‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 124 sur 171 · Cavour à W. de La Rive, 7 mai · texte numérisé non relu

Cavour à W. de La Rive, 7 mai

improvisée. Avant de rien entreprendre, il veut se renseigner, écrit en Angleterre, étudie les livres spéciaux, Boussingault, Liebig, Dombasle. Ces études préalablement mûries, il s'entretient de l'usine future avec deux spécialistes de Turin, et projette « de fonder un établissement à la porte de Turin où l'on préparerait des engrais sur une vaste échelle » . Son plan est d'industrie toute moderne : vaste fabrique d'acide sulfurique, puis usine de phosphore, et fabrication de tous les produits destinés à la culture ou à l'industrie : sulfates de fer et de cuivre, sulfate de magnésie, carbonate de soude. Et Cavour de réunir les capitaux, de répandre ces notions de la culture moderne tout autour de lui, à l'Association agraire, dans les comices.

Car si Cavour lient à- s'enrichir, il ne le veut pas égoïstement, et entend que les autres bénéficient de ses propres essais et initiatives ; de son travail il veut que son pays profite. Il déplore son ignorance scientifique : « Je donnerais, écrivait-il à M. de La Rive, je ne sais combien de sacs de riz pour acquérir ces connaissances théoriques qu'on trouve en Ecosse ' . » Mais au lieu de se borner à de stériles regrets, il désire que la jeunesse piémontaise ait toute facilité pour obtenir l'instruction scientifique qui lui manque : il entretient longuement ses voisins de la nécessité de créer un enseignement agricole, il en parle à son ami Alfieri, qui prend à ce moment la direction de l'Instruction publique ; car il y voit ce double avantage, assurer à l'agriculture de meilleurs rendements, faire du Piémont le pays de civilisation en Italie, le noyau naturel de la patrie future.

Et, dans le même esprit, il s'intéresse à ses ouvriers agricoles, car il sait qu'il n'y a point pour le propriétaire de juste

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