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Manifeste de S, A. S. le prince Charles de Hesse;
dw 28 Mars 1801.*)
Les mesures aussi arbitraires que violentes, prises par le gouvernement anglais, au mépris de tous les principes du droit des gens, contre la navigation et le commerce des puissances alliées pour la garantie et le maintien des droits des pavillons neutres , n'ayant point encore été révoquées, malgré les plus instantes représentations ; lesdites puissances se voient dans la désagréable nécessité de prendre de leur côté, tous les arrangements propres à rappeler ce gouvernemenf à des mesures plus équitables.
Comme le moyen qui a paru le plus efficace pour atteindre ce but, est d'empêcher la navigation et le commerce anglais sur FElbe, et qu'à cet effet, l'occupation de la ville libre et impériale de Hambourg est absolument nécessaire, S. M. danoise, en regrettant d'être obligée d'ordonner une pareille mesure, a dû céder à Fempire des circonstances, et m'a chargé en conséquence, de Fexécuter avec les troupes confiées à mon commandement.
Conformément aux ordres qui m'ont été donnés, je veillerai avec sollicitude à ce que les troupes qui entreront dans la ville, y observent pendant leur séjour, la discipline la plus
4) La bourgeoisie voulut faire résistance, et ce ne fut qu*avec beaucoup de peine que le sénat obtint qu'on cédât à la force. 2) Traduit de FAllemand.
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sévère, et que les habitants non -seulement ne soient point troublés, ni inquiétés dans leurs professions, ni dans Texercice de leurs droits, mais qu'ils soient même protégés de la manière la plus énergique. J'espère d'un autre côté, que chacun se comportera paisiblement et amicalement envers les troupes que je commande, et que personne ne s'exposera aux mesures de rigueur que nécessiterait une conduite opposée. Pinneberg, le 28 Mars 1801.
Charles, prince de Hesse.
L'occupation des remparts de la ville de Hambourg qui s'effectua le 29 Mars^), fut suivie d'un embargo mis sur tous les navires destinés pour TAngleterre, et la saisie de toutes les propriétés anglaises, qui se trouvaient à Hambourg.^) Le 5 Avril un autre corps de 3000 Danois occupa Lubeck.
Pendant que les troupes danoises s'assurèrent ainsi des embouchures de l'Elbe et de la Trave, les troupes prussiennes se mirent en marche pour occuper le pays de Hanovre. Le comte de Schulenbourg , général de cavalerie et ministre de la guerre et de cabinet du roi de Prusse, remit au ministère de Hanovre une déclaration de S. M., datée du 30 Mars, qui portait que, considérant que pendant toute la durée de la guerre, la Grande-Bretagne avait exercé des violences inouïes contre le comnterce et la navigation des neutres ; qu'en mettant un embargo sur les navires des puissances maritimes du Nord, elle avait commencé les hostilités; que n ayant pas répondu à la note du 1 2 Février ; qu'ayant
4) Pour travailler plus efficacement à la ruine du commerce des Anglais sur TElbe, on eut recours au moyen cruel, d'ôter non-seulement les balises dans FEIbe, entre Cuxhaven et Glûckstadt, mais encore d'éteindre le fanal de Helgoland et autres, dont toutefois Finutilité a été constatée plus tard.
2) Le gouvernement anglais fut assez juste pour ne pas user de représailles envers les Hambourgeois qui étaient innocents de ces actes violents.
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rappelé ses agents de Copenhague, après que le Danemarck eut déclaré qu'il n'entamerait pas des négociations particulières ; vu enfin qu'une flotte anglaise , destinée pour la Baltique, était arrivée sur les côtes de Danemarck, le roi, pour défendre Falliance contre les attaques dirigées contre elle, se voyait dans le cas , non-seulement de fermer les boudbetf'lte l'Elbe , du Weser et de TEms , mais aussi d'occuper tous les états d'Allemagne de S. M# britannique. En conséquence de cette déclaration, le ministère de Hanovre conclut, le 3 Avril, une convention avec le comte de Schulenbourg, dans laquelle le gouvernement s'engagea à congédier une partie des troupes hanovriennes ; à assigner aux autres des cantonnements, où elles devaient se retirer ; et à exiger des chefs militaires, l'engagement par écrit, non-seulement de ne point servir contre le roi de Prusse, mais même d'obéir à ses ordres. L'autorité civile dut pareillementlf promettre, non-seulement de ne rien entreprendre qui soit préjudiciable aux intérêts de S. M. prussienne, mais de suivre encore en tout ponctuellement ses ordres.
