‹ Causes générales des maladies chroniquesChapitre 20 sur 59 · NOUVEAUX RÉSULTATS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX RÉSULTATS

Le but de mes expériences est donc de reproduire artificiellement les maladies, en employant les éléments mêmes du sang, qui se trouvent en plus ou en moins dans ces affections; pour obtenir ce résultat, il faut les employer successivement, à des doses variées, en commençant par les plus faibles; il faut ensuite augmenter ces doses d'une manière graduée, afin de produire les plus grandes perturbations. En même temps, l'analyse chimique et la microscopie constatent les changements qui s'opèrent dans 1 état du sang, dans les produits des sécrétions et dans Tu ri ne.

En employant la transfusion, d'après cette méthode, et non d'après les procédés grossiers suivis de nos jours, on jettera une vive clarté sur les causes des maladies, et on pourra ensuite les combattre par la méthode directe : les agents qui doivent modifier la composition anormale du sang, changer l'ordre des affinités organiques dans les maladies les plus graves, ne seront plus empiriquement introduits dans l'estomac. Déjà arrivé au déclin delà vie, dégoûté par des intrigues qui privent les hommes les plus honorables du fruit de leurs travaux; d'ailleurs privé des moyens qui seraient nécessaires pour obtenir de grands résultats, je me borne à poser quelques jalons sur la voie qu'il faut suivre, dans l'intérêt de la science et de l'humanité. D'autres, plus heureux que moi, obtiendront, j'en ai l'intime conviction, des succès inattendus et feront, dans cette voie, les plus importantes découvertes»

Ces expériences sont en outre destinées à cimenter l'alliance de la médecine humaine et de la médecine des animaux; déjà, à une autre époque, j'ai montré la nécessité de cette alliance; j'ai indiqué les immenses avantages de la méthode directe dans le traitement des maladies de l'homme et des animaux, déterminées par l'altération du sang; déjà j'ai prouvé toute l'utilité d'une chaire de médecine comparée et expérimentale dans les Facultés de médecine et dans les écoles vétérinaires. Les deux parties d'une même science ne peuvent rester isolées dans renseignement , car elles se prêtent un mutuel appui; elles doivent être éclairées du flambeau de l'anatomie pathologique, de la chimie et de la thérapeutique comparées, La haute utilité de cet enseignement sera reconnue des hommes éminents qui dirigent l'instruction et les travaux publics; il faut espérer* qu'ils défendront les grands intérêts de la science et de l'humanité contre les efforts des hommes peu éclairés qui veulent, à tout prix, rester dans le cercle que l'on a tracé autour d'eux. Depuis plus de vingt siècles, on a recueilli les avantages précieux de l'observation; maintenant la méthode expérimentale doit féconder ces résultats; on doit enfin réaliser là pensée de \ icq d'Azyr, en réunissant, dans l'enseignement, les deux branches séparées d'une même science. 11 est des institutions d'un ordre secondaire, qui ne peuvent exercer aucune influence réelle sur les progrès de l'hygiène et de la médecine '; mais l'alliance que je

1 Déjà, depuis longtemps, on a fondé de* chaires dduatomie, de

propose doit exercer, sous ce rapport , une influence profonde et durable, qui ne peut être méconnue que par ceux qui sont entièrement étrangers i\ ces sciences : sans cette alliance, la méthode directe, la transfusion des médicaments dans les veines, doit rester ce qu'elle est et ce qu'elle était au temps de François de le Boé Sylvius et de Ramazzini. Les hommes et les animaux domestiques, frappés des maladies du sang les plus graves, doivent succomber sous l'empire d'un traitement dont l'inutilité et les dangers sont connus des médecins et des vétérinaires les plus éclairés.

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