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trois jours dans l’eau, ce qui le gonflait et lui rendait sa saveur primitive. Champlain raconte qu’il a vu des tribus entières occupées à la cueillette de ces fruits, pour en faire des provisions d'hiver. D’après ce que l’on m’a dit, les bluets de France ont un goût plus acide que les nôtres, ou un peu plus vinaigré. Reprenons le livre de
Boucher.
“ Les grains que cultivent les Sauvages et qui: avaient
avant que nous vinsions dans le pays, sont mil ou blé-
d'Inde, faisoles ou haricots, citrouilles d’une autre espèce que celles de France. Elles sont plus petites et ne sont pas si creuses, ont la chair plus ferme et moins aqueuses et d’un meilleur goût.
“Toutes sortes: de navets et rabioles, betteraves, carottes, panais, cercifis et au.res racines, viennent parfaitement et bien grosses. Toute sorte de choux y
viennent aussi en leur perfection, à la réserve des choux
à fleur que je n’y ai point encore vus.
“Il croit dans les bois une quantité prodigieuse
d’orties propres à faire du chanvre ; les Hurons et les
Iroquois s’en servent pour faire divers ouvrages, comme des sacs, rets, colliers et armures ; il s'en trouve grande quantité en beaucoup d’endroits de ce pays.
‘“ Aux environs de l’île Percée il se trouve grand nombre d’huîtres en écailles, qui sont parfaitement
bonnes? Voilà la plus ancienne mention que je connaisse des huîtres de Caraquette, et autres qui sont si bien appréciées de nos jours. M. Boucher continue.
* Je fais ce chapitre pour désabuser ceux qui croyent que l’on ne vit en ce pays-ci que de racines, comme on fait aux îles Saint-Christophe. Ils sauront donc que le blé froment y vient très bien ; et on y fait du pain aussi beau et auss' blanc qu'en France. Les seigles y viennent, plus Que l’on ne veut ; toute sorte d’orge et de pois y croissent fort beaux, et l’on ne voit pas de ces pois verreux pleins de cossons, comme onen voit en France. Les lentilles, la voisse, l’avoine, le mil y viennént parfaitement bien ; les grosses fèves y viennent bien aussi, mais il y a de certaines années qu’il y a de grosses mouches qui les mangent quand elles sont en fleur. Le blé sarrazin y vient aussi, mais il arrive quelquefois que la gelée le surprend avant qu’il soit mûr. Le chanvre et le lin y viennent plus beaux et plus hauts qu’en France,
“ Voici encore une question qui m'a été faite, savoir comme on vit en ce pays-ci, s1 la justice s’y rend, s’il n’y a point du libertinage, vu qu’il y passe, dit-on, quantité de garnements et de filles mal vivantes. Je répondrai à tous les poinis l’un après l’autre et je commencerai par le dernier. Il n’est pas vrai qu’il vienne ici cle ces sortes
de filles, et ceux qui en parlent se sont grandement mépris et ont pris les îles de Saint Christophe et de la Martinique pour la Nouvelle-France, Si il y en vient ici on ne les connaît pas pour telles, car avant que de les embarquer il faut qu’il y ait quelques-uns de leurs parents ou amis qui assurent qu'elles ont toujours été sages, Si par hasard il s’en trouve quelques-unes de celles qui viennent qui soient décriées, ou que pendant la traversée elles aient eu le bruit de se mal comporter, on les renvoie en France. Pour ce qui est des garnements s’il y en passe c’est qu'on ne les connaît pas, et quand ils sont dans le pays ils sont obligés de vivre en honnêtes gens, autrement il n’y aurait pas de jeu pour eux : on sait aussi bien prendre en ce pays-ici qu'ailleurs et on l’a fait voir à quelques uns qui n’ont pas été sages.
