‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 11 sur 76 · GÉNÉRAUX TL'ÉS A L'ENNEMI (RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

GÉNÉRAUX TL'ÉS A L'ENNEMI (RÉVOLUTION

le 24 décembre 1798, à l'attaque de Popoli. David est brigadier aux Dragons de Languedoc en 1789, mais c'est à la tète de l'avant-gardc d'infanterie qu'il est blessé à mort, le 10 septembre 1799, à la bataille d'Alckmaër. Un premier fait ressort de ces chiffres : c'est que, pour trouver un commandement plus facile, ou pour rencontrer plus d'occasions de s'avancer, nombre d'officiers de cavalerie ont quitté leur arme pour passer dans l'infanterie. Qu'on prenne maintenant les officiers généraux vraiment cavaliers tués de 1792 à 1804 dans une action de cavalerie. On n'en trouve que six sur soixanle-dix-sept. Le 7 juin 1794, André de La Barre est tué entre Roses et Figuières en chargeant à la tête de ses hommes : La Barre est né gentilhomme : il a quarante-cinq ans et était, en 1780, aide-maréchal général des logis avec rang de major. Le 21 avril 1796, à Mondovi, Stengel, commandant la cavalerie de l'Armée d'Italie, est blessé mortellement d'un coup de pistolet et de plusieurs coups de sabre : il est gentilhomme ; il a cinquante-deux ans ; il était en 1789 major du régiment de Chamborant. Le 3 juin 1799, à Zurich, Chérin, chef de l'état-major de Masséna, est blessé mortellement en chargeant à la tête d'un escadron : il est né gentilhomme ; son père était le généalogiste des Ordres du Roi et lui-même en a rempli les fonctions, puis il a été conseiller à la

Cour des Ailles : ce n'est qu'en 1792 qu'il est entré dans l'armée comme sous-lieutenant au 18*^ d'infanterie ; dès 1792, il était employé dans l'état m.^jor. s'illustrait comme chef d'état-major de Hoche en Vendée et, en cinq années, était devenu un des meilleurs généraux de division de l'armée ; lorsqu'il fut tué il n'avait que trente-sept ans. Le 14 juin 1800, à Marengo, FMerre Clément de Champeaux est blessé mortellement à la tête des l*^*" et 8® dragons : il est né gentilhomme, a été camarade de Bonaparte à l'Ecole militaire, était sous-lieutenant de Chasseurs à cheval en 1 789.

Sîengel a été traduit devant le tribunal révolutionnaire en 1793, acquitté, mais suspendu de ses fonctions du l®"" juin 1793 au 1" mars 1795. Chérin a été suspendu de ses fonctions du 30 juillet 1793 au 5 septembre 1794. Champeaux a été suspendu de ses fonctions du 8 novembre 1793 au 2 février

En face de ces quatre généraux appartenant à la noblesse par leur origine et dont trois sont d'anciens officiers, les anciens sous-officiers fournissent deux généraux tués à l'ennemi. Bonnaud, chirurgien avant détre soldat, engagé en 177G comme dragon dans la Légion de Dauphiné (12'^ Chasseurs à cheval), adjudant en 1789, général de brigade le 28 janvier 1794, général de division le 30 avril de la même année, comman-

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dant en chef la cavalerie de l'Armée de Sambreet-Meuse en 179G, blessé le lo septembre à Gassel d'une balle qui lui fracasse la cuisse et dont il meurt à Bonn le 30 mars suivant. Puis, Roize, entré au 12® Dragons en 1778, maréchal des logis en 1789, adjudant général chef d'état-major de la division de cavalerie de l'Armée d'Egypte en 1799, général de brigade en 1800 à la reprise du Caire, tué à la bataille d'Alexandrie le 21 mars 1801 en chargeant les lignes anglaises.

Ainsi, durant la période révolutionnaire, hors des armées que Napoléon commandait, ou qui avaient été organisées selon ses idées, on peut dire qu'il y a eu seulement deux généraux de cavalerie tués à l'ennemi : La Barre et Bonnaud ; mais il n'est pas besoin de chicaner et l'on prend les faits tels que, en apparence, ils se présentent. Aussi bien ces faits sont instructifs : en ces six généraux tués à l'ennemi, tout l'état-major de la cavalerie pendant la Révolution se trouve synthétisé ; tous les éléments qui l'ont formé y sont représentés. Voici d'abord deux vieux officiers restés au corps malgré l'émigration, de ceux qui paraissaient destinés à prendre leur retraite comme majors ou comme lieutenants-colonels ; puis un ancien sous officier ayant reçu une éducation libérale, un soldat de choix et d'exception assez instruit pour devenir le chef d'état-major de

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la cavalerie, de ceux qui eussent comme Ney atteint les échelons les plus élevés de la hiérarchie militaire; puis un homme de naissance, enterréjusqu'à la Révolution dans le civil, qui, au hruil des tambours d'alarme a pris l'cpce, est entré dans l'infanterie, de là est passé dans les états-majors et s'y est révélé aussi bon officier que n'importe quel militaire de métier; enfin un de ces jeunes gens, des services desquels la République s'est volontairement privée et à qui Bonaparte a rouvert à deux ballants les portes de l'armée ; quel tableau plus probant que celle simple énumération. Elle résume tout et elle présage tout.

Qu'on le remarque encore : aucun n'est mort en 1792, aucun en 1793, un en 1794, aucun en 1793, deux en 1796, aucun en 1797 ni en 1798, un dans chacune des années 1799, 1800 et 1801. Ainsi, à défaut d'autres éléments d'appréciation, à défaut du calcul qui a été fait que, en 179i5, la proportion de la cavalerie à l'infanterie était d'un dixième pour l'armée de Jourdan et d'un douzième pour l'armée de Moreau, pourrait-on, de ces seuls chifTres, induire que le rôle de la cavalerie, très médiocre aux premiers temps des guerres de la Liberté, plus efficace à mesure que les armées s'organisent et sont composées de leurs éléments nécessaires, devient de plus en plus utile à me-

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