‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 15 sur 76 · LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

LA JEUNESSE

mour du cheval ; qu'ils apportent, avec l'esprit d'aventure et l'audace qui conviennent au cavalier léger, l'instruction générale et l'éducation particulière qui font, de l'explorateur, le plus précieux des auxiliaires du général d'armée. II veut en finir avec certaines traditions de pillage raisonné dont on ne saurait défaire les anciens sous-officiers. Il lui plairait enfin que son armée eût comme parure l'élégance suprême de ces jeunes hommes, porteurs de noms illustres, qui savent se faire tuer aussi bien et mieux que d'autres, et meurent parfumés, le sourire aux lèvres, des gants frais aux mains et sur la poitrine quelque médaillon de belle dame.

Par-dessus toute chose il leur demande cette vertu supérieure, cette vertu qui se perd chaque jour que l'on vit et qui, à elle seule, est plus utile que toutes les autres : la jeunesse.

Napoléon n'est point de ceux qui pensent qu'on est soldat comme on est bureaucrate , qu'on peut commander des régiments à l'âge où, dans les carrières civiles, on fait encore bonne figure et où l'on rend encore des services. Il est de ceux qui croient que la bravoure ne suffit point à un officier de cavalerie s'il n'y joint l'usage complet

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de loutes les facullés physiques, c Eussicz-vous, a dit le général Foy, un coup d'oeil plus rapide, un éclair de délerminalion plus soudain que le cheval emporté au galop, ce n'est rien si vous n'y joignez la vigueur de la jeunesse, de bons yeux, une voix retentissante, l'adresse d'un athlète et l'agilité d'un centaure. » Les qualités intellectuelles d'un certain ordre peuvent survivre à la jeunesse, mais la bravoure, sauf en des êtres d'exception, se refroidit elle-même ; elle n'est plus génératrice de bravoure. Elle n'agit plus sur l'entourage de même façon ; elle est terne, silencieuse, impassible. Elle n'est plus pourenlever les hommes, pour leur boucher les yeux sur le danger a courir. Elle attend le péril et ne va plus au-devant. Elle est une habitude, une façon d'être dont on ne saurait se défaire, mais, si elle inspire le respect, elle ne commande point, ne crée point l'audace.

Pour une guerre à fq,îre mathématiquement et comme sur le papier, un vieillard peut suffire. Mais, que ce vieillard accoutumé à ses modes anciennes trouve, en face de lui, un jeune homme qui ose, qui communique à une armée de jeunes gens l'audace qu'il sent en lui, qui entraîne ses troupes aux marches forcées, fait paraître partout en même temps ses têtes de colonne, ne lient nul compte des combinaisons stratégiques

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