‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 9 sur 123 · I. AFFAIIIE DE M. DE PHÉLIPPEAUX · texte numérisé non relu

I. AFFAIIIE DE M. DE PHÉLIPPEAUX

vint (lire la messe tous les dinianclies et les jours de fête, avec la précaution cependant, que le marquis d'Aix et les autres olïiciers de garde le recevaient à l'entrée de l'hôtel, au milieu desquels il marchait à Pautel, et le reconduisirent de même jusques dans la rue.

En dix jours de temps les prisons de Turin et des autres villes de Piémont furent rempHes de Français, parmi lesquels il y avait onze courriers, qu'on avait pris allant à Rome et aux autres cours d'Italie ou à l'armée. Le premier des courriers qui fut arrêté à Turin, était un valet du marquis de Torcy, secrétaire d'état, qui portait des dépêches au cardinal de Janson, dans lesquelles il y en avait pour le pape, mais qui ne furent pas mieux respectées. Dès que l'ambassadeur en eut reçu avis, il pria, mais inutilement, qu'on transférât ce courrier dans son hôtel, y étant gardé aussi sûrement que tous ses autres gens.

La cour de Turin s'apercevant du mauvais effet que fit sur leshabitans la présence du comte d'Auersberg, qui avait paru publiquement pendant quatre jours dans la ville, et qui avait même assisté deux fois au cercle de Madame Royale, le fît cacher de nouveau.

Le duc de Savoye envoya des ministres aux cours de ses nouveaux alliés, avec ordre d'y presser l'envoi des secours d'hommes et d'argent qu'on lui avait fait espérer pour le soutenir dans le parti qu'il venait d'embrasser. Le comte Tarigny partit pour Vienne^ le marquis del Borges pour la Hollande et

l'Angleterre, M. Mellarede pour la Suisse, et le comte Picon pour Lucerne.

Le duc écrivit une lettre circulaire à chacun des ministres des vallées Vaudoises, pour exciter les liabitans à la vengeance pour l'outrage que l'on venait de faire à la patrie, leur promettant des marques de sa satisfaction en reconnaissance des bons services qu'ils lui rendraient; et leur accordant d'avance une liberté entière de conscience dans tous ses états. Ces lettres étaient accompagnées d'une déclaration en forme de lettre, dont voici la teneur.

Déclaration adressée par le duc de Savoije aux habUans

des vallées.

Le duc de Savoye, roi de Cliypre etc.

CLers et bien amés, la violence inouïe que la France vient d'exercer contre la bonne foi des traités et le droit des gens, en faisant désarmer nos troupes qui étaient dans Je Milanais à son service, en faisant retenir nos officiers prisonniers, et en faisant marcher un corps de trouves pour envahir nos états, croyant de \gs prendre par là dépourvus de tous les moyens de résister à une invasion si précipitée et imprévue, nous oblige de prendre toutes les mesures que la prudence et la nécessité exigent pour les défendre. ]N ous vous le faisons savoir, étant persuadé que le même motif qui vous a porté à nous faire connaître dans toutes \qs occasions des guerres passées, votre fidélité et votre zèle, vous inspirera à ne nous en donner pas moins de marques dans celle-ci qui est beaucoup plus importante; vous devez à cette fin sans perte de temps, former vos compagnies, ainsi que vous avez fait dans la dernière guerre, et accepter tous les réfugiés français qui viendront se jeter dans les vallées, et les convier même à s'y rendre

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