Dès le lendemain, 4 Avril 1 801, un corps de 24,000 Prussiens, commandé par le général Kleist, entrèrent dans l'électorat ^) , et y furent entretenus aux frais du pays.^)
Cependant la guerre avait commencé dès le 1 8 Mars 1 801 . Une flotte anglaise , commandée par l'amiral Hyde-Parker et le vice-amiral Nelson, forte de dix -huit vaisseaux de ligne,
4) Le 42 Avril les troupes prussiennes prirent aussi possession de la ville de Brème et de son territoire.
2) On a plusieurs fois prétendu que celte occupation avait été con-i certée avec le cabinet de Londres, afin d*empêcher que Télectorat ne fût occupé par des troupes françaises, ou par des Russes, prisonniers en France, et que Bonaparte, pour s'assurer de plus en plus Taffection de Tempereur Paul 1, renvoyait dans leurs foyers, en leur faisant traverser FAllemagne. Ce qui est certain, c'est que même après cette oc-^ cupation du pays de Hanovre, le gouvernement anglais ne mit point d'embargo sur les bâtiments prussiens, ni celui de la Prusse sur ceux de l'Angleterre.
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quatre frégates et trente bombardes ou chaloupes cannoniëres, en tout cinquante-deux voiles , était sortie de Yarmouth pour naviguer vers la Nord. Le 20 Mars, elle était entrée dans le Catégat et avait mouillé auprès de Ttle d*Anholt. Pour atténuer en quelque sorte par quelques formes d'une négociation préalable , l'odieux d'une agression , le gouvernement britannique envoya à Copenhague M. Yansittart, qui de concert avec M. Drummond, Chargé d'affaires anglais, devait engager le ministère danois à renoncer à sa liaison avec la Russie.^) Les efforts que firent ces diplomates pour ébranler la constance du cabinet danois, ayant été inutiles, ils repartirent le 2 1 , et se retirèrent vers la flotte anglaise qui s'approchait du Sund. L'entrevue qui eut lieu entre le prince royal de Danemarck ^) et le roi de Suède , pour se concerter avec lui sur les moyens de fermer le Sund aux Anglais, n'eut que peu de résultat du côté dejfsette dernière puissance.^)
Après que la flotte anglaise eût quitté le 23, l'Ile d'Anholt, et fut arrivée le 28 Mars près de Cronenbourg, l'amiral Parker envoya au colonel Stricker, commandant de Cronenbourg, un ofi&cier pariemen taire chargé d'une lettre dans laquelle il était dit : « La conduite hostile du Danemarck et le » renvoi de M. Drummond , Chargé d'affaires de S. M. britan- » nique, me forcent à vous demander, si je puis avec ma
4) On n'avait pas négligé en Danemarck les mesures de défense. Le 49 Janvier, le roi avait ordonné une levée extraordinaire composée de tous les hommes âgés de moins de 45 ans, qui avaient fait la guerre ou qui d'après les lois, y étaient engagés. Aussi toute la nation danoise répondit avec enUiousiasme à l'appel de son souverain.
2) L'état de maladie dans laquelle se trouvait alors S. M. danoise, rendait le prince royal alors dépositaire du souverain pouvoir.
3) Les propositions faites en cette occasion de la part du gouvCTnement britannique n'ont point été portées à la connaissance du public. M. DE Schmidt-Phiseldeck, dans son ouvrage semi- officiel, se borna à dire que ces propositions étaient d'une nature et faites dans un ton si catégorique, que ni la bonne foi due à des engagements contractés, ni la dignité d'un gouvernement indépendant ne permettaient de les discuter.
