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CAUSES ET PRÉVENTION UE LA CÉCITÉ

affections de la choroïde et du corps ciliaire, qui ne se manifestent que par un trouble léger du corps vitré, pourraient probablement être souvent observées si on cherchait à les découvrir. Reich (1) a examiné 767 malades atteints de fièvre typhoïde, la plupart convalescents. 11 a constaté 40 fois des troubles du corps vitré.

Heureusement, les yeux ne sont sérieusement compromis, au point de vue de la vision, que dans des cas extrêmement rares de cette maladie.

Il y a des cas de cécité, par irido-choroïdite, après le typhus, la variole, la scarlatine et les attaques de rhumatisme articulaire aigu. Il convient de mentionner aussi particulièrement, comme cause de maladie des yeux, la fièvre récurrente; cette forme de typhus, qui sévit principalement, dans les années de disette, sur la population pauvre, se complique tantôt fréquemment, tantôt rarement, d'une affection du tractus uvéal. Knipjnng (2) a trouvé dans une épidémie, à Dantzig,3,8 "/„ de malades atteints de complications du côté des yeux.

Cependant la fréquence de ces complications varie, suivant les différentes épidémies. Plus elles sont graves, plus aussi sont fréquentes les complications oculaires. Elles portent principalement sur la section antérieure du tractus uvéal, par conséquent sur l'iris et le corps ciliaire.

La maladie affecte un cours très lent et il en reste souvent des traces accompagnées de troubles sérieux de la vision, pouvant aller, quoique rarement, jusqu'à une cécité complète.

(1) Zehender, KHnische MoJiatsbl, 1878, p. 487.

(2) Deutsches Archiv fiir Idin. Medicin, t. XXVI, p. 10, 1880.

Ainsi, Logetschniknff (I) a seulement constaté la cécité 3 fois sur 730 cas d'irido-choroïdile.

L'inflammation du tractus uvéal est beaucoup plus grave, dans les méningites cérébro-spinales. La forme épidémique ainsi que la forme sporadique se compliquent d'irido-choroïdile, qui, d'ordinaire, est de nature purulente et se termine par la phthisie du globe et la cécité complète. II est rare d'obtenir la guérison de cette maladie avec conservation d'un peu de vision. Cette maladie frappe surtout les enfants au-dessous de cinq ans. D'après Magims, la proportion est de J,4 ^j^ sur le nombre des aveugles.

La cho7-oïdite purulente métastatique ressemble entièrement à celle-ci. Des masses infectieuses, venues d'un foyer purulent, passent dans la circulation et s'arrêtent dans les vaisseaux de la choroïde (rarement dans ceux de la rétine), oi!i elles provoquent une inflammation purulente. Cette choroïdite doit, en somme, être considérée comme une des manifestations de la pyoliémie. Diverses maladies primaires peuvent occasionner cette affection, pourvu qu'elles produisent un foyer purulent. Ce dei'nier n'a pas besoin d'être étendu. On a même observé des choroïdites métastatiques des deux yeux, après une extraction de dent.

Les inflammations purulentes des organes sexuels de la femme paraissent présenter des conditions particulièrement favorables au développement de cette maladie, et peut-être est-ce à cause du grand nombre de veines qui s'y rencontrent, et dans lesquelles il se fait facilement des thromboses purulentes. Le plus souvent ce cas se présente

(1) V. Grœfes Archiv, XVI B., 1 Âblh., p. 353.

chez les femmes en couches; le plus grand nomhre des cas de choroïdite métastatique accompagnent les maladies puerpérales.

Celte maladie est plus fréquente qu'on ne le croit généralement. J'ai eu occasion de les observer assez souvent, dans les grandes maternités de Vienne. Comme ces malades sont frappés généralement gravement et meurent, on n'accorde que fort peu d'attention aux affections des yeux; l'oculiste est appelé rarement. L'œil frappé est totalement perdu. Les deux yeux sont souvent pris en même temps ; quelquefois, l'un après l'autre. Néanmoins le nombre des aveugles frappés ainsi est médiocre parce que fort peu survivent à cette grave maladie (tout à fait comme dans la méningite cérébro-spinale).

Toutes les affections du tractus uvéal que nous avons énumérées ne sont pas susceptibles d'une prophylaxie oculaire spéciale; si le malade se présente, il faut le traiter comme il convient dans chaque cas particulier; mais le plus souvent il n'est pas dans le pouvoir du médecin de détourner la marche de la maladie.

§ 28. ?)° Maladies du nerf optique. — Consécutivement aux maladies fébriles aiguës, on observe des cécités transitoires ou durables par affection du nerf optique et de ses origines centrales. Nous avons à nous occuper ici seulement des cécités définitives. C'est le plus souvent la névrite, v se terminant par atrophie, que l'examen ophthalmoscopique permet de constater, bien qu'il y ait des cas où l'atrophie survient sans qu'au début on ait pu constater une névrite appréciable.

De telles cécités sont le plus souvent méningitiques

(on les observe aussi dans les méningites cérébro-spinales épidémiques).

Les maladies de la rétine et du nerf optique, dans les méningites, ont été trouvées :

Par Âlbult , sur 38 cas de niéiiingile, 29 l'ois. l\ir Heinzel, sur il — 41 —

Par Bouclnil, sur 59 — 57 —

Les altérations notées furent généralement d'un caractère léger : hypérémie, ou faible inflammation de la rétine et du nerf optique, conduisant néanmoins dans quelques cas à la cécité. L'atrophie d u nerf optique s'observe aussi dans la rougeole, la scarlatine, la dyssenterie et principalement dans la fièvre typhoïde ; il est probable que, dans tous les cas, il y avait un degré plus ou moins prononcé de méningite.

Dans l'érysipèle de la face, on observe aussi la névrite optique avec cécité consécutive ; dans le tableau général de Magnus, sur deux mille cinq cent vingt-huit aveugles, il n'y a que deux cas observés. La névrite dans ce cas est causée par l'inflammation du tissu cellulaire de l'orbite ou par une complication d'érysipèle avec méningite.

Dans tous ces cas, la prophylaxie ne peut s'exercer que sur la maladie initiale et non point sur la névrite optique consécutive.

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