HUSSARDS BONAPARTE
été nomme sous-lieutenant le 9 floréal de la même année et a fait la campagne comme adjoint à l'élat-major; Flahaut, engagé le 24 mars 1800 (3 germinal), passe au 5" dragons le 19 mai (30 floréal); Pire, nommé maréchal des logis chef dès son incorporation, est le seul qui ait fait un service. Il est capitaine de la 1''® compagnie du 2® escadron au licenciement et passe avec ce grade dans un régiment de cavalerie; mais Pire, bien qu'il eût une plume des plus alertes, un style à l'emporte-pièce, un esprit au niveau de son cœur, et de son cœur il a donné de bonnes preuves, ne paraît pas avoir laissé de mémoires. Enfin, le Moniteur cite comme ayant été hussard volontaire Cuvelier de Trie, lequel n'a pas écrit moins de cent dix pièces de théâtre, mais pas une ne semble lui avoir été inspirée par son service militaire.
Des exemples que l'on tient, qui sont certains, et que, sans aucun doute viendraient grossir des recherches plus attentives, résulte la certitude que, pour Bonaparte, le résultat avait été atteint dès que l'engagement avait été contracté; que son but n'avait pas été de renforcer son armée pour la présente campagne — terminée avant que les Volontaires fussent partis de Paris — mais d'attirer à son service, pour l'avenir, des jeunes hommes tels que Ségur, Flahaut, Pire. Ségur, petit-fils
CAVALIEHS DE NAPOLÉON
d'un maréchal de France, mais fils d'un père déjà rallie, Ségur qui, dans ses mémoires, a rendu compte de tout ce qu'il a éprouvé au nionicnl où, s'ongageanl au service du Premier Consul et de la France, il rompait avec sa société, ses amis, et même sa famille; Flahaut, fils d'un père guillotiné, mais ayant eu d'enfance, par les enseignements de sa mère — la future matlamc de Souza — l'esprit libéré et éclairé; Pire, plus étrange encore que les deux autres, breton-brelonnant, ayant chouanné à l'âge où l'on est aux bancs du collège, ayant été de l'expédition de Quiberon, de toutes les entreprises de Puisaye et de Georges Cadoudal; Pire, Rosnyvinen en son nom, marquis en son titre, ayant eu son grand-père président de la Noblesse de Bretagne aux États de 1770 ! Et de ces trois, deux furent aides de camp de l'Empereur, Ségur et Flahaut; et de ces trois, deux furent proscrits pour l'Empereur, Flahaut et Pire.
D'autres, combien d'autres I sortiront quelque jour de l'ombre lorsque les Hussards Bonaparte trouveront leur historien, que patiemment l'on recherchera homme par homme les états de service, mais en attendant ceux-ci suffisent. On ne rencontrera rien de pareil à leur héroïsme, à leur intelligence et à leur dévouement.
VOLOiNTAiniiS DE l.'A.N XIV 8'J
La formation des Volontaires de la Réserve avait donc donné, au moins en partie, ce que le Premier Consul attendait d'elle; aussi lorsque la guerre se renouvela, il tenta, par quatre institutions différentes, d'atteindre un but analogue. D'abord il créa et organisa le corps des Vélites à cheval, composé de conscrits des trois dernières années, à raison de six par département, ayant par eux-mêmes ou leurs parents un revenu assuré de 300 francs. Les Vélites, au nombre total de huit cents, divisés en huit compagnies, devaient être commandés par des cadres fournis moitié par les Grenadiers à cheval et moitié par les Chasseurs à cheval de la Garde : on leur promettait comme récompense de les admettre dans la Garde, mais, de fait, ils passèrent la plupart sous-lieutenants dans la ligne.
Le second corps, qui fut seulement projeté, qui ne fut organisé que sur le papier et qui ne fît pas la campagne, devait être une garde d'honneur dans laquelle entrerait tout individu ayant un peu de fortune et qui accompagnerait l'Empereur en campagne. C'était le moyen que Napoléon avait trouvé * pour satisfaire une grande partie de l'ancienne noblesse qui voulait servir et qu'il ne savait comment présenter à l'arnice ». M. de
ItO r.AVAI.II.nS |iK NAlMIl.KO.N
Ségur, le conseiller d'I^lat, grand niailre dco Cérémonies, devait commander le corps où l'on sait qu'étaient entrés M. César de Choiseul, M. de Bouille. M. de Luçay et plusieurs autres officiers de la Maison civile de l'Empereur. Un certain nombre de jeunes gens s'inscrivirent dans les déparlcmcnls et plusieurs d'entre eux reçurent le 10 février 1806, sans qu'on leur eût demandé aucun service, sans qu'ils eussent été incorporés ou qu'ils eussent même fait confectionner leur uniforme, leur brevet de sous-lieulenant dans les régiments de cavalerie, tel fut le cas de Boni de Castellane qui devint maréchal de France et du duc de Morlemart qui fut officier d'ordonnance de ri^mpereur, général de division, ambassadeur à Pétersbourg, pair de France et sénateur.
II semble, d'après de certains documents, que l'organisation de cette garde d'honneur dans laquelle devaient surtout entrer les anciens Gardes du corps de Louis XVI, avait été confiée au sénateur Dubois-Dubais et au général d'Agoult et que leschosesfurentmenéesassez loinpourqu'un sieur Cailly, ancien commissaire des guerres, ait été désigné comme quartier-maître. Mais en réalité, il est singulièrement difficile de prendreune opinion car, en même temps, on voit surgir un troisième corps dont l'Empereur avait décidé aussi la créai ion.
En elTet, en même temps qu'il autorisait la