‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 29 sur 76 · HUSSARDS BONAPARTE · texte numérisé non relu

HUSSARDS BONAPARTE

thicr était alors ministre de la Guerre, et il eut toujours une singulière passion pour le jaune dans les uniformes, témoin les costumes qu'il donna plus tard à son armée de la principauté de Neufchàtel, à ses chambellans, à ses domestiques et à toute sa maison.

C'était joli pourtant, en grande tenue, cette pelisse jaune chamois, à bordure noire, courte, de poil frisé, que paraient les trois rangées de boutons blancs, moitié fil blanc, moitié fil bleu de ciel, les nœuds à la hongroise sur les manches, et les petites basques, et les tresses carrées marquant la taille; c'était joli, sous cette pelisse, le dolman jaune chamois , à parements et collet bleu de ciel, que serrait la ceinture bleu céleste avec nœuds d'agréments jaunes, et le gilet bleu céleste, et la culotte à la hongroise bleu céleste, et sur la tête le schako de sept pouces et demi de hauteur, paré d'un retroussis bleu céleste, surmonté d'un panache rouge et attaché d'un cordon mélangé bleu et blanc. Il est vrai que cet habillement, compris la tenue d'écurie, coûtait 350 francs 20 centimes, qu'il fallait ajouter l'équipement de 39 francs 50 centimes, le harnachement de 134 francs, les ustensiles d'écurie de 12 francs 50 centimes, le linge et chaussures de 21 francs 80 centimes — soit 557 francs 70 centimes — plus un cheval d'armes de sept à neuf

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pouces que le Gouvernement ne se chargeait de fournir ù aucun prix et que le Volontaire devait amener. La dépense dans ces conditions montait à un chiiïre fort élevé, inabordable pour les jeunes gens du peuple et de la petite bourgeoisie. Le but se trouva donc atteint, car le Premier Consul, sous couvert des Volontaires de la Réserve, n'en eut pas moins ses futurs officiers de cavalerie tels qu'il les souhaitait, et de la catégorie sociale dont il les voulait.

Réussit-il à en avoir un nombre? L'histoire des Hussards Bonaparte n'a point été écrite et l'on est fort embarrassé pour la suivre. La formalion simultanée àOrléans et àCaen des régiments de Hussards à pied commandés le premier par le chef de brigade Guyard et le second par l'adjudant général Valette, est pour jeter une obscurité de plus sur les Hussards à cheval avec qui l'on est tenté de les confondre. Il semble que ceux au moins qui s'étaient engagés à Paris, dont certains avaient été habillés et équipés au moyen d'une souscription dont on trouve trace à la date du 28 germinal, furent formés le 11 floréal en un escadron qui échangea le nom des Volontaires de la Réserve pour celui de Cavalerie de la légion du Premier Consul. Cet escadron, compose de deux compagnies, était commandé par un chef de brigade, le citoyen La Barbée, qui se nommait

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en réalité, Marin de la Barandière de la Barbée et avait été un trait de temps, chef de brigade du 11* Dragons. Les officiers, nommés tous le 0 floréal, avaient pour la plupart déjà servi : ily avait d'anciens chefs d'escadron, d'anciens lieutenants de cavalerie, d'anciens gardes du corps, un ancien aide de camp de La Fayette, le citoyen Peyre, un ancien aide de camp du générai Danican, le citoyen Fontenelle; il y avait comme lieutenant, M. de Vaudey, ancien capitaine de dragons, le même dont la femme, née d'Arçon, fut, fort peu de temps, dame du palais de l'Impératrice Joséphine et eut d'assez surprenantes aventures. De ces officiers, on a d'ailleurs assez de peine à suivre les traces. Un seulement, M. de Chaponnel, qui fut aide de camp de Leclerc et d'Oudinot, chef d'état-major des Grenadiers de la Réserve, adjudant commandant et officier de la Légion, paraissait destiné à une belle fortune militaire, mais il mourut à "Vienne en 1809 des blessures qu'il avait reçues à Essling.

De Paris, les Volontaires du Premier Consul paraissent avoir été concentrés à Compiègne d'où ils partirent directement, le 11 prairial, pour Genève. Ils ne se trouvèrent donc pas réunis au 2* Hussards à pied que l'on voit au camp de Dijon à la date du 29 thermidor. Deux escadrons passent à Berne, le 3 fructidor, en marche pour le pays

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des Grisons et séjournent ensuite h Lucerne. Dans lÉlat des chevaux livres aux troupes à cheval pendant le cours de l'an VIII, on rencontre sous la rubrique Services divers, 171 chevaux, dont 151 provenant de la levée et 20 provenant d'achats, lesquels ont clé livrés pour le service des postes des armées, h la gendarmerie, aux Volontaires de l'Armée de réserve, à la manufacture d'armes de Versailles, etc. Dans les bulletins de l'Armée des Grisons, dont ces Volontaires firent partie, ils ne se trouvent point cites et tout ce que l'on sait d'eux d'une façon positive, c'est que, au moment où ils furent licenciés à Metz, par le général Bourcier, le 2o germinal an IX, le corps présentait un effectif de 19 officiers, GOl sousofficiers et hussards et 373 chevaux, qu'il formait deux escadrons de deux compagnies chacune. Parmi les officiers, il s'en trouve comme Enée, Deynés, Robert-Choisy, Daubenton, Rohaut, Givry, rjcri-uyer, Laroque, Duvcrger qui ont atteint de hauts grades, mais on n'a point de renseignements sur leurs actes durant la campagne.

On pourrait penser que parmi les Volontaires, il s'en serait trouvé qui auraient écrit leurs souvenirs. Trois généraux de division, Ségur, Fiahaut, Pire, y ont fait leurs premières armes. Mais Ségur, qui s'y est engagé le 24 ventôse an VIII, a

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