‹ Cavelier de La Salle de Rouen [microforme]Chapitre 9 sur 22 · A RE · texte numérisé non relu

A RE

son service en Europe, dix-huit avaient été retenus par son ennemi Duchesneau et quatre avaient repris, sur le bruit de sa mort, le chemin de leur pays.

Sans se laisser abattre, il prit avec lui trois nouveaux compagnons et partit pour Frontenac, où il arriva le 6 mai.

Il avait marché soixante-cinq jours et fait plus de mille milles dans des pays où les périls et les obstacles se présentaient sous toutes les formes. C'est, dit M. Parkman, que nous résumons trop brièvement, le plus rude voyage que les Français firent en Amérique.

En arrivant à Frontenac, La Salle ignorait encore une notable partie de ses malheurs. Des hommes, envoyés à ses frais pour trafiquer chez les sauvages, avaient déserté avec ses marchandises et ses canots. Ses créanciers l’avaient poursuivi. La troupe de Tonty s'était dispersée après avoir pillé le fort de Crève-Cœur et dévasté celui des Miamis, ainsi que le magasin de Michillimackinac.

Sa position pouvait être considérée comme désespérée, mais jamais le désespoir n'entra dans son cœur, ce qui est l'indice le plus certain d’un grand caractère.

Il partit pour Montréal, s'entendit avec ses créanciers et obtint d'eux de nouveaux secours pour continuer son expédition.

A son retour dans sa seigneurie, il apprit que les pillards de Crève-Cœur étaient sur le lac Ontario, au nombre d’une vingtaine, se proposant de le surprendre à Frontenac et de l’assassiner. Il se mit en embuscade sur le lac, en tua quelques-uns et fit les autres prisonniers.

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