‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 10 sur 76 · INFANTERIE ET CAVALERIE · texte numérisé non relu

INFANTERIE ET CAVALERIE

loire — sauf celle de la Légion germanique — esl encore à écrire et mériterait assurément derèlrc, quel est celui qui a laissé une trace dans l'histoire? La Légion germanique à cause de l'admirable charge de ses cuirassiers légers à Saumur — mais ces cuirassiers semblent être tous d'anciens cavaliers de la Maréchaussée, — la Légion des Allobroges à cause de Desaixet parce qu'elle se trouve mêlée aux premiers faits d'armes de Napoléon, la Légion des Francs — la première, celle que forma Bouin Marigny en 1792, pour sa belle conduite à Mayence (mais comprenait-elle des cavaliers) ? — les Chasseurs de la Charente pour une action de guerre dans lOaest, les Hussards noirs à cause de leur uniforme, c'est tout. Il n'est guère sorti de là des officiers généraux, tandis que, par centaines, des généraux sont sortis des volontaires. Marceau a passé par la Légion germanique, mais, s'il y montra sa bravoure habituelle, ce fut à un service personnel rendu au représentant Bourbotte qu'il dut d'être remarqué par lui, ensuite protégé et mis hors de pair; Murât a traversé les Hussardsbraconniers, mais, ce n'est point certes là qu'il s'est fait remarquer : qu'était-il en Vendémiaire lorsqu'il rencontra Bonaparte ? Qu'on prenne les maréchaux d'Empire : Augereau, Masséna, Bernadette, Jourdan, Soult, Lefebvre étaient des sous-officiers ou des soldats retirés d'infanterie

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»le l'ancienne armée; Lannes, Brune, Mortier, Davout sortaient des Volontaires ; Pérignon, Moncey,Serruricravaient clé officiers d'infanlcrie. Kellermann est à part, puisqu'on 179^ il était déjà général d'armée ; restent, comme on voit pour la cavalerie, Ney, sous-officier de hussards, mais bien plus fantassin que cavalier, Bessicres et Murât ayant fait leurs débuts dans la Garde constitutionnelle à cheval de Louis XVI, l'un et l'autre — surtout Murât — n'ayant aucune action de guerre à leur actif avant la campagne d'Italie de 170G.

Cela peut être un hasard; mais, comment se fait-il que parmi les généraux commandant en chef durant la période républicaine — de ceux qui ont émergé alors et sont sortis des rangs — il ne s'en trouve pas un seul pour ainsi dire qui vienne effectivement de la cavelerie? car le seul qu'on s'imagine être un cavalier, parce qu'une gravure a popularisé son image en uniforme de hussard : c'est Marceau — et Marceau était fantassin. Il s'était engagé à quinze ans dans Savoie-Garignan où il était sergent en 1789, et il fut ensuite commandant du bataillon de volontaires d'Eure-et-Loir.

Généraux d'armée cela se comprend encore — mais qu'on passe aux grades inférieurs. Sur soixante-dix-sept généraux de division ou de bri-

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gade tués à l'ennemi ou morts de leurs blessures, de 1792 à 1804, quinze seulement sortaient de l'arme de la cavalerie : la plupart étaient officiers avant la Révolution, et la plupart avaient quitté depuis longtemps leur arme d'origine, soit qu'ils eussent pris leur retraite d'où ils avaient été rappelés pour faire campagne dans l'infanterie, soit qu'ils eussent passé d'eux-mêmes à un commandement de bataillons de Volontaires. Presque aucun n'a été tué comme cavalier, en conduisant une action de cavalerie. Ainsi Conigliano-Claren- Ihal, chef d'escadron en 1789, qui eut le poignet droit emporté au combat de Pellenberg, le 22 mars 1793, et qui mourut plus tard des suites de sa blessure, commandait à ce moment une brigade d'infanterie ; Dampierre, major aux Chasseurs de Normandie en 1789, général en chef des Armées du Nord et des Ardennes, est blessé à mort le 8 mai 1793, à la tète d'une colonne d'infanterie ; Le Comte, aide-major à Metz en 1789, est tué, le 23 mai 1793, à l'attaque du camp de Famars, au milieu des fantassins sous ses ordres; Dumas, tué le 22 septembre 1793 au combat de Clisson, est retiré depuis 1782 des Gendarmes bourguignons, et s'il estrenlréau service enl79l c'est comme lieutenant-colonel du 3® bataillon des Vosges; Ghambon, maréchal des logis chef aux Dragons de Languedoc en 1789, congédié mare-

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clial lies logis invalide en 1700, rentré en 1702 sous-lieulenanl, est tué, le 9 oclobre 1793, au combat de Chàlillon à la tète de l'infanterie ; de même, Augustin de Rurcy, ancien gendarme de la Garde, tué au combat de GundersholTen, le 6 frimaire an II ; de niême, Rouïn de Marigny, lieutenant de Cbasscurs en 1789, organisateur de la Légion des Francs, commandant en Vendée l'infanterie légère de la division Kléber, tué à Durtal près d'Angers le 5 décembre 1793; de même, Mirabei , ancien dragon au régiment de Languedoc, nommé le 12 mai 1793 par les Représentants du peuple, lieutenant instructeur de la Cavalerie nationale des départements du Gard et de l'Hérault et, le 27 septembre de la même année, général de brigade : c'est à la tête de sa brigade d'infanterie qu'il est tué d'une balle à la tète, le 13 août 179i, à la bataille de Saint-Laurent-dela-Mouga. Dubois, porte-guidon au 11*' Chasseurs en 1789, commandant comme général de division, la cavalerie de l'armée du Nord en 1794, est tué à Roveredo le 4 septembre 1796, à la tête de la division d'infanterie que commandait ci-devant le général Laharpe. Point, adjudant dans Royal- Champagne en 1789, a été élu en 1791 capitaine au l'"" bataillon des Volontaires de l'Isère, a parcouru tous les grades dans l'infanterie et c'est à la tcle des grenadiers de sa brigade qu'il est tué,

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