VOLTIGEURS — COMPAGNIES FH ANCHES
Ainsi, c'était bien le principe qu'avaient trouvé les recruteurs de compagnies franches que Napoléon voulait reprendre, mais à la condition que les compagnies fussent organisées régulièrement et d'une façon conforme à l'ensemble de ses règlements. Ce n'était plus dès lors la compagnie franche et on ne pouvait pas en attendre les mêmes services, mais c'était quelque chose comme la Légion : au témoignage de de Brack, l'idée fut appliquée au moins une fois et elle eût eu les plus heureux résultats, si la permanence des rapports entre compagnies de voltigeurs et régiment de cavalerie légère eût été établie comme il eût fallu pour que le principe s'imposât, triomphât des routines, demeurât observé, pour qu'il en sortît de vraies compagnies franches. Et cela permet aux découvreurs de Vieux-Neuf d'diîiirmer à présent qu'ils ont inventé quelque chose lorsqu'ils appliquent simplement la théorie édictée en l'an XII par Napoléon.
Vers la fin de son règne, dans les campagnes de 1812, 1813 et 1814, l'Empereur se trouva en présence d'une obligation toute différente de celle qui lui avait inspiré la création des compagnies de voltigeurs et de là l'axiome posé par lui à Sainte-Hélène. Ce fut la nécessité de jeter, en avant de la troupe régulière, qui doit obéir à des
règlements, une troupe irrégulière eu qui la lutte continuelle pour la vie éveille tous les instincts primitifs, écaille le vernis de civilisation et rende, pour l'observation, la défense et l'allaque, l'homme civilisé l'égal de l'homme sauvage.
Si instruits que soient les rédacteurs de règlements — et combien parmi eux sont des soldats véritables? — ils ne peuvent avoir prévu tous les cas, retourné toutes les hypothèses, deviné toutes les éventualités. Si même ils l'avaient fait, il faudrait que l'officier ou le cavalier, avant de prendre parti, se remémorât, en face du péril imminent, la théorie apprise et se la récitât pour bien appliquer tel paragraphe de tel chapitre. Ce serait assez pour qu'il fût dix fois sabré par celui qui ne connaît ni théorie, ni instruction, mais qui 8ait que sa peau lui appartient et qu'il la veut défendre.
Si la cavalerie légère de Napoléon a été très souvent victorieuse, si elle a presque toujours rendu les services qu'il attendait d'elle lorsqu'elle s'est trouvée opposée à la cavalerie autrichienne, prussienne, anglaise, c'est qu'il n'existait alors pour elle nulle instruction sur le service en campagne et que son initiative la faisait supérieure à ces cavaleries qui marchaient sur des règlements rédigés, d'après des ordonnances prescrites et que paralysaient les formules anciennes. Mais le jour