FORCE, FERMETE, RESISTANCE, AGILITE, VÉLOCITÉ
adresse. Les mixtes, ou physico-morales se composent de : RÉGULARITÉ, GRACE, ZELE, COURAGE,
énergie, persévérance. On compte enfin parmi les facultés exclusivement morales : la prudence, la
PRÉVOYANCE, la TEMPÉRANCE, la GÉNÉROSITÉ et Fa- MOUR DU RIEN.
Il serait inutile d'énumérer ici en détail tous les exercices dont est formée la méthode amorosienne; nous nous bornerons à indiquer entr'autres :
i° Les mouvements lents, modérés et accélérés des extrémités inférieures, accompagnés chacun d'un chant spécial, et exécutés avec ces flexions et selon les autres règles que prescrit la méthode;
20 Les mouvements des extrémités supérieures qui ont leurs chants et leurs principes particuliers;
3° Les luttes des mains, des doigts croisés, des avant-bras, des bras, des épaules, des poignets croisés, des phalanges des doigts; la lutte serrée ou à bras le corps;
4° Les luttes avec instruments, et notamment celles des poignets, des bâtons par terre, des arcs-
boutants et des boules. Cette dernière est la plus utile de toutes, parce qu'elle est la plus simple, la plus variée, qu'elle procure l'application d'un grand nombre de forces, et développe à la fois plusieurs facultés.
Après ces exercices, les plus importants et les plus hygiéniques, vient se placer l'emploi des machines très-diverses et très-multipliées, puisqu'elles représentent tous les obstacles naturels ou artificiels qu'un homme peut être obligé de surmonter dans le cours de la vie. Une poutre placée à un pied de terre sur des tasseaux; un mât de voltige, une perche, une échelle de corde, et autres cordages, une échelle à consoles, un trapèze; des tables rondes à sauter, des perches à suspension, des sautoirs fixes et portatifs, des chevaux de bois ou de voltige, des portiques, des plans inclinés, des mâts verticaux, telles sont les principales machines employées dans le gymnase amorosien. Elles sont proportionnées, pour la forme et les dimensions, au sexe et à l'âge des élèves. Chaque série d'exercices commence par le plus aisé, et se termine par le plus difficile. Cette marche rationnelle et progressive est au reste la meilleure garantie de sécurité de la méthode; car, par le fait de cette gradation insensible et savamment ménagée, le second exercice devient aussi facile à apprendre et à exécuter que le premier, le troisième que le second, et ainsi de suite pour les autres. Quand lord Brougham visita pour la première fois le gymnase normal de M. Amoros, il ne put s'empêcher de mani-
fester des craintes; mais après un examen suivi, ses appréhensions s'évanouirent, et il observa, en présence de plusieurs témoins : « Que tout danger y était évité, parce que le courage était dirigé par la prudence. »
Un écrivain moderne, distingué par ses travaux, a étudié avec soin et décrit avec vérité la méthode amorosienne.
a Les exercices, dit-il, dans une brochure qui parut en 1834? sont divisés en exercices élémentaires ou préparatoires, et en exercices d'application ou grands exercices. Les premiers consistent a disposer les mouvements des membres dans toutes leurs articulations ; et à ces mouvements sont adaptés des chants, le rhythme musical; procédé imaginé pour favoriser les organes de la respiration, pour leur procurer cette vigueur que les anciens philosophes et nos meilleurs physiologistes attribuent à l'action de la voix.
«Mais que suppose-t-on deces chants? Hé bien ! ce sont des chants inspirateurs accompagnés de gestes très-expressifs; le premier est l'hymne d'adoration, de reconnaissance envers l'Etre-Suprême. Néanmoins, durant cette invocation, l'attitude des jeunes élèves est calme, noblement recueillie; succèdent immédiatement après, les gestes, les mouvements, et par conséquent les chants du travail, du courage, de la valeur, de l'amour de la patrie, du dévouement au roi, de l'émulation mutuelle, de la bienfaisance, de la philanthropie, del'abnégation de soi-même : c'est ainsi que se font les exer-
cices élémentaires; et c'est de cette source que M. Amoros tire toute la gloire de sa méthode . C'est d'abord par la puissance morale qu'il veut agir; c'est en pénétrant l'âme de ses disciples des sentiments les plus purs, qu'il veut réaliser tous les bienfaits de l'éducation physique, si bien expliqués par les exercices d'application.
