‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 110 sur 171 · Cavour à la comtesse de Circourt, 11 avril · texte numérisé non relu

Cavour à la comtesse de Circourt, 11 avril

et quelques autres amis de son monde pour fonder un cercle qui prit le nom de « Société du Whist » ; en la forme, le modèle était évidemment le Jockey-Club de Paris, mais l'esprit était tout autre : les hommes modérés et progressistes qui l'organisaient, avaient de mêmes pensées et de communes espérances ; ils étaient curieux de livres nouveaux, — c'est Cavour qui pourvoyait des dernières pubUcations la bibhothèque du Club ^ ; — ils aimaient à se retrouver chaque soir dans un même salon pour s'entretenir de leurs lectures et de leurs préoccupations ; leurs conversations roulaient naturellement sur la renaissance de l'Itahe, ainsi arriva-t-il que leur réunion devint un centre politique, foyer d'opposition aux idées de M. de la Marguerite et de la camarilla. La police en prit ombrage ; elle avait d'ailleurs prévu la tournure que prendrait la Société, et multiplié les obstacles à sa fondation ; pour les franchir, Cavour avait dû déployer toute sa persévérance et toute son habileté. Il était difficile au gouvernement de dissoudre un cercle dont étaient membres un ministre et le directeur de l'Enseignement, dont le fondateur était le propre fils du Vicario de Turin ; la police dut donc fermer les yeux, et ainsi continuèrent à se réunir les aristocrates raisonnables et éclairés qui formaient le parti modéré du Piémont.

Un tel club ne pouvait avoir qu'une influence restreinte ; de toute autre portée a éiéVAssocialion agraire, dont Cavour fut un des plus zélés fondateurs.

Lorsque, le 31 mai 1842, le marquis Alfieri, le comte Petitti, le chevalier Vegezzi Ruscalla, le comte C. de Cavour, quelques autres — tous de cette môme noblesse sage et libérale — demandaient au secrétaire d'Etat à l'Intérieur l'autorisa-

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