‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 13 sur 171 · Le roi Louis XVIII au roi de Sardaigne, 28 février · texte numérisé non relu

Le roi Louis XVIII au roi de Sardaigne, 28 février

la faveur très marquée du prince de Garignan. Je répondis fort mal à cette haute prédilection *. » Tout, dans cette vie de petite cour, choquait le jeune indépendant : le service de l'anr tichambre, Téliquette étroite et pointilleuse, les services religieux plus consacrés à de mesquines pratiques qu'à un culte selon Tesprit, même les chamarrures du costume : « Comment voulez- vous que nous fussions habillés, disait-il plus tard à son cousin William de La Rive, si ce n'est comme des laquais que nous étions, j'en rougissais de honte ". » Etourdi, de langue prompte, l'enfant laissa échapper dans Tété de 1825 quelques propos acérés, qui détonnèrent dans la morne antichambre du palais Carignan, en dépassèrent les murs, et s'enflèrent en minuscule scandale.

Le prince Charles- Albert ne pouvait se permettre une indulgence qui aurait pu sembler une connivence, et eût été inévitablement rapportée par ses adversaires à son royal cousin. Charles-Félix ne désarmait point à son égard ; s'entretenant du prince de Carignan avec le prince Frédéric des Pays, et portant la main à son front et à son cœur, le monarque disait de son parent : « Il n'a ni de ça, ni de ça. » Et l'ambassadeur de France, très au courant des secrets de la cour, soupirait en constatant « l'extrême éloignement du roi pour le prince... J'ai été jusqu'à nommer cet éloignement de la haine ^ ». Dans une telle situation, Charles-Albert, qui n'avait point de courage en ville, dut sévir contre l'imprudent page. La punition fut d'ailleurs modérée. « A vous dire la vérité, écrivait Carnille à sa mère le 17 septembre 1825, mes affaires ne vont

1. Cavour à la marquise L. Costa de Beauregard, oct. 1847. Chiala. Lettere di Cavour, t. I, p. 385. Gpr. Diario del Conte di Cavour, éd. Berti, p. 130.

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