Le comte Mortier â M. Guizot, 23 avril 184G
retardataire » \ fut exclu de tous les comités. Il en conçut quelque chagrin, et dix-huit mois après il écrivait avec mélancolie : « Je ne suis plus du tout populaire. Dans la Société Agraire j'ai combattu avec énergie un parti libéral exagéré. Le gouvernement a soutenu ce parti, m'a donné tort et j'ai perdu en même temps ma position dans l'Association et la faveur des libéraux. Je n'ai rien fait pour l'acquérir de nouveau '. «
Il s'en consola ; son action avait exercé quelque influence, et cela seul importait.
Avant de s'absorber entièrement dans l'agriculture et les affaires, et, comme il disait, « de suer sang et eau pour acquérir son indépendance », Cavour voulut faire un dernier voyage d'études à Paris et en Angleterre. Il réalisa ce projet à la fin de 1842 et au début de 1843. Le séjour à Paris, qui se prolongea pendant cinq mois, de novembre à avril, eut un caractère tout différent des précédents : moins de musarderies aux boulevards, pas d' « aventure avec un masque », point de spéculations à la Bourse ; mais la fréquentation des grands cours à la Sorbonne et au Collège de France, des réceptions académiques, des salons politiques et mondains, des théâtres les plus variés : c'est la visite à Paris d'un amateur éclairé, et non d'un étranger pour tournées des grands-ducs.
Après quelques jours passés à Ghambéry, à Genève, à Yauvillers, Camille arrive donc le 13 novembre à Paris où il retrouve son frère Gustave et une caravane d'amis piémon-