«C'est une des choses les plus aimables, les plus intéressantes, que de voir ces enfants, cette jeunesse des deux sexes, se livrer, en chantant des préceptes de religion, de toutes les plus hautes vertus, aux exercices élémentaires. Je ne les ai jamais ni vus ni entendus sans que mon cœur se portât vers eux comme par élan; on est toujours prêt à répéter avec eux ces airs si bien appropriés à ces belles doctrines extraites en partie de nos plus grands poètes, en partie d'auteurs dignement inspirés.
«Disposés de cette manière, les élèves passent dans un enclos de onze arpents, c'est-à-dire aux grands exercices, à mille applications variées, plus attachantes les unes que les autres, et de gradation en gradation. Là, il y a des machines dressées, de dimensions plus ou moins grandes et dénotant des combinaisons fort savantes. Quoique j'aie déjà'eu l'occasion d'esquisser ailleurs quelques-uns de ces tableaux de la vie la plus animée, essayons de les reproduire encore; voyons-les ces enfants, ces adultes nombreux, après avoir quelque temps marché par colonnes, par pelotons, se distribuer, s'éparpiller, puis s'emparant de ces machines, montera de longs câbles que le poids de leurs corps et leurs
mouvements dirigent et poussent au loin ; monter sur des poutres élevées, n'ayant de surface que quelques pouces; sur des poutres arrondies et vacillantes; se charger de lourds fardeaux en les parcourant; monter à la muraille par des perches lisses; à des mâts et d'autres perches perpendiculaires et mouvantes; grimper aux portiques par des échelles de corde et des cordes lisses; se précipiter vers les édifices à compartiments, et de plus de trente pieds de haut; en descendre de manières différentes; atteindre avec non moins d'agilité le sommet d'une tour, au moyen d'excavations à peine sensibles; regagner le terrain avec le même bonheur; franchir des barrières difficiles, franchir des fossés en largeur; sauter en hauteur, sauter en profondeur de dix à douze pieds et plus ; traverser, sur des planches étroites et flexibles, des bassins remplis d'eau; marcher suspendus par les bras pendant vingt, trente, quarante minutes, et placés à une très-grande élévation ; donner l'assaut à un mur de quinze pieds, et parvenus aufaîle en moins d'une minute, y exécuter des évolutions, des charges militaires ou des manœuvres purement civiles; se glisser du côté opposé, tout uni, sans aspérités pour loger les pieds et les mains, et de là s'élancer dans le stade avec la vélocité, la rapidité du trait! Enfants, adultes citadins; enfants, adultes militaires, tous déployant une ardeur admirable; exprimant dans leurs regards, leurs sourires, leurs paroles, la vie, la sanlé, la joie, le bonheur; et je
le dis, ce n'est là qu'une faible partie des travaux du gymnase amorosien.
« Ensuite, on ne saurait trop remarquer que toutes les machines, simples ou compliquées, que tous les exercices ne sont jamais mis en usage que selon les moyens physiques acquis, que proportionnellement à la capacité physique des élèves : toujours guidé par les sciences anatomique, physiologique et dynamique, l'instituteur ne veut rien audelà ; c'est un point sur lequel sa sollicitude insiste jusqu'à la sévérité. De même toutes les précautions nécessaires sont observées pour éviter les accidents; des mères m'ont affirmé que la surveillance est telle, à cet égard, qu'absentes, elles ne pourraient concevoir la moindre inquiétude. »
«Lorsque l'on considère les exercices imaginés ou perfectionnés par le colonel Amoros, on dirait qu'il les a combinés d'après tous les événements, toutes les chances que peut courir l'humanité; ce qui serait une superfétation , il le supprimerait aussitôt, a Ma méthode, dit-il, s'arrête où l'utilité des exercices cesse, et où le funambulistne commence. »
« II ne médite donc pas un mouvement qu'il n'ait un but réel, que ce mouvement, cet exercice du corps ne corresponde à une pensée morale. Inquiet, désireux d'obtenir l'approbation de chacun, c'est encore de cette manière qu'il veut s'assurer s'il a bien fait, s'il est bien dans la voie décrite par la nature même : voilà bien le sublime de l'art, voilà ce
que doit être un véritable gymnasiarque du dixneuvième siècle.
