GUIDES D'ITALIE ET D'EGYPTE
peloton de trente hommes, la tête de colonne de la cavalerie aux ordres du Grand-duc de Bcrg. L'arrière-garde autrichienne, trois cents hommes d'infanterie légère , se présente à lui. Il voit qu'elle se garde mal, la charge et la fait toute prisonnière. Après, c'est un bataillon qui, comptant sur l'arrière-garde , marche en désordre. Desmichels l'enfonce, prend quatre cents hommes et deux drapeaux. Aux coups de fusil , quatre cents dragons de Latour se rabattent sur lui. Il les rencontre dans un chemin creux où leur front ne peut s'étendre plus que celui des trente Français. Ceux-ci, sans compter, se jettent sur le premier peloton, l'enfoncent, lui font tourner bride sur les autres qui se dispersent épouvantés. Cinquante hommes sont tués, cent cinquante pris, et vingt-cinq canons, et la caisse militaire, et tous les chariots, et tous les bagages. Là-dessus, Desmichels est nommé capitaine et officier de la Légion, et les trente hommes de son peloton reçoivent l'aigle d'argent. En 1807, il est chef d'escadron. Il passe, en 1811, colonel du 3® Chasseurs, avec lequel il combat en Espagne et en Italie. En 1815, il commande le 4° Chasseurs, qu'il mène en Belgique. Il reprend du service en 1821, est maréchal de camp en 1823 et lieutenant général en 1835. On sait le rôle qu'il a joué à celte époque. L'Empereur l'avait fait chevalier de
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rRmpire, avec une dolalion de 2.000 francs sur le mont lie Milan. Il obtint, dil-on, de Louis XVIII, un litre de baron."
Daumesnil tient le sien de rEuiporeur en môme temps que 14,000 francs de dotation, mais il tient de lui-même, de la hauteur de sa conscience, l'immorlalitc attachée à son nom. Chasseur au 22'^ en l'an II, brigadier aux Guides le 2o prairial an V, à Arcole, avec son camarade Muzy, il retire Bonaparte du marais où il est tombé; à Saint- Jean-d'Acre, lorsqu'une bombe éclate aux pieds de Bonaparte, il se précipite au-devant de la bombe; à Aboukir, au plus fort de la mêlée, il enlève l'étendard du Capitan Pacha; en l'an VIII, il est adjudant sous-lieutenant aux Chasseurs de la Garde, et de grade en grade, major après Eckmùhl; à Wagram, il tombe la jambe fracassée par un boulet. On sait le reste : comment, amputé deux fois, promu par l'Empereur général de brigade et nommé gouverneur de Vincennes, il soutint, en 1814 et en 1815, l'honneur de l'armée; comment, en ce temps où chacun cherchait à se vendre, il repoussa les acheteurs et prouva aux étrangers et aux Français que, sans la trahison, les Alliés ne seraient pas plus entrés dans Paris qu'ils ne sont entrés dans Vincennes.
On voudrait tous les nommer, au moins dire