forces, qui l'environnait. Deux vaisseaux de ligne, une frégate et un cliebec montrèrent leur pavillon et lui tirèrent un coup de canon; surquoi la corvette mit en panne.
Ces quatre vaisseaux ayant entouré le St. Jean^ le brigadier espagnol Solafranca, envoya un officier à bord de la corvette, pour connaître d'où elle venait et pour où elle était destinée, et avec ordre de se faire montrer les papiers du capitaine. Celui-ci lui fit répondre „ qu'il venait de Copenhague, qu'il „ allait à la Méditerranée, et qu'étant armé en guerre „il n'avait point d'autres papiers à bord que ses or- „dres." L'officier es^iagnol revint immédiatement après avec un nouvel ordre de son commandant, portant, que le capitaine danois avait à se rendre lui - même avec ses papiers à bord du vaisseau espagnol,» vu que le commandant voulait faire visiter la corvette. Le capitaine Herbst répondit, „ qu'il „ n'abandonnerait point son vaisseau sans y être „ obligé par la force" et assura de nouveau qu'il n'avait point d'autres papiers que ses ordres.
Le lieutenant de la corvette danoise Conradt, qui fut envoyé par le capitaine pour s'expliquer avec le commandant, revint bientôt avec un officier espagnol,' qui dçclara de nouveau au capitaine, que son commandant insistait positivement à visiter son bâtiment, conformément aux ordres particuliers qu'il avait reçus à l'égard de ce bâtiment, qui,
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quoique monté par des officiers de la marine royale, n'était cependant qu'un bâtiment marchand ; que cependant il se contenterait, s'il voulait le suivre avec son bâtiment à Cadix; mais que dans le cas qu'il s'y refusait, il enverrait des troupes à son bord pour l'y obliger de force (^). Le capitaine Herbst, pour convaincre le commandant Solafranca, qu'il était véritablement armé en guerre, envoya alors ses ordres originaux, et assura sur sa parole d'honneur, „ qu'il n'avait rien à bord qui, par sa destination, „ était contraire aux traités; qu'à aucun prix il ne „ laisserait visiter son vaisseau; qu'il ignorait qu'il „y eût guerre entre son souverain et le roi d'Es- „ pagne; mais que si c'était là le cas, il était prêt „à amener devant une force aussi supérieure, et „à envoyer son épée au commandant, après avoir
(1) La forme de ces sortes de visites de bàtimens marchands neutres, est de'termîne'e par des traîte's et par l'usage ge'iie'ral qui y est conforme; et il n"'est point permis, ni aux vaisseaux de guerre ni aux armateurs , de s'en e'carter. Voici en quoi consiste cet usage : le bâtiment de guerre doit se tenir hors de la porte'e du canon du bâtiment neutre, il lui fait la semonce avec un coup de canon à poudre; celui-ci doit mettre en panne, si-non il s'expose à recevoir une seconde semonce à boulet, lorsqu'il s'est arrête', le commandant du bâtiment de guerre envoie deux ou trois hommes pour visiter les papiers de mer; s'ils sont en règle, c'est à dire s'ils justifient la proprie'te' neutre du bâtiment et des marchandises, il est de'fendu de le visiter; la visite n'en est autorise'e qu'en cas de soupçon bien fonde' de fraude; et en cas de contestation, ce soupçon doit être justifie'. Ce droit de visiter ne porte jamais sur le bâtiment de guerre, attendu que celui-ci n'est point prësuraë et ne peut être présume' faire le commerce.
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„vijidé son artillerie à l'honneur du pavillon royal „ qu'il portait."
Peu satisfait de cette déclaration, le commandant espagnol fit signifier au capitaine Herbst, qu'il le coulerait bas s'il tirait un seul coup de fusil; que l'aniitié subsistante entre les deux cours il ne pouvait point accepter l'offre qu'il lui avait faite de lui envoyer son ëpée; mais que s'il voulait le suivre à Cadix on y procéderait à la reconnaissance de ses ordres en présence du consul de Danemark et du commandant en chef de l'escadre espagnole ; ajoutant, que si ses ordres se trouvaient en règle, il serait libre de continuer sa route.
La supériorité des forces espagnoles, non moins que la promesse formelle du commandant, que le pavillon de S. M. Danoise serait respecté, déterminèrent le capitaine Herbst à céder, et à se rendre à cette dernière sommation. 11 arriva avec sa corvette^ conjointement avec les deux vaisseaux de guerre espagnols, à Cadix, le 1 Mars, où on jeta d'abord l'ancre au-dehors de la baye.
Lorsque le lendemain au matin la corvette remonta la baye, une chaloupe, montée d'un détachement de soldats espagnols et d'un officier à leur tète, se présenta au capitaine Herbst et lui déclara qu'il avait ordre de passer avec sa troupe à son bord. Aussitôt le capitaine danois fît placer son équipage sur le pont de son vaisseau l'arme bhmche à la main; ce qui engagea la chaloupe espagnole à se contenter à le suivre et à jetter l'ancre
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à sa proue, avec défense de communiquer avec personne ou de quitter le vaisseau sans permission expresse du commandant de l'escadre.
Le même jour le major -général de l'escadre espagnole se rendit à bord du St. Jean^ et notifia au capitaine Herbst „qu'on avait déjà sçu son arri- „vée depuis trois semaines; que le vaisseau n'ap- „partenait point au roi^ mais à une compagnie mar- „cliande; qu'il était destiné pour Alger; que lui- „même, le capitaine et son second, étaient à la „ vérité des officiers de la marine royale mais qu'ils „ n'étaient mis à bord du vaisseau, que pour y ar- „borer le pavillon royal ; qu'il était suspect pour la „ portée inférieure de son bâtiment, et le nombre „ borné de son équipage, qui ne lui permettait pas „de passer poiu: bâtiment de guerre (^). "
Le capitaine danois répondit „que le bâtiment „ appartenait au roi, pour l'expédition actuelle, „ ainsi que la cargaison; que le bâtiment était assez „ grand pour se défendre contre toute autre de force „ égale; qu'il venait de Copenhague et qu'il allait
(1) Dans quelques feuilles publiques de ce temps, qui rendaient compte de cet eVènement, il était dit, que cef.te coi-vette monte'e de 14 canons et 53 hommes d'e'quipage, e'tait à la ve'rite' commandée par deux officiers de la marine royale, mais qu'ils n'avaient point de concession du roi 5 et simplement des instructions particulières des armateurs du bâtiment qui appartenait à la compagnie de Groenlande. D'autres feuilles disaient, que le bâtiment le St. Jean appartenant à la compagnie de commerce de la Baltique et de Guinée, avait e'te' conduit à Cadix comme suspect d'avoir voulu jetter dans Gibraltar sa cargaison, consistant en munitions de guerre.