« Mais une chose qui doit éveiller non moins l'intérêt des familles, c'est que la gymnastique amorosienne est la Providence de la santé. Qu'est-ce donc qu'une branche de l'éducation qui non-seulement fortifie la santé, mais la rétablit en tant d'occasions et la rend florissante? Cela suffirait seul pour faire comprendre que toute éducation sans gymnastique bien entendue, bien dirigée, est imparfaite.
« Des mères, et nous ne saurions trop rapporter leurs témoignages, attestent aussi, dans toute l'effusion de leurs cœurs, ces autres bienfaits de la gymnastique. Il est surprenant de voir des enfants, des adolescents dans un état de langueur désespérante, reprendre comme une vie toute nouvelle. Il en est de même d'une jeune enfant, née Anglaise, que j'ai vue et dont la maladie avait été déclarée incurable; maintenant celte enfant croît et embellit chaque jour. Le même procédé est infaillible contre le mal affreux que l'on appelle onanisme.
« Aucun moyen n'a échappé à l'instituteur pour encourager, pour exciter l'émulation, les progrès de ses élèves: il v a au gymnase français des lois de répression et des lois de récompense; des prix y sont décernés; on n'y inflige aucun châtiment corporel; on se garderaitbien de porler atteinte à la dignité humaine : toute peine est morale, éminemment morale. Ce code est fort redouté; rarement il y a récidive : c'est, que dans cette belle
école, le principe qui punit est celui qui se fait aimer. »
Les avantages inhérents à la gymnastique sont de deux ordres : l'un physiologique, l'autre hygiénique. C'est sous ce double rapport que nous allons maintenant les envisager.
Disons d'abord que la gymnastique est un art que les instituteurs comme les médecins doivent connaître et pratiquer; car il ne suffit point d'ordonner des mouvements à des enfants, à des jeunes filles , à des convalescents; il faut connaître l'utilité spéciale de chaque exercice, et savoir en varier l'emploi suivant l'âge , la force, les tempéraments et les dispositions morbides.
L'usage régulier de la gymnastique ne peut, on le conçoit, manquer de produire un changement profond et durable dans l'économie , d'introduire un nouvel ordre dans toutes les fonctions; la digestion ? la circulation , les sécrétions , et plus particulièrement les fonctions cutanées, subissent une excitation salutaire; les humeurs vicieuses sont éliminées et remplacées par des sucs mieux élaborés, surtout lorsqu'à l'influence du mouvement spontané se joignent une alimentation fortifiante et l'habitation de lieux salubres.
Les exercices violents ou continus déterminent des effets primitifs ou consécutifs remarquables. La peau rougit et se tuméfie. La transpiration insensible devient plus abondante; la chaleur s'accroît ; la sueur coule de toutes parts ; peu à peu les saillies des muscles se prononcent et leur tissu ac-
quiert même parfois une étonnante dureté. Une nouvelle activité se manifeste ; l'énergie du cœur augmente ; aux nuances trop prononcées de la constitution lymphatique succèdent les attributs du tempérament sanguin, la menstruation apparaît chez les jeunes filles, se régularise, et aucun accident fâcheux ne vient entraver la puberté.
Pour appliquer avec plus de méthode le mouvement au traitement préservatif des maladies chroniques, on doit, à l'exemple des médecins qui ont fait une étude de l'hygiène , distinguer les exercices en actifs et en passifs,
Les premiers, parmi lesquels on peut comprendre la marche , la course, la danse , la paume, l'escrime, la chasse, tous les jeux enfin qui donnent une impulsion vigoureuse aux organes musculaires, excitent en général une réaction du centre à la circonférence, et un effet sudorifique plus ou moins marqué. S'ils peuvent être employés avec succès à l'époque d'incubation des affections chroniques, ils cessent d'être utiles et peuvent même devenir dangereux lorsque ces affections apparaissent, que la chaleur, un mouvement fébrile ont acquis déjà quelque intensité.
