CHAPITRE VIL
De l'hérédité.
La transmission de la phthisie, des scrofules, et d'une foule de maladies chroniques par voie de génération, est un fait démontré par l'expérience. On n'a point encore cherché comment ces affections peuvent se transmettre; tout ce qui tient a l'organisation des êtres est couvert d'un voile impéné-
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trahie, et on ne peut procéder à l'examen de l'importante question de l'hérédité des maladies que par voie de conjecture. Tout annonce que, dans ce cas, les liquides qui doivent former les organes de l'embryon sont altérés dans leur constitution moléculaire. Le sang et les autres liquides sont donc aussi altérés; ils contiennent les éléments chimiques qui doivent un jour former les tubercules par leur agglomération, si les individus, après leur naissance, sont soumis aux causes générales que j'ai indiquées, et aux causes spéciales dont je n'ai point parlé.
On peut ranger dans trois groupes les sujets disposés héréditairement à la phthisie : les uns reçoivent la constitution lymphatique de leurs parents, les autres la diathèse ou la cachexie tuberculeuse, et d'autres enfin offrent à la fois le tempérament lymphatique , la cachexie et des tubercules qu'ils apportent en naissant. Hâtons-nous de le dire, les derniers seuls sont exposés à une mort presque inévitable par suite de l'altération des poumons. Quant à ceux qui n'ont reçu de leurs parents qu'une constitution lymphatique, et dont Je sang; et les liquides sont atteints d'une altération dont je vais bientôt chercher à apprécier la nature, ils peuvent se soustraire au sort qui attend les premiers; mais alors ils doivent être placés dans des conditions propres à combattre activement cette fâcheuse disposition.
L'observation montre que les individus qui offrent des tubercules à leur naissance sont très-peu
nombreux, et que ces corps inorganiques se forment généralement après cette époque. Tout le monde sait que les tubercules sont les causes matérielles de la pbtbisie pulmonaire, dans la généralité des cas; qu'ils sont formés d'une substance d'un blanc jaunâtre dont la consistance est variable, et que leur présence dans le tissu du poumon ou dans celui des autres organes est une cause permanente d'irritation. Ils se forment nécessairement des éléments organico-cbimiques qui sont en excès dans le sang. Ces éléments sont introduits dans l'économie par voie de génération 9 ou ils sont refoulés dans le torrent de la circulation par l'action des causes extérieures, ainsi que je l'ai démontré. Cette disposition morbide constitue ce que l'on appelle la cachexie tuberculeuse.
M. Guyot a fait quatre cents autopsies d'enfants nouveau -nés sans rencontrer de tubercules dans les poumons. Suivant Billard et M. Baron, ces produits organiques sont rares dans les premiers mois de la vie extra-utérine. C'est vers l'époque de la première dentition , surtout lorsqu'elle détermine un dérangement dans les fonctions; c'est surtout de quatre h sept ans qu'ils se multiplient. On voit encore augmenter la disposition à la formation des tubercules de douze à treize ans; c'est-àdire à une époque de la vie où les études sérieuses sont considérées comme indispensables. Si l'on prend en considération les faits qui forment la base de In première partie de ce travail, on se convaincra des dangers de ces études pour les en-»
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fants prédisposés aux scrofules et à laphîhisie, et on verra la nécessité de suivre la voie qui sera indiquée , pour conserver la santé et la vie de ces enfants.
Le tableau suivant, dressé par M. Papavoine, montre la fréquence des tubercules dans le jeune âge.
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