‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 127 sur 171 · i>upra, p. 25'J · texte numérisé non relu

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la Riie, dont la maison de banque y avait de grands intérêts. Pour le compte de son ami, il suit les travaux de la commission chargée d'étudier le système général pour le Piémont, lui donne ]es grandes lignes de barèmes et les prévisions des bénéfices, lui recommande « d'écrire à M. Adolphe d'Eichthal qui est de première force pour ce qui concerne les chemins de fer ; il est probable qu'il s'unirait à vous pour traiter cette affaire* ». Et comme l'Etat décide d'entreprendre lui-même la construction des grandes voies, Gavour conseille à son banquier de se rejeter sur les lignes secondaires (comme celle de Pignerol), sur la fourniture des rails, et luimême engage des capitaux dans de telles affaires, d'ailleurs parfaitement honorables. Certes il n'est pas infailHble, il annonce que « le projet de percer les Alpes pour unir la Suisse allemande avec les lacs de la Haute-Italie est sérieux..., la route est faisable mais pour sûr ne peut être profitable... Les lignes qui vont à la frontière ne valent rien^ ». M. Thiers ne se serait pas trompé plus complètement. Mais Gavour a de l'activité, de la flamme, il secoue les ministres, « murmure contre l'inactivité du gouvernement », lui-même, il veut être le fouet du coche.

Pour toutes ces entreprises, comme pour les usines à créer, il faut de l'argent; et de même que Gavour a projeté le développement du crédit agricole, il pense aux moyens les plus propres à fournir des ressources aux industriels et aux commerçants. Gertes les banques abondent dans toutes les grandes villes du royaume, mais il s'agit de les transformer, de les « moderniser » pour les mettre en état de satisfaire les

1. Gavour à Emile de La Riie, 14 juin 1844. On ne peut que résumer ici, très rapidement, la longue correspondance de Gavour avec le banquier génois sur la question des chemins de fer. Cf. Berti. Nouvelles lettres de Cavour.

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