Dans une période où une maladie peut inopinément se déclarer , les exercices passifs méritent la préférence, car les ébranlements doux auxquels ils donnent lieu excitent moins vivement le système nerveux , la circulation et les autres fondions. Ces exercices, appelés aussi gestations *, n'exigeant que
1 Du mot latin qestarc, porter.
de faibles efforts, laissent en repos le système locomoteur. Telles sont les conditions où se trouve le corps en voiture, sur les chemins de fer, dans une chaise à porteurs et une balançoire, pendant la navigation, et à cheval. L'exercice de l'équitation, cependant, peut être considéré comme mixte. En s'v livrant , on reçoit à la fois l'influence du mouvement communiqué, de l'air libre et de la lumière. Aussi est-il particulièrement favorable aux enfants déjà avancés en âge, aux convalescents et aux mélancoliques, par les précieuses distractions qu'il cause. Les gestations sont utiles après les repas ; elles favorisent le travail de la digestion, que des mouvements musculaires violents tendent au contraire à ralentir, et elles conviennent particulièrement aux deux extrémités de la vie, dans la première enfance et dans la vieillesse , car , à ces deux époques , la marche est également difficile, lorsqu'elle n'est pas impossible. Les personnes naturellement maigres et débiles, dont les fonctions digestives sont inactives; celles qui entrent dans la période de la convalescence, après de longues maladies, de vives souffrances, en recueillent des fruits précieux. Prescrire à ces organisations épuisées des courses prolongées et de violents exercices, serait manquer aux principes les plus élémentaires de l'art. Il faut réserver l'application de tels moyens pour les hommes chargés d'embonpoint , pour les tempéraments sanguins, éminemment nerveux, ou pour les constitutions lymphatiques. C'est d'ailleurs à l'habileté du médecin de juger, d'après l'âge, le sexe, la force
ou la débilité, l'emploi qu'il doit faire des différents moyens dont l'ensemble constitue la "vmnastique médicale.
Il va sans dire que les exercices nécessaires à l'homme ne peuvent être entièrement ceux auxquels doit se livrer la femme, qui est appelée à plaire par sa grâce , sa distinction, les contours attrayants de ses formes , et même par sa faiblesse; quelquesuns de ces exercices donneraient une saillie trop prononcée à ses muscles ainsi qu'à ses articulations. 11 ne faut donc les y soumettre que lorsque l'état de leur poitrine exige qu'elles aient recours à des mouvements propres à agrandir cette cavité et à imprimer une plus puissante énergie aux organes qu'elle contient.
Qui ne sait, en effet, que des mouvements fréquemment répétés, en appelant la vie dans les organes, en augmentent la vigueur? C'est ainsi que les jambes des danseurs acquièrent beaucoup de volume et de force, et qu'en sens inverse les bras, les épaules et la poitrine des boulangers, des marins, des portefaix, des maîtres d'escrime, obtiennent un développement considérable. C'est grâce toutefois à une heureuse combinaison del'aclivilé et du repos que l'appareil du mouvement volontaire arrive a cette puissance matérielle. Il la perdrait inévitablement si la continuité de l'exercice s'opposait à la nutrition des muscles des membres inférieurs; ceci explique pourquoi ces parties sont grêlés dite les piétons et les charretiers , qui durant le jour ne se reposent presque jamais.
Il n'est pas superflu d'ajouter que ceux des exercices gymniques indispensables pour former l'officier, le marin , le soldat , le sapeur-pompier, etc., ne seront pas imposés aux enfants qui ont seulement besoin de fortifier leur constitution. Un cboix judicieux et sévère doit proportionner ces exercices à l'énergie physique et à la condition sociale. Il en est cependant qui sont également nécessaires, et aux enfants des pauvres que leur naissance destine à des professions mécaniques , et aux enfants des riches pour prévenir la formation des maladies lentes. Quel immense bienfait réalisé, si l'on se décidait à les introduire un jour dans les ateliers de charité, dans les maisons de travail , dans les hospices, où succombent prématurément tant de victimes , dans les écoles primaires et dans les pénitenciers!
L'influence hygiénique de la gymnastique est telle, que les enfants les plus moroses deviennent rapidement expansifs et gais. La face des lymphar tiques s'anime , elle perd sa couleur pâle et blafarde ; l'embonpoint factice ou morbide disparaît ; la peau se colore d'un sang plus pur; l'exercice modéré cesse d'exciter la sueur. L'homme moral et l'homme physique subissent une transformation simultanée.
