HUSSARDS
Donc, en 1800, treize régiments étaient constitués; mais, à la paix générale, le Premier Consul trouva ce nombre exagéré, et, lorsqu'il réorganisa la cavalerie, il le réduisit à dix en faisant Dragons les régiments 7^ bis, W et 12^ De 1803 à 1810, il ne garde que dix régiments de Hussards. Le 1" septembre 1810, il fait 11« Hussards le 2« Hussards hollandais ; le 17 janvier 1813, il donne le numéro 12 à un régiment provisoire, le 9^ bis, formé d'escadrons détachés en Espagne; le 28 janvier, il décrète la formation d'un 13^ régiment, composé de cavaliers offerts par les départements du Trasimène, du Tibre et de l'Arno. et d'un 14^ régiment où entrent les cavaliers offerts par le Royaume d'Italie. Ces deux régiments, détruits dans la campagne de 1813, sont remplacés dans la nomenclature, l'un, le 13', par les Hussards Jérôme-Napoléon qui, de la solde de Westphalie passent à celle de France; l'autre, le 14®, par un régiment formé à Milan en janvier 1814 et qui ne sortit pas de l'Armée d'Italie. De fait, si Ton ne tient pas compte des formations accidentelles, des régiments bis, qui n'ont eu qu'une existence passagère, des Hussards croates, qui peuvent passer pour troupes auxiliaires et dont les deux régiments mériteraient pourtant une mention, il n'y eut durant l'Empire — de 1803 à 1813 — que onze réffimentr) en activité.
Leur tenue, Ji clic seule, assurait leur bon recrutement. Durant un demi-siècle, elle n'a pas varié pour ainsi dire, et, en même temps, que pour tous, bourgeois cl femmes, elle a été la joie des yeux, elle a attiré sous leurs étendards quantité de volontaires amoureux de leur costume et qui ont fait d'admirables soldats; elle a semblé, tant qu'il y a eu en France une armée de guerre sur lo modèle et dans l'esprit des armées anciennes, quelque chose d'intangible où les révolutions ne pouvaient atteindre. Elle a maintenu dans les ri'-giments, avec la tradition des gloires d'autrefois, l'esprit de corps, qui s'attache à un emblème visible et ne se plaît qu'à une distinction spéciale.
Les Hussards, en ce temps, voulaient avoir l'air hussard, et c'était déjà un grand pas fait pour qu'ils le fussent vraiment; car, outre qu'ils devaient paraître galants et hardis, ils devaient surtout paraître braves. Or, nul ne voit le dedans des âmes, et qu'importe qu'un homme ait peur au profond de lui, si personne au monde ne peut s'en douter? L'influence d'un milieu où le courage était de règle s'exerçait sur quiconque, volontairement ou forcément, entrait au corps; on en prenait l'esprit, on le transmettait à ses successeurs, on le portait ensuite dans la vie civile, si l'on y rentrait. Ce n'était plus le hussard hongrois des premiers temps; ce n'était même plus