PEMPHIGUS
Mortalité.
Pendant Îa période allant de 1928 à 1938 — sur un total de 830 morts dans les services de dermatosyphiligraphie de l'Hôpital Saint-Louis — nous avons trouvé 76 décès à la suite du pemphigus — ce qui équivaut à un pourcentage de 9,15 % sur la mortalité totale.
En six ans — sur un total de 85 entrants dans les services de Saint-Louis avec le diagnostic précis de pemphigus — 5r sont morts, c’est-à-dire une mortalité de 60 %.
Dans le seul service de M. Touraine, pendant ces six dernières années, sur 11 malades, nous avons enregistré 6 décès, c’est-à-dire une mortalité de 54,5 %.
Dans les statistiques que nous avons établies, il a été difficile de faire la part de chaque variété de pemphigus, la plupart des observations que nous avons consultées se contentant de signaler l’ensemble des formes cliniques dans la seule expression de pemphigus.
Alibekow a analysé les archives cliniques des quarante dernières années du Premier Institut de
SN RC
Médecine de Moscou. Sur les 36 cas de pemphigus observés pendant ce laps de temps, 16 se sont terminés par la mort.
Il trouve le chiffre de la mortalité chez les femmes beaucoup plus élevé que chez les hommes. C'est ainsi que sur les 16 observations de malades décédés à la suite du pemphigus, il y avait 2 hommes et 14 femmes dont l'issue fatale est arrivée dans un délai de 2 mois à 2 ans après le début de l'affection.
Quant à Speierer de Münich, il trouve une mortalité générale de 5o % chez l’homme et 48 % chez la femme.
La mortalité n’est pas la même pour toutes les formes cliniques de pemphigus.
C’est ainsi que dans le pemphigus aigu fébrile grave, sur 23 cas collectés par Brocq, on note 17 morts (84 %) en 6 à 26 jours, contre 6 guérisons. Parmi les cas qui guérirent un certain nombre seraient rentrés dans un autre cadre d’affections, ce qui augmente encore la mortalité.
De même le pemphigus subaigu malin à bulles extensives de Brocq a un pronostic très sombre. Sur les 12 cas rapportés par Brocq, 6 se sont terminés rapidement par la mort.
En général, la mort est la règle, parfois rapide ; cependant Pautrier a insisté sur quelques cas bénins et curables.
Dans le pemphigus végétant, l’évolution est longue et traînante et elle aboutit après des mois à une issue fatale.