Nous avons déjà dit que pour appliquer la gymnastique d'une manière rationnelle, il fallait porter particulièrement son action sur les organes les moins énergiques. Ainsi, lorsque les membres supérieurs d'un enfant seront débiles et sa poitrine réirécie, il devra grimper et se balancer souvent
en tenant une double corde à nœuds : il s'élèvera au sommet d'une échelle par son revers; à l'extrémité d'une corde vacillante, en soutenant parfois le poids du corps au moyen d'étriers; au haut d'un petit mât, par l'action réunie des membres thoraciques et abdominaux; le corps, enfin, restera quelques instants suspendu à des barres transversales à l'aide des mains qui, se déplaçant alternativement, opéreront ainsi la progression. Citons encore, au nombre des instruments les plus utiles, la planche à chevilles correspondantes, le tremplin vertical et le tremplin assis.
Si de semblables exercices sont très-propres à développer les extrémités supérieures, ainsi que la poitrine, d'autres, qu'il serait trop long et trop fastidieux de décrire ici, contribueront à accroître sa capacité et à combattre les vices de conformation dont elle pourrait être atteinte. Sous ce dernier rapport, cependant, il serait préférable de recourir aux établissements spéciaux, aux maisons orthopédiques célèbres, parmi lesquelles se placent, en première ligne, celles de MM. Duval, à la Porte- Maillot; Jules Guérin, à la Muette; Bouvier, à Chaillot, et Pravaz ', à Lyon.
Montègre a fait observer, avec raison, qu'il y aurait une grave imprévoyance à laisser aux enfants le choix des exercices, car ils mettraient presque toujours en action les organes les plus robustes; il
1 Ce dernier emploie avec succès l'air comprimé dans le îraitemr»nf des Mariions scrofnleuses.
faut, au contraire, appeler les sucs nutritifs par h mouvement spontané sur ceux que trop souvent les enfants condamnent à l'inactivité à cause de leur faiblesse. Le costume des élèves doit être léger, large et commode. Il importe en outre de les prémunir, par de sages précautions, contre les refroidissements subits. L'impulsion donnée par les exercices aux fonctions de la peau pouvant prévenir, en certains cas, la formation d'affections chroniques, il sera bon alors defavoriserla transpiration par des frictions sèches à l'aide de gants de flanelle ou de crin, par des vêtements épais, et au besoin même par la chaleur du lit.
Remarquons enfin que les tubercules s'introduit sant dans les poumons de douze à quatorze ans surtout, la gymnastique doit, à cet âge, être employée d'une manière plus suivie et plus attentive. Citer des exemples de guérisons inespérées obtenues par cette méthode, serait facile. JNous nous contenterons de signaler M. Durié, gymnaste du comte de Paris, qui, d'après son propre témoignage, fut ainsi guéri radicalement d'une phthisie déjà avancée.
Si l'on veut maintenant résumer dans leur ensemble les avantages hygiéniques et physiologiques de la gymnastique, on reconnaîtra :
i° Qu'elle entretient la santé et rend la constitution plus vigoureuse;
(2° Qu'elle donne aux muscles plus de force, aux membres plus de souplesse, aux organes plus de développement, aux molécules osseuses plus de cohérence, à l'appareil sanguinplusd'énergie, à l'homme
plus de courage, plus d'aptitude et d'habileté pour les professions mécaniques;
3° Qu'elle corrige une foule de vices de conformation, accroît la finesse des sens, rétablit les fonctions de la peau et l'équilibre indispensable aux différentes parties du corps;
4° Qu'elle peut être mise en usage avec le plus grand succès pour combattre l'invasion des maladies héréditaires, constitutionnelles ou accidentelles, notamment les scrofules, le rachitisme, les autres affections du système osseux, et la phthisie tuberculeuse.
Au point de vue du perfectionnement moral, h gymnastique ne laisse pas que de produire aussi de précieux résultais; mais c'est une question en dehors de notre cadre : il appartient à la philosophie de l'apprécier. Nous émettrons le vœu seulement qu'après tant de tâtonnements pénibles, d'efforts mal récompensés, la gymnastique entre du même pas dans l'éducation et dans la science.