‹ Cavaliers de NapoléonChapitre 54 sur 76 · LA LANCE · texte numérisé non relu

LA LANCE

de broche, le pansterrècha comme on disait, lance de plus de cinq pieds de long, dont les Hussards étaient armés lors de leur première apparition au service de France?

Nul dessein prémédité de la part de Napoléon; c'est malgré lui, eu quelque façon, que, contraint par son implacable logique, il retourne vers le passé et renoue la chaîne interrompue des traditions : par l'examen attentif des services que, selon son armement, tel ou tel corps doit rendre dans ses armées, il rétablit ce que les siècles d'expérience ont enseigné aux Gens d'armes et aux Hussards sur les moyens dont ils peuvent se rendre le plus redoutables. En un jour, un mois, une année au plus, sa conviction est acquise et son plan est établi. L'histoire, peut-on croire, ne sert point ici d'institutrice. C'est le génie qui devine, non la mémoire qui se souvient. S'il fallait, pour ceux qui n'ont pas fl*^, génie, une preuve certaine de l'utilité des études rétrospectives, celle-ci suffirait.

Au temps où la guerre était l'état habituel des peuples, les hommes qui en faisaient librement leur métier n'adoptaient point sans de bonnes raisons telle ou telle arme d'où dépendait leur existence. Hs en savaient plus long sur ce point que les réformateurs de cabinet, ils avaient plus d'intérêt à s'en instruire, et si cette arme n'eût

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pas assuré leur avanlagc sur leur ennemi, pourquoi Tcussenl-ils conservée durant des générations? S'ils ont abandonné cette arme lorsqu'il;lurent, d'hommes libres, devenus serfs, de par tisans, soldats, c'est qu'elle a déplu à quelqui chef ou quelque ministre qui n'en comprenait pas l'usage ou qui, épris de l'uniformité, ne pouvait admettre des armes qui ne fussent point dans Vaide-jnémoire. Qu'une occasion se présentât comme h W agram, où, sous leur main, les hommes retrouvassent l'arme traditionnelle, avec quelle ardeur ils s'en emparaient et comme ils savaient prouver qu'elle valait mieux que les armes réglementaires 1 Seulement où trouver, hors Napoléon, le chef que l'expérience éclaire ou que l'histoire instruit.

Lui, ne laisse échapper nul fait dont il puisse s'emparer pour accroître la puissance de son armée. Ses idées ne sont pas engluées par la routine et son esprit est libre à la fois des leçons des écoles et des préjugés des armes. Et c'est là — entre autres — une des raisons pour lesquelles il a fait de grandes choses

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