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CAUSES ET PIIÉVENTION DE LA CÉCITÉ

immédiatement la forme chronique et la propager (1). En tout cas, je suis partisan de l'identité des deux formes chroniques de rinflammation blennorrhéique des yeux. J'ose d'autant plus soutenir cette opinion ici, qu'au point de vue de la prophylaxie, il n'y a entre elles aucune différence à faire, et j'emploierai pour toutes les deux l'expression de trachome, pour la simple raison qu'elle est la plus courte.

§ 36. En général, on est d'accord pour reconnaître que les inflammations hlennorrhéiqiies de la conjonctive ne sont pas autochtones, mais résultent d'une contagion provenant soit du vagin, soit du canal uréthral, soit enfin d'une conjonctive atteinte elle-même d'inflammation gonorrhéiquc. Quant à la contagion, il est bon de faire les remarques suivantes :

La contaffioti peut être directe, par exemple lors de la projection du pus dans l'œil du médecin qui examine un •œii atteint d'ophthalmie purulente; mais il est bien plus fréquent de la voir se produire par l'intermédiaire des doigts, du linge de pansement, des éponges, etc.

2° Le dange?' est d'autant plus grand que la sécrétion est plus abondante et plus riche en pus. Un écoulement vaginal virulent de la mère fait courir à l'enfant un bien plus grand danger qu'un catarrhe simple à sécrétion muqueuse.

(1) Neisser, dans le pus goiiorrhéique, ainsi que dans la blennorvhée aiguë', a isolé des micrococcus (goaococcus) caractéristiques que Satller et Leber ont retrouvés dans la sécrélion trachomateuse. Salller les a trouvés aussi à l'intérieur des granulations. Des cultures de ces micro-organismes, inoculées, ont provoqué l'inflammation trachomateuse caractéristique de la conjonctive. Ceci parlerait en laveur de l'identité d'origine des formes blennorrhéiques aiguë et «hronique.

Les blennorrhéos aiguës sont beaucoup plus coalagieuses que les blennorrhées chroniques, et cela d'autant plus qu'il y a plus d'inflammation et de sécrétion.

Piri7iger a tenté des inoculations de pus provenant soit des parties génitales, soit d'yeux atteints de blennorrhée sur la conjonctive saine de personnes aveugles. Il fit en tout quatre-vingt-quatre inoculations, sur quarante-neuf individus. 11 constata que la sécrétion d'une blennorrhée aiguë légère dans le début, lorsque la sécrétion est claire comme de l'eau, n'expose pas à la contagion. 11 en est de même pour les blennorrhées chroniques, quand la sécrétion est limpide. Au contraire, celte contagion est sûre et violente lorsqu'on prend pour l'inoculation le pus bien formé d'une blennorrhée aiguë ou chronique.

' 3° La violence et la rapidité de la contagion dépendent de la provenance, de la quantité et aussi de l'état frais du pus inoculé. Si un œil atteint de blennorrhée aiguë en contamine un autre, celui-ci, dans la règle, est atteint aussi de blennorrhée aiguë, et cela au bout de quelques heures (six à huit) ; si l'œil infecté est atteint de trachome, l'œil contaminé par lui sera aussi atteint de trachome, la durée de l'incubation étant de soixante-douze heures, d'après Pirinrjer, et de sept jours et au delà peut-être, d'après Sattler.

Plus la matière est fraîche et plus violente est la contagion. Cette propriété se conserve environ trente-six heures quand la matière est desséchée sur du linge, et soixante heures si elle estconservée comme duvaccin. Dans les limites de ce terme, la virulence se conserve, quoique la matière inoculée provoque une inflammation d'autant moins intense qu'elle est plus ancienne. Le dessèchement aussi bien que

la dilution affaiblissent la virulence, ou même la détruisent totalement. En ce qui concerne la sécrétion d'une très violente blennorrhée aiguë, il faut pour cela une dilution dépassant le centième {Piringer).

4° La bénignité ou la violence de la contagion dépendent des conditions de l'œil contaminé : l'état catarrhal de de la conjonctive la favorise ; et même la conjonctive saine ne réagit pas toujours de la même façon, d'après les essais de Pirincjer.

L'air peut-il servir de véhicule à la contagion? cela n'est pas établi d'une façon irréfutable; on devrait toutefois admettre que la matière desséchée répandue dans l'air puisse contaminer la conjonctive.

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