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DES VOYAGES ET DE LA NAVIGATION

La plupart des marins, comme on sait, jouissent d'une santé robuste, bien qu'ils passent souvent, sans transition , des climats méridionaux dans des régions où règne un froid rigoureux. Il est cependant évident que si la phthisie, selon l'opinion commune, était déterminée par les vicissitudes atmosphériques, les marins et les pêcheurs en seraient les premiers affectés, tandis qu'elle serait extrêmement rare parmi les citadins qui prennent les précautions les plus constantes contre les variations de température. Il n'en est point ainsi, et l'usage d'aliments excitants et malsains, pendant le cours d'une navigation prolongée, ne peut luimême produire la consomption pulmonaire. Bien plus, des personnes évidemment phthisiques ont dû à de longs voyages maritimes une complète guérison. Cette observation d'ailleurs n'est pas nouvelle. Elle a été dès longtemps introduite dans la science par Arétée, qui attribuait à la navigation le rétablissement des hommes phthisiques qu'on envoyait à Alexandrie. Telle est aussi l'opinion de Pline. On connaît l'influence qu'a exercée sur la santé de M. le docteur Fo ville le voyage qu'il a entrepris sur le vaisseau commandé par M. le prince de Joinville. Une maladie chronique de la poitrine, qui avait résisté à tous les moyens de l'art, a cédé à l'action salutaire de ce \oyage. Il résulte enfin du témoignage de M. Dubled, médecin à Ouistreham, situé a l'embouchure marécageuse de l'Orne, qu'un ouvrier atteint d'une phthisie reconnue par tous les signes qui la caractérisent, :t

du son salut à une navigation de plusieurs années. En changeant de profession, en embrassant celle de matelot, cet homme a échappé a la mort et a acquis une vigueur de constitution remarquable.

La navigation sur les fleuves ne serait pas non plus un moyen inefficace. En conduisant une barque légère, on développe les muscles des extrémités supérieures et de la poitrine; on respire un air pur et en mouvement, dont les ondes se renouvellent sans cesse a la surface de la peau et excitent les fonctions dépuratoires de cette membrane.

Par la simple application de ces observations et de ces conseils , il y a , nous en sommes certain , bien des malheurs à prévenir, bien des existences à conserver.

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