‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 109 sur 171 · Chiala. Leltere, t. I, f · texte numérisé non relu

Chiala. Leltere, t. I, f

gens avisés ^ Lui-même s'était pris de passion, — comme à tout ce qu'il faisait, joyeusement, — à ce métier qui imprime la pensée d'un homme dans le cerveau de ses lecteurs ; à titre d'exercice, il écrivait pour lui-même, une série d'articles retrouvés dans ses cartons, sur les classes laborieuses, sur la taxe du pain, sur les productions agricoles*; et il plaisantait ses « articles mort-nés' », sachant bien qu'il ne perdait point son temps à se garnir ainsi par avance d'études et de documents : tout se retrouverait. Mais surtout, avant tout, il tendait à ce but suprême « l'émancipation de notre patrie », et pour l'atteindre il frayait à ses amis une seconde route : avec la presse, l'association.

Dans un pays où la censure coupe dans les journaux tous les passages contenant la moindre critique du gouvernement, où les publicistes sont contraints de chercher un asile dans les recueils étrangers pour les introduire clandestinement dans leur patrie, la liberté ne trouve place que dans les conversations. De là, l'importance des associations et des congrès. Cavour en était convaincu, qui contribua à la formation de deux sociétés, l'une de tournure mondaine, l'autre fondée pour la défense de l'agriculture, mais qui prirent vite toutes deux une allure pohtique.

Peu de mois après son retour de Paris, en mars 1841, Camille se réunit avec le comte Pralormo, le marquis Alfieri

1. Le baron deBourgoing à M. Guizot, 30 juin 1846. Archives des Affaires étrangères.

2. Berli, Cavour avanii il 1848, p. 276, 28:5, 2'J4 donne quelques renseignements sur ces inédits.

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