‘ Les gens de bien peuvent vivre ici bien: contents, mais non pas les méchants, vu qu’ils y sont éclairés de trop près ; c’est pourquoi je ne leur conseille pas d’y venir, car ils pourraient bien en être chassés, et du moins être obligés de s’en retirer, comme plusieurs ont déjà fait ; et ce sont ceux-là proprement qui décriert fort le pays, n’y ayant pas rencontré ce qu’ils pensaient,
‘ Le Canada n’est pas encore propre pour les personnes de condition qui sont extrêmement riches, parce qu’elles ne rencontreraient pas toutes les douceurs qu’elles ont
en France ; il faut attendre qu’il soit plus habité. Il faut dans ce pays des gens qui mettent la main à l’œuvre, soit pour faire ou pour faire faire leurs habitations, bâtiments et autres choses, car comme les journées des hommes sont extrêmement chères ici, un homme qui ne prendrait pas soin et qui n’aurait pas d'économie se ruinerait, Mais pour bien faire il faut toujours commencer par le défrichement des terres et faire une bonne métairie, et par après on songe à autre chose ; et ne pas faire comme quelques-uns que j’ai vu qui ont dépensé tout leur bien à faire de beaux bâtiments qu’ils ont été contraints de vendre après, à beaucoup moins qu’ils ne leur avaient coûté. Il serait bon qu'un homme qui viendrait pour habiter apportât des vivres, du moins pour un an ou deux, si faire se peut, surtout de la farine qu’il aura beaucoup à meilleur marché en France, et même il n’est pas toujours assuré d’en trouver ici pour son argent, car s’il venait grand monde de France sans en apporter et qu'il arrivât une mauvaise année pour les grains, il, se trouveraient bien empêchés. Il est bon aussi de ge fournir de hardes car ellès valent ici le double
qu'en France. L'argent y est aussi plus cher ; il y a
hausse du quart, en sorte qu’une pièce de quinze sous en vaut vingt ; ainsi à proportion du reste, Un homme qui aurait de quoi, je lui conseillerais d’amencr ici deux
bons hommés de travail pour défricher les terres, ou davantage même, s'il a le moyen. Une personne qui employerait trois ou quatre mille francs se mettrait en trois ou quatre ans bien à son aise, pourvu qu’elle veuille user d'économie. La plupart de nos habitants qui sont ici, sont des gens qui sont venus en qualité de serviteurs et après avoir servi trois ans chez un maître se mettent à eux ; ils n’ont pas travaillé plus d’une année qu’ils ont défriché des terres, qu’ils recueillent du grain plus qu’il n’en faut pour les nourrir, Quand ils se mettent à eux, d'ordinaire ils ont peu de chose ; ils se marient ensuite à une femme qui n’en a pas davantage ; cependant en moins de quatre ou cinq ans vous les voyez à leur aise, g’ils sont un peu gens de travail, et vous les voyez bien ajustés pour des gens de leur condition. Tous les pauvres gens seraient bien mieux ici qu’en France, pourvu qu’ils ne fussent pas paresseux.
“ Certaines maisons sont bâties toutes de pierres et couvertes de planches ou aix de pins ; les autres sont bâties de colombage ou charpente et maçonnées entre les deux ; d’autres sont bâties tout à fait de bois ; et
toutes les dites maisôns se couvrent de planches.
‘ Les saisons ne sont pas égales par tout le pays ! aux Trois-Rivières il y a près d’un mois moins d'hiver qu’à Québec, Au Mont-Royal environ six semaines, et
chez les Iroquois il n’y a qu'environ un mois d'hiver. Quoique l'hiver dure cinq mois et que ta terre soit couverte de neige, et que pendant ce temps le froid soit un peu âpre, il n’est pas toutefois désagréable : c’est un froid qui est gai, et la plupart du temps ce sont des jours beaux et sereins ; et on ne s’en trouve aucunement : incommodé. En vérité les neiges sont ici moins : po importunes que ne le sont les boues en France. On se l promène partout sur les neiges par le moyen de certaines chaussures, faites par les Sauvages, qu'on appelle e | raquettes, qui sont fort commodes. La longueur de n l'hiver est une incommodité, surtout devers Québec, où
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les neiges sont de trois ou quatre pieds de haut ; aux autres habitations il y en a beaucoup moins.
