‹ Causons du pays et de la colonisation [microforme]Chapitre 5 sur 30 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

le a 1636-1648. Le gouvernement de M. de Montmagny.

el, [1 Cette fois, nous fûmes au complet chez le père” José : *} Bertrand : le notaire Fortin, le docteur Marsil, Eustache

Lambert son clerc, Octave Dionne larpenteur, Paul (Gagnon le juge de paix, Léon Bédard le marchand, enfin moi.

Mais, comme nous nous comptions, qui frappait à la porte P Le curé ! Il entra en riant de notre surprise, car personne ne l'aitendait.

et Lui : — J'arrive en “survenaat ” dit-il, pas besoin d'invitation par écrit. Ah! vous pensiez que j'ignorais votre conduite. Voilà des paroissiens qui se cachent de leur curé ! Moi aussi, je voudrais en être du... de... comment appelez-vous votre cercle ?

L — Le cercle des Neuf, répondit prestement Dionne. « . — C’est un nom comme un autre.

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— Pas ça, reprit le notaire, on dira que nous sommes neuf dans les choses de l’histoire du Canada, etc. :

— Neuf, cela nous fait un nom assez humble, fit observer le curé : acceptons-le.

Il a de l'esprit naturel et beaucoup d'instruction M. le curé Girard. C’est le type accompli du prêtre canadien, par les sentiments, par les actions, par ses manières personnelles, On ne l’a jamais vu faire une politesse : il fait tout avec politesse : c'est en lui, et cela opère comme un charme sur son entourage. Ah! les bons curés, quelle influence salutaire ils exercent parmi nous !

— C'est donc pour vous “ire, commença le père Bertrand, que j'ai lu, ces jours derniers, l'époque de M. de Montmagny, notre gouverneur depuis 1636 à 1648, eh bien ! c’est une triste page de notre histoire. La France était er guerre tout ce temps et ne songeait pas aux cinq ou six cents âmes qui végétaient ici au milieu de tant d’embarras, sans compter les coups de traîtrise des Iroquois. Les Cent-Associés, presque totalement ruinés, n’avançaient à rien ; les seigneurs, à qui ils avaient donné une douzaine de seigneuries en bois debout, hésitaient naturellement à dépenser de l'argent pour les défricher et les peupler. Un peu plus, et tout le monde retournait en Frsace, Du côté des celonies anglaises, telles que le Massachusetts et le Maine, il y

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avait plus d’élan, moins dé misère, plus de protection — aussi se fondaient-elles rapidement, tandis que nous languissions sur’ les bords du Saint-Laurent, les yeux tournés vers le golfe, par où devaient venir des secours de France, et ces secours n’arrivaient pas. Les Jésuites se remuaient en tous sens pour attirer ici quelque puissante protection, cependant ils faisaient peu de progrès, et vous savez que là où les Jésuites ne réussissent pas les autres peuvent se faire une croix sur le bec, comme on dit familièrement.

— Pourqroi donc, alors, la colonie de l’île de Montréal :

fut-elle établie en 1642, juste au milieu de cette période lamentable, demanda Léon Bédard, elle possédait peutêtre des ressources que nous ne connaissons pas P

— Ses moyens nous sont connus. Ce qui la caractérise c’est qu’elle échappait au contrôle des Cent-Associés et pouvait vivre par elle-même, Toutefois, elle n’accomplit rs de merveilles, à cause de la guerre des Iroquois.

: mtréal fut fondé par un certain nombre de personnes +’ uentes qui s'étaient entendues avec M. Ollier pour créer le séminaire de Saint-Sulpice. Ceci est une action indépendante du mouvement des Cent-Associés.

— Si je comprends bien, dit M. le curé, les directeurs de la compagnie de Montréal ne s’effrayaient pas des Iroquois. :

Je pris la parole, ayant étudié cette question quelques années auparavant. Les amis de M. Ollier pensaient convertir les Iroquois et, par là même, les amener à faire corps avec les Français. (Cela était plus facile à dire qu’à exécuter. Aussi, les premiers colons de Montréal se trouvèrent-ils, de 1642 à 1666, dans la

même position que ceux des Trois-Rivières et de Québer. Vous savez que l'on a très justement appelé cette époque les temps héroïque ‘' Canada. Jamais un nom ne s’est appliqué plus c-. :ctement à une chose. Sans l'héroïsme des Canadiens de ce temps, la France perdait le pied-à-terre qu'elle avait ici, et c’est ce qu'il faut

admirer surtout,

— De rudes lapins, ces premiers colons ! exclama le docteur Marsil.

— Oui, des lapins qui n'ont jamais eu froid aux yeux.

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Ils tenaient bon en toute rencontre. Les sanvages ne

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