‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 9 sur 76 · LES VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

LES VOLONTAIRES

Exemple : Davout dont les aventures dans Royal- Champagne ont été peu encourageantes et qui, au moment où il était contraint de quitter son régiment, a trouvé asile au 3° bataillon de l'Yonne.

Le fait n'est pas isolé : quantité d'officiers de tous les corps — à commencer par Bonaparte — sont passés dès le début de l'organisation des Volontaires à la tête des bataillons et leur ont donné solidité et instruction, en même temps qu'ils en ont reçu enthousiasme et hardiesse.

Dans les régiments de cavalerie, qu'on tente de former de volontaires, il est pour ainsi dire sans exemple qu'on voie figurer des officiers de la cavalerie de l'ancienne armée. A la vérité, la façon dont cette formation s'opère n'est pas pour attirer les honnêtes gens : un individu quelconque, souvent peu recomma.ndable, se présente au ministre de la Guerre ou au Comité de Salut public et se fait fort, moyennant une somme déterminée, de lever, d'équiper et de monter un régiment de cavalerie. S'il est appuyé par des Représentants, s'il parle haut et sait protester de son jacobinisme, on lui donne un blanc-seing et il marche de l'avant. Il s'établit en quelque ville assez éloignée des frontières, trouve un nom qui sonne, invente un uniforme de coupe bizarre et de couleur voyante, racole quelques camarades à

20 CAYALlEnS DE NAPOLÉON

l'unisson dont il fait des officiers, recrute quelques gueux sans domicile ou quelques ci-devant qui cherchent un certificat de civisme, et, tranquillement installé dans une auberge, mange gaiement l'argent de la République. Qu'on prenne Landrieux et ses hussards braconniers, qu'on prenne Dambach et sa légion germanique, n'est-ce pas là leur histoire? Sans doute, de temps en temps, Landrieux et les autres se laissent commander pourquelque petite expédition : c'est pour escorter la guillotine de ville en ville ou pour perquisitionner utilement dans quelque repaire d'aristocrates, mais le jour où on leur donne l'ordre de marcher contre un ennemi qui se défend, le colonel déclare que son régiment est incapable de faire la guerre et sollicite comme une grâce sa dissolution.

Ce n'est pas à dire que, dans tous les régiments de nouvelle formation, il en soit de même, mais il y a des ressemblances. Dans la grosse cavalerie, deux régiments seulement ont été formés en 1793 : ce sont ceux qu'on a désignés d'abord sous le nom de Cavalerie de l'École militaire et qui ont porté par la suite les numéros 2i- et 2o. Ils élaicnt entièrement composés de déserteurs. Ceux-là, on ne leur avait pas demandé leur avis et c'est pourquoi, seuls, ils se trouvèrent incor- Dorés dans des régiments réguliers, qui du reste

Li:S NOUVEAUX nitGlMt:.NTS 21

n'ont nulle aclion de guerre à leur actif. Mais ce n'était pas pour porter un uniforme et un nom comme d'autres qu'on s'engageait dans un corps franc : à la bonne heure, si l'on parlait des Volontaires d'Angers, des Dragons volontaires dits de Jemmapes, des Dragons de la Manche, de la Cavalerie de la légion de police, de la Cavalerie de la légion des Francs, ou de la Cavalerie de la légion du Nord. Il n'a pas fallu moins de ces six corps pour former trois minces régiments de Dragons, lorsque, en uniformisant l'armée, Dubois Crancé a prétendu y rappeler quelque ordre et quelque discipline; et, pour treize régiments de Chasseurs il a dû appeler la Cavalerie de la légion Américaine, les Hussards de l'Egalité, les Hussards de la Mort, les Hussards du Midi, la Cavalerie de la légion des Alpes, les Chasseurs de Besser, de la Côte-d'or, de la Bretesche, les Chasseurs bretons et normands, les Chevau-légers belges, les Chasseurs et les Dragons de Bruxelles, la Cavalerie de la légion Rosenthal, la Cavalerie de la légion de la Moselle, les Hussards-braconniers, la Cavalerie de la légion des Pyrénéesorientales et de la légion des Ardennes, les Chasseurs volontaires de Bayonne, et les Chasseurs de la Montagne. Pour huit régiments de Hussards, les Troupes légères à cheval de Boyer, les Hussards de la Motte, les deux corps des Hussards

'22 CAVALIIlUS de .NAI'OLKo.N

de la Libcrlc, les Éelaircurs à cheval de Fabrefonds, les Hussards de Jemmapes, les Hussards noirs du Nord (ceux qui élaient nionlés sur les chevaux de la Maison du ci'dcvanl Iloi), la Cavalerie de la légion germanique et de la légion révolutionnaire, les Volonlairos des Pyrénées- Orientales...

Encore ne sont-cc là que les unités d'une certaine importance. A ces unités, on a adjoint des compagnies franches dont on parviendrait à grand'peine à faire le dénombrement : ainsi la Légion Allobroge, la Légion des Ardennes, la Légion d'Aspe, la Légion des Bataves, la Légion des Belges et Liégeois, la Légion Prussienne ; les Chasseurs du Haut-Rhin, les Chasseurs volontaires, les Chasseurs braconniers, les Éclaireurs républicains... Dans le 1 3" hussards, dont Ihistoirc a été récemment si complètement étudiée, il est entré : l'excédent de la compagnie des Guides à cheval de l'armée des Alpes, une compagnie de Cavaliers de correspondance, deux compagnies dites de Hussards des Alpes, provenant de la Légion montagnarde et dénommées d'abord compagnies de Dragons-légers-montagnards, enfin quatre compagnies nouvellement formées à Vienne au moyen d'un prélèvement sur la levée de 30,000 hommes de cavalerie prescrite par la loi dulG avril 1793. Or, de tous ces corpi dont l'his-

Page 1