s LA ‘ L'hiver, 1l y a quelques journées qui sont bieu rudes,
mais cela n'empêche pas que l’on ne fasse ce que l’on a
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à faire : on s’habille un peu plus qu’à l'ordinaire ; on se
couvre les mains de certaines mouffles, appelés en ce pays-ici des mitaines ; l’on fait feu dans les maisons, car
le bois ne coûte rien ici qu’à bûcher et à apporter au
feu. On se sert de bœufs pour le charrier sur certaines
machines qu’on appelle des traînes ; cela glisse sur la
neige et un bœuf seul en mènent autant que deux bœufs feraient en été dans une charrette. Il pleut fort peu durant l'hiver. Ce que j'y trouve de plus importun c’est
qu’il faut nourrir les bestiaux à l’étable plus de quatre mois à cause que la terre est couverte de neige pendant ce temps-là, Si la neige nous cause cette incommodité, elle nous rend d’un autre côté un grand service qui est qu’elle nous donne une tacilité de tirer les bois des forêts, dont nous avons besoin pour les bâtiments, tant de terre que d’eau, pour autres choses. Nous tirons tout ce bois de la forêt, par le moyen de ces traînes dont j’ai parlé, avec grande facilité et bien plus commodément et à beaucoup moins de frais que si c'était en été par charrette.
‘ On ne compte proprement que deux saisons en Canada, car nous passons tout d’un coup d’un grand froid à un grand chaud, et d’un grand chaud à un grand froid ; c’est pourquoi or ne parle que par hiver et été. L'hiver commence incontinent après la Toussaint, c’està-dire les gelées, et quelques temps après les neiges viennent, qui demeurent sur la terre jusques environ le quinzième d’avril pour l’ordinaire, car quelquefois elles sant fondues plus tôt, quelquefois aussi plus tard ; mais d'ordinaire c’est dans le seizième que la terre se trouve libre et en état de pousser les plantes et d’être labourées. Dès le commencement de mai les chaleurs sont extrêmement grandes, et on ne dirait pas que nous sortons d’un
grand hiver. (Cela fait que tout avance et l’on voit en.
moins de rien la terre parée d’un beau vert. Et en effet cela est admirable de voir que le blé qu’on sème dans la fin d'avril et jusqu'au vingtième de mai, s’y recueille dans le mois de septembre et est parfaitement beau et bon. Et ainsi toutes les autres choses avancent à proportion. Les choux pommés qui se sèment ici au commencement de mai, se replantent dans le vingt ou le vingt-quatrième de juin, se recueillent à la fin d’octobre et ont des pommes qui pèsent quinze à seize livres.” Pierre Boucher, qui fut durant soixante et dix ans un colon, un guerrier, puis un seigneur, un écrivain, un homme de conseil, et qui nous a laissé une brillante descendance, est le type accompli des anciens Canadiens. Il venait de Mortagne, dans la pétite province du Perche. Toutes les qualités de notre race se retrouvent en lui : vigueur de corps, esprit souple et grande sagisse, bravoure indomptable, ardeur au travail, patriotisme éclairé et persistant — celui-là doit être imité de nos jours, car c’est en se conformant à sa manière d’agir que le Canada français a conquis une belle place dans
l’histoire du monde,
CHAPITRE V 1660-1670. Changement du régime administratif de la colonie.
Ma santé allait décidemment mieux. J'en profitais pour écrire au nette les quatre chapitres que vous venez de lire. N'’allez pas vous étonner qu’un malade s'impose une telle corvée, car ce n’en est pas une pour moi — c'est plutôt une distraction, Quand on a été dix ans reporter dans un grand journal, les petites écritures, comme celle-ci, ne nous pèsent pas au bout du doigt.
