‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 13 sur 76 · LA CAVALERIE SOUS L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LA CAVALERIE SOUS L'EMPIRE

nouvelles. Mais, l'échiquier stralégiquese trouvant ainsi élargi, il fallait assurer la liaison des éléments ; il fallait, par la constitution de puissantes réserves, que le chef pût intervenir en toute circonstance avec efficacité; enfin, il fallait que le chef fût en état de connaître le vaste terrain sur lequel il opérait, aussi bien qu'il connaissait le champ où jadis se restreignait la bataille, de démasquer les manœuvres de l'ennemi, de dissimuler les siennes comme il faisait jadis sur le terrain que son œil pouvait embrasser du regard.» On se tromperait donc si on évaluait seulement par le nombre des généraux tués à l'ennemi le rôle que Napoléon réservait à la cavalerie dans ses combinaisons militaires. Les généraux tués en ligne appartiennent la plupart à la grosse cavalerie, et pourtant, dans les opérations de stratégie, jusqu'au moment où la bataille engagée, on lui demande de fournir le coup de collier qui la décide, c'est la grosse cavalerie qui a la moindre part. C'est la cavalerie légère, appuyée de la cavalerie de ligne qui pousse les reconnaissances, éclaire l'armée à grande distance, engage et mène des poursuites si hardies, si folles pourrait-on dire, qu'à elle seule elle conquiert un royaume et fait place nette d'une monarchie. Sans doute, elle charge aussi à son heure sur les champs de bataille, mais là n'est pas sa mission spéciale et

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c'est là presque le moindre dos hasards qu'elle partage avec la grosse cavalerie,

Seulement, tandis qu'aux batailles, roflicior général, à mesure qu'il s'élève en grade doit s'avancer plus loin de sa troupe afin que, toute, elle le voie et prenne exemple sur lui ; qu'ainsi la dislance et par suite le danger s'accroît pour lui à mesure qu'il est classé plus haut dans la hiérarchie et que, désigné aux balles ou à la mitraille, exposé le premier au choc de la cavalerie ennemie, obligé souvent à des combats corps à corps, il paye de sa personne et fort souvent reste sur le terrain; dans les reconnaissances et les explorations, dans les avant-postes et les poursuites, c'est son cerveau qui doit agir et, matériellement, il n'a pas à combattre. Ce n'est pas à dire que son activité ne doit pas être plus vive encore. En ligne, s'il est débile, maladroit ou vieux, le général qui charge ne compromet que lui-même. Qu'il ne puisse diriger son cheval, parer un coup de sabre, qu'il soit tué, peu importe, il n'avait qu'à consulter ses forces et à ne pas vouloir faire un service de jeune homme. D'ailleurs, il a rempli ce qu'on attendait de lui, il a montré la route à suivre, il s'est précipité au gouffre et y a disparu; la charge a été victorieuse, tout est bien, et c'est pour l'armée comme une coquetterie que, en cette charge, le général commandant ait été tué. Pour

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