Le baron d'André à M. Guizot, 6 avril
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que politique, varié d'idées, néo-guelfe avec Tommasco, radical avec Berchet, mais partout vibrant d'un patriotique enthousiasme. C'est le Réveil.
Depuis des années, un aristocrate laboureur était entré dans la lice, et à Turin ou à Léri, Gavour avait rédigé des articles prudents, sensés, chacun marquant une étape dans la marche de sa pensée et de son parti.
Depuis son étude sur la loi des pauvres en Angleterre (1833), Cavour n'avait écrit que quelques notes très succinctes pour la commission de statistique. Ce n'est point que son cousin de La Rive ne lui réclamât un article pour la Bibliothèque universelle, mais Camille se défiait de sa propre capacité, prétendant n'avoir ni l'éducation ni le style qui font l'écrivain : « Je vous l'avoue sans détour, répondait-il au directeur de la Revue \ je ne me sens pas de force pour rendre d'une manière agréable tout ce que je pense. Faute d'exercice, si ce n'est de moyen, j'éprouve une grande difficulté à rédiger mes idées de façon à pouvoir les présenter au public. » Et cela, par la faute de son éducation première, plus scientifique et technique que littéraire". Mais Auguste de La Rive, revient à la charge, Camille bouillonne d'idées, grille d'envie de les répandre et il propose du même coup un essai, puis un article « bien long, bien pédant, bien ennuyeux ». L'autre accepte avec joie; Camille glisse son essai, son article, puis d'autres encore, et ainsi en quatre années il publie cinq gros morceaux de fonds, une lettre
1. Cavour a Auguste de La Rive, :i4 aoiïl IS4H. Lellere, t. F, 3:!0 et V, 'J3.