M. le curé tenait à avoir une réunion plénière, Il l'eut— et même davantage, car étaient arrivés de la ville deux personnages qui nous furent présentés : François Désaulniers, membre du comté et Arthur Brousseau, journaliste. Ils ne s’attendaient pas à prendre part à une conférence ou conversation sur l’histoire du Canada — et ils nous prièrent d'entamer le sujet sans retard.
Je prenais mon rôle de secrétaire au sérieux et, comme
nous n'avions jamais eu de président, je proposai d'accorder la parole à M. le curé.
— Comment ! à moi tout seul ?
— Nous vous interromperons, comme au parlement, . dit M. Désaulniers,
— J'accepte et je vous dirai tout d’abord que, rendu à l’année 1660 où vous êtes restés l’autre jour, c’est le moment de parler du clergé puisque Mgr de Laval,vicaire apostolique, arriva ici en 1659, en attendant que le pays fut assez peuplé pour nommer un évêque. Avant cette date, les Pères Récollets, de 1615 à 1629, et les Pères Jésuites, de 1625 à 1629, puis de 1632 jusqu’à 1659, avaient desservi les paroisses commençantes et évangélisé les Sauvagés. Les prêtres du séminaire de Saint-Sulpice de Paris n’arrivèrent qu'en 1667, pour se fixer à Montréal. Voulez-vous savoir les noms de ces religieux ? J’en ai une liste tout préparée, la voici :
Récollets.—Denys Jamay, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron, le frère Pacifique Duplessis 1615, Paul Huet 1617, George Le Bailhf 1620, Guillaume Galeran, 1renée Piat 1622, Nicolas Viel, Gabriel Sagard 1623, Jean- Joseph de la Roche-Daillon 1625, Joseph de la Vers 1628, Cosme de Mante fit un voyage d'Acadie à Québec en 1648, avec Gabriel De Joinville, aussi récollet. C’est en 1668 que cet ordre religieux revint s’établir en Canada,
Jésuites.—Ennemond Masse, Jean de Brébeuf, Charles Ealemant 1625, Philibert Noyrot, Anne de Noué 1626, Paul Le Jeune 1632, Antoine Daniel, Ambroise Davost 1633, Jacques Buteux, Charles Raymbaut 1634, Claude Quentin, Pierre Pijart, François Le Mercier, Charles Du Marché, Charles Garnier, jean De Quen, André Richard 1635, Guillaume-Pierre Chastellain, Paul Ragueneau, George D’Endemare, Isaac Jogues 1636, Jacques de la Place, Claude Pijart 1637, François Dupéron, Simon Le Moine, Jérôme Lalemant 1638, Barthélémi Vimont, Jacques Burgum, ‘ierre-Joseph- Marie Chaumonot, Joseph Poncet 1639, joseph-Imbert Dupéron, René Ménard 1640, Claude Dablon, François- Joseph Bressany 1642, Martin de Lyonne, Noël Chabanel, Gabriel Druillètes, Léonard Garreau 1643, Adrien Daran, Amable de Frétat, Gabriel Lalemant 1646, Pierre Baiïlloquet, Jacques Bonin, Adrien Greion 1647, Charles Albanel 1649, Hugues Pinet 1654, Jacques Fremin 1655, Claude-Jean Allouez 1658, François Boniface, Henri Nouvel 1662, Pierre Rafeix 1663, Louis Nicolas 1664, Claude Bardy, Thierry Beschefer 1665. Nous pourrions continuer, mais pour le moment cela suffira.
Sulpiciens.— Gabriel de Queylus, Dominique Galinier, Gabriel Souart, François d’Allet 1057, Jacques Lemaître
1659, Gilles Perrot 1663. La liste se continue jusqu’à nos jours.
