‹ Causes générales des maladies chroniquesChapitre 57 sur 59 · DE L'HABITATION · texte numérisé non relu

DE L'HABITATION

Des faits multipliés viennent confirmer chaque jour le danger du séjour de Paris pour les enfants élevés à la campagne, et la nécessité de les transporter sur les coteaux variés et salubres qui dominent cette capitale, où l'on voit souvent les scrofules dont ils y ont pris le germe se dissiper par la seule action de la lumière , d'un air libre et sec. On conçoit, dès lors, queles pensions et maisons de santé qui se trouvent sur ces hauteurs ne peuvent manquer d'exercer des modifications favorables dans la santé des enfants prédisposés aux maladies du système lymphatique et aux déviations du système osseux.

Bien que nous ayons, en maints endroits, examiné cette question d'une manière générale, il est dans ce chapitre un point essentiel à éclaircir. Dans quels lieux doivent habiter les phthisiques? Faut-il préférer les localités basses et marécageuses, aux collines et aux montagnes où l'air est vif, sec, agité? Il y a ici à poser une distinction capitale. Lorsque la phthisie n'est encore parvenue qu'à sa période d'incubation; que les tubercules se forment, que la diathèse scrofuleuse est manifeste, alors, les personnes menacées de consomption pulmonaire doivent, sans hésitation et le plus tôt possible, quitter les vallées humides et les grandes cités, pour aller s'exposer aux vents libres des montagnes et du littoral élevé de la mer; car en agissant vivement sur la peau , en excitant ses fonctions, l'air peut favoriser la résolution de récents tubercules. Cet effet, ainsi qu'il est facile de le constater, s'observe à

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l'extérieur dans les affections scrofuleuses, alors que les engorgements sous-cutanés sont encore peu considérables. Mais, au contraire, quand la phthisie a parcouru ses premières périodes, que le malade crache le sang ou le pus, l'action d'un air trop vif peut et doit activer les progrès du mal. Dans ce cas seulement, tout espoir de guérison étant irrévocablement perdu, les malades pourront devoir à l'habitation de vallées humides et non marécageuses, quelques mois de plus d'existence, qu'eussent impitoyablement dévorés des localités sèches et salubres. Il y a donc, d'une part, de bien stériles avantages à recueillirpour les personnes atteintes de phthisies avancées, et de l'autre, de bien redoutables périls à craindre pour celles qui en ressentent les premiers symptômes, dans l'opinion des médecins qui conseillent aux phthisiques le séjour de l'Algérie et des plages marécageuses comme un moyen de salut. Telles sont les vaines déductions, les observations incomplètes de la fausse expérience. On envoie mourir les poitrinaires dans les marais , dans les climats chauds ; on les enferme encore, pour les guérir, dans les étables ou les vaches deviennent si souvent phthisiques, sans songer qu'il importe peu que des malades atteints d'affections incurables aillent expirer ici ou la; et que le médecin n'a plus qu'à se récuser douloureusement quand la mort est infaillible.

Nous l'avons dit, nous le répétons, nous le redirons encore peut-être, car c'est plus qu'un point de science, c'est une question d'humanité; on peut

triompher de la phthisie, mais c'est quand elle se forme, non lorsqu'elle est développée. Les moyens préservatifs , nous les avons indiqués; ils se résument en ces trois mots: exercice, air libre et lumière*

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