‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 33 sur 76 · LA CAMPAGNE DE RUSSIE · texte numérisé non relu

LA CAMPAGNE DE RUSSIE

lerie dont les cadres furent recrutés en France hors des règles de l'avancement. Plus tard, en Espagne, il permit l'emploi, comme officiers, de presque tous les jeunes gens de famille qui se présentaient de bonne volonté. Les écoles qu'il avait fondées devaient d'ailleurs commencer à lui fournir des sujets, et il n'avait pas besoin de marquer une pénurie qui, de fait, était moindre.

Mais, au retour de Russie, il n'y avait plus de cavalerie : ni chevaux, ni hommes, ni officiers. Déjà très éprouvée durant la première partie de la campagne par les fatigues parfois inutiles que Murât lui avait imposées et par l'absence de fourrages, la cavalerie avait été anéantie par la retraite. Du 1®'" au 10 novembre, trente mille chevaux avaient péri. A l'arrivée sur le Niémen, les régiments les meilleurs avaient de soixante-dix à quatre-vingts cavaliers : le ll^Hussards soixante-dix-neuf hommes; le 12® Cuirassiers, treize officiers et soixante-huit hommes ; le 9°, quatorze officiers et quatre-vingttrois hom.mes ; le 10% cinq officiers, soixante-dixneuf hommes, etc. Ces régiments forts à leur entrée en Russie de trente à trente-quatre officiers et neuf cents sabres avaient donc perdu les neuf dixièmes de leur effectif et le dixième subsistant était presque impropre à faire campagne.

L'Empereur résolut donc, puisqu'il allait appe-

104 CAVALIEUS HK NAPOLl'ON

lor ;i l'aide de la Patrie toutes les ressources de la .Nation, de provoquer, liaus cette réserve aristocratique singulièrement ménagée parlui jusque-là, un elTort analogue à celui qu'il devait exiger des autres classes du peuple : mais, pour que cet eiïort gardât l'apparence d'être volontaire et spontané : pour que l'opinion des salons à laquelle il attachait une étrange importance n'en devînt point encore pire ; pour que, s'il triomphait — et à ce moment il ne doutait pas du triomphe, — il gardât dans ses armées ceux qu'il allait engager à y entrer, sous quelle forme allait-il présenter son appel, et quels avantages promettait-il ù ceux qui y répondraient?

On a dit souvent que la première idée de la création des régiments de Gardes d'honneur QyoÀi été fournie à Napoléon par cet Escadron sacré formé le 17 novembre 1812, de quatre compagnies de cent cinquante chevaux chacune, recrutées dans chacun des quatre corps de cavalerie. C'était le moment le plus critique de la Retraite. Le péril était extrême. Les régiments de cavalerie n'existaient plus, pour ainsi dire, et, pour constituer une unité capable d'agir à un jour donné, il fallait grouper tous les hommes susceptibles de

Page 1