Prêtres séculiers.—Jean Le Sueur de Saint-Sauveur
1634, Gilles Nicolet 1635, Antoine Fauls 1641, René Chartier 1643, Guillaume Vaillant 1645, Guillaume Vignal 1648, Albert De l'Isle 1651, Jean Le Bey 1656, Mgr de Laval, Charles De Lauzon-Charmy, Phiippe Pelerin, Jean Torcapel, Henry de Bernières 1659, Thomas-Joseph Morel 1661. Jean Dudouyt 1662, Louis Ango des Maizerets 1663, Hugues Pommier 1664, Flavien de Saint-Pons, Jean-Baptiste Dubois d'Egryselle . Arrêtons-nous à 1665. C’est l’année où fut ordonné prêtre le premier. Canadien jugé digne de ce grand honneur ; il était né à Québec et avait étudié au séminaire des Pères Jésuites, Son nom était Germain Morin, fils d’un charron.
Les Pères Jésuites avaient commencé, en 1636, des missions permanentes dans le Haut-Canada, principalement vers le lac Huron en descendant jusqu’à la rivière du Détroit. Les peupies de ces contrées parlaient la langue huronne-iroqueise. Les Iroquois qui habitaient à l’est du lac Ontario, depuis Buffalo jusqu’à Albany, commencèrent, dès 1636, une gucrre -rrible contre les
tribus qui recevaient chez elles les m >nnaiïres et qui,
chaque ännée, envoyaient aux Trois-Rivières par la rivière des Français, le lac Nipissing et la rivière des Algonquins (l'Ottawa) de nombreux canots chargés de pelleteries qu’ils échangeaient contre des ustensiles de fabrique européenne, tels que chaudières, couteaux, alènes, grattoirs etc.
Comme il n’arrivait pas de troupes de France pour protéger ces missions, elles furent toutes détruites par les Iroquois et les peuples du Haut-Canada massacrés en partie ; le reste prit la fuite dans toutes les directions, soit vers Québec, vers le nord du lac Hurons, au lac Michigan et aux Illinois. En 1650 tout le Haut-Canada appartenait ainsi aux Iroquois. Deux ans plus tard, les Algonquins de l’Ottawa étaient chassés à leur tour. Ensuite les bandes iroquoises se répandirent jusqu’au Saint-Maurice et au Saguen2ÿ, tuant ou chassant les nations qui recevaient les missionnaires ou qui trafiquaient avec les Français. Ce fut une époque remplie d’horreurs et de dangers.
En 1657 les Iroquois parurent tout à coup changer de sentiments. Ils «cceptèrent quelques missionnaires, de ces mêmes Jésuites dont ils avaient fait périr les frères dans les plus affreux tourments. Leur but était d’endorrir les Français par une fausse tranquillité, afin
LA
d: mieux les surprendre. Ils allaient jusqu’à l'île
d'Orléans, près de Québec assommer les Hurons qui s'y étaient réfugiés, et on vit leurs guerriers dresser des embuscades jusqu'au saut Sainte-Marie et aux Illinois où un ceitain nombre de familles huronnes avaient fui, Au bout de quelques mois, la mission chez les [roquois fut abandonnée, et les missionnaires s’échappèrent comme par miracle, avec les Français qui les accompagnaient. A la grande surprise de tout le monde, il arriva à Montréal l'été de 1659, trois ou quatre cents Outaouais du Wisconsin qui apportaient des masses de pelleteries et qui avaient repoussé les Iroquois partout sur leur trajet. Ge peuple avait appris des Hurons l'existence des Français sur le Saint-Laurent, et il venait faire amitié avec eux. C'est depuis ce temps que la rivière des Algonquins changea de nom et pris celui des Outaouais parce que ces braves Sauvages passaient par là pour venir jusqu’à nous. Les Anglais disent Ottawa. Ilya dans l’ancien pays de ce peuple une ville qui porte le nom d'Ottawa, comme celui de notre capitale fédérale, Tout se paye avec les Iroquois. Lorsqu'ils virent que nous avions des alliés redoutables dans les Outaouais, et de plus que nous attendions des renforts de France (car Louis XIV et son ministre Mazarin sortaient vainqueurs d'une longue guerre contre l'Espagne) ces barbares
résolurent d’anéantir tous nos établissements, Leur
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