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T» flotte passer librement et sans obstacle devant la forteresse » de Cronenbourg. Je déclare en même temps que je consi- » dérerai comme une déclaration de guerre Te premier coup » de canon , qui sera tiré sur moi. » Le commandant Stricker répondit : « que, ne connaissant pas le but que se proposait r> Famiral anglais , en voulant passer le Sund avec une flotte » si considérable, il ne pouvait lui en permettre le passage ; » mais que cependant il demanderait de nouveaux ordres à » Copenhague. »^)
Ces mesures violentes non moins que le refus constant du cabinet de Londres de lever Tembargo mis sur les vaisseaux danois, déterminèrent enfin la cour de Copenhague à rompre toute communication avec cette puissance, et à prononcer par une ordonnance du 29 Mars, uo embargo général sur tous les vaisseaux et bâtiments anglais qui se trouvaient dans les ports du Danemarck. 9
Ces représailles furent bientôt suivis d'hostilités effectives. Malgré le feu soutenu de la forteresse de Cronenbourg, la flotte anglaise, protégée par ses bombardes, longeant aussi près que possible les côtes de la Suède, où Ton ne fit rien pour Fempécher, força le 30 Mars, le passage du Sund, et arriva vers la fin du jour devant Copenhague. ^)
4) Le colonel Stricker ayant sur-le-champ envoyé un courrier à Copenhague reçut dans la même nuit (29) Tordre le plus précis de s'opposer au passage de la flotte anglaise ; il communiqua aussitôt cet ordre à Tamiral Parker, qui répondit, que les hostilités allaient commencer.
2) C'était cependant entre ses mains qife se trouvait véritablement la clef du Sund. Comme il était reconnu que les batteries du château danois de Cronenbourg ne suffisaient pas pour atteindre et encore moins pour arrêter une flotte ennemie, la largeur du Sund étant de deux mille sept cents toises, dans le point même le plus resserré, et le canal ayant surtout plus de profondeur du côté de la Suéde, c'était essentiellement sur la côte suédoise, au dessus d'Helsingborg, qu'il eût été nécessaire d'élever de redoutables batteries, dont le feu eut écrasé les vaisseaux anglais dans ce dangereux passage. Le motif de cette conduite de la Suéde est enveloppé dans les mystères de la poHtique. 11 parait que Gustave IV Adolph avait pendant son séjour à Saint-Pétersbourg, parié
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Ce fut le 2 Avril 1804 , que Ton vit s'engager entre la division de la flotte anglaise, sous les ordres du vice-amiral Nelson et celle de S. M. danoise commandée par Olfart Fischer, cette bataille sanglante et mémorable, dans laquelle la marine danoise se couvrit de gloire, et qui après quatre heures de combat, termina en Europe la guerre entre les deux puissances. La victoire resta à lamiral anglais ; mais elle fut achetée par une perte considérable. "*)
Des le 3 Avril, on ouvrit des négociations pour un armistice. L'amiral Parker renouvela les propositions que M. Yansittart avait faites quelques jours auparavant. II offrit de plus au Danemarck une alliance défensive et un secours de vingt vaisseaux de guerre, à condition que cette puissance entretiendrait dix vaisseaux de guerre dans la Baltique. La loyauté du cabinet de Copenhague ne lui ayant pas permis de contracter un pareil en|iBigement, l'amiral anglais lui laissa le choix entre une alliance défensive et un désarmement, et se relâcha finalement jusqu*à accorder que le Danemarck, sans désarmer, cesserait seulement d'armer, et que la convention du 16 Décembre 1800, fût déclarée suspendue. Ce fut sur ces bases que les commissaii*es respectifs, nommés pour cette négociation^), conclurent le 9 Avril 1801, à bord du vaisseau amiral anglais dans la rade de Copenhague , une convention par laquelle il fut stipulé, que les vaisseaux armés de S. M. danoise resteront dans leur état actuel relativement
de sa prétention de rentrer dans la jouissance de la moitié des péages du Sund, auxquels la Suéde avait anciennement participé; et pour ne pas être dans le cas de discuter cette prétention, il avait été convenu qu'il ne prendrait aucune part à la défense de ce passage.
i) Les Anglais avouaient eux-mêmes qu'ils avaient eu neuf cent quarante-trois hommes de tués ou blessés, et plusieurs vaisseaux avaient été mis dans un si mauvais état, qu'il fallut les renvoyer en Angleterre.
2) Pour l'amiral Hyde-Parker, le vice-amiral Nelson et le lieutenantcolonel William Stewart; au nom du roi de Danemarck, le générai-major Waltersdorf et adjudant général Lindholm.
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h leur armement, équipement et position hostile ; que le traité communément connu sous la dénomination de traité de neutralité armée, sera, autant que cela regarde la coopération duDanemarck, suspendu aussi longtemps que Tarmistice restera en force ; qu*aucun vaisseau anglais ne s'approdiera, à la portée du canon, des vaisseaux armés ou forts danois dans la rade de Copenhague ; et qu'enfin la durée de Farmistice sera de quatorze semaines.^)
La cour de Copenhague, pour instruire le public de la substance des négociations qui précédèrent cet armistice, fit publier Tarticle ci-après , dans la gazette de la cour: