DE LA PHTHISIK PULMONAIRE
sauraient en arrêter les développements. La méthode dite altérante^ généralement employée, bien qu'offrant de puissants auxiliaires, est généralement inefficace.
Des médecins modernes, suivant la mauvaise direction imprimée au traitement delà phthisie, ont souvent fait usage des émanations du chlore pour la combattre. Les judicieuses observations consignées dans un mémoire de MM. Raciborski et Henrôz, rapportées également par M. Louis, prouvent jusqu'à l'évidence que M. Cottereau n'a traité par les fumigations que des bronchites, des pneumonies chroniques, et non des phthisies. Les inutiles essais, tentés sous ce rapport en Angleterre , ont confirmé l'opinion de ces médecins. Ces remarques peuvent s'appliquer aussi aux fumigations de différentes natures dirigées dans les voies pulmonaires. Le fait est que la nature, abandonnée à elle-même, guérit une foule d'affections peu profondes sans le concours d'une médecine agissante.
Ail reste, l'emploi curatif de l'inhalation des substances résineuses et balsamiques dans les maladies pulmonaires n'est pas nouveau. Il était en usage du temps de Galien et de Rhazès; M. James Clark rappelle que ces fumigations ont été particulièrement conseillées en Angleterre par Bennel et par Mead : mais elles sont aujourd'hui tombées en désuétude par suite des revers éprouvés. Quelques praticiens, encouragés par les assertions de sir Alexandre Chrichton et de Mudge,ont essayé,
sans plus de succès, des fumigations avec la vapeur du goudron. Mudge avait attribué la rareté de la phlhisie, dans les voyages maritimes, à l'introduction d'un air imprégné des parties volatiles des substances résineuses employées dans les navires. Cette erreur peut être mise sur la même ligne que celle de notre grand Laënnec qui, à son tour, voyait la cause de cette rareté sur le littoral de la Bretagne, dans les émanations des plantes marines! Singulières rêveries des cerveaux les plus lucides! Autant valait attribuer le petit nombre de cas de phlhisie remarqués parmi les batteurs en grange, dans les climats salubres, à l'atmosphère de poussière qui les environne et qu'ils respirent. On pourrait encore, de ce point de départ, rapporter le même phénomène, observé dans les houillères, au dégagement des gaz, aux poussières noires qui s'introduisent dans le tissu même des poumons. Une fois dans la voie de l'erreur, pourquoi n'iraiton pas jusqu'à l'absurde? Il faut, dit Descartes, marcher en ligne droite lorsque l'on est dans les ténèbres.
Il est donc bien prouvé que jusqu'à présenties médecins ont méconnu l'origine des tubercules et le mécanisme au moyen duquel ils se forment. Us ont étudié l'impression irritante des poussières de diverses natures dans les voies bronchiques, sans s'arrêter aux effets physiologiques du travail corporel chez les mineurs, les batteurs en grange, les mariniers, les savonniers, etc.; en un mot, l'action
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expansive et sudorifique de V exercice musculaire
n'a presque jamais été prise en considération par les praticiens ni par les théoriciens.
Cette fausse direction, cette radicale impuissance demandent une réforme profonde, une méthode nouvelle. Il est indispensable de bien connaître d'abord les signes précurseurs d'une maladie dont aujourd'hui le traitement hygiénique est nul, et le traitement curatif inefficace quand il n'est pas dangereux 1 . iu lieu de décrire minutieusement les lésions graves devenues irrémédiables, il faut étudier avec le soin le plus assidu, avec la plus active sollicitude les indices les plus fugitifs qui décèlent dans les poumons une altération commençante; car lors même qu'on se tromperait dans l'appréciation de ces premiers symptômes, en leur accordant une gravité fictive, le traitement préservatif n'aurait aucun inconvénient; mais il offrirait le précieux avantage de rétablir l'une des plus importantes fonctions de l'économie, et de prévenir les maladies de diverses natures, qui sont si souvent la suite d'une semblable anomalie.
' On çmploie avec succès l'huîlo de foie de morue dans les scrofules et mçme dans la phthisie pulmonaire ; il serait important de constater l'efficacité de ce médicament et delhuilede divers poissons, dans ces affections, en les administrant comparativement, dans les hôpi taux. Pourquoi ne pas en faire usage dans les maladies tuberculeuse des animaux, se borner aux tâtonnements de l'empirisme, eî ne poir? profiler des lumières de la médecine comparée?
